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Si votre conseiller bancaire vous oriente vers l’offre Mon Énergie by CA, sachez que la banque ne pose pas elle-même vos panneaux : l’installation est confiée à un artisan sous-traitant, sélectionné par Comwatt. Ce sont précisément ces artisans, souvent clients professionnels de la même banque, qui montent au créneau. Née au printemps chez des installateurs bretons, la contestation remonte jusqu’à la Fédération nationale de l’énergie solaire (FNES).
Une banque devenue vendeuse de solaire en dix-huit mois
Tout commence le 12 juin 2025, lorsque Crédit Agricole Transitions & Énergies (CATE) devient actionnaire majoritaire de Comwatt. Fondée en 2013 à Montpellier, l’entreprise est connue pour son gestionnaire d’énergie, qui pilote les appareils du foyer pour consommer sa production solaire. Elle revendique 35 000 utilisateurs.
Le virage commercial arrive début 2026 avec le lancement de Mon Énergie by CA, une offre d’autoconsommation clés en main ouverte à tous les particuliers, clients ou non de la banque, et déployée par les Caisses régionales. Le pack comprend la centrale, le gestionnaire Comwatt, une batterie en option et les démarches. Les services de pilotage intelligent sont offerts douze mois, puis facturés à partir de 6 euros par mois. Le site promet jusqu’à 70 % d’économies sur la facture, une mention assortie en petits caractères d’une condition technique : une puissance installée au moins égale à 1,25 fois la consommation maximale instantanée du foyer, hors frais fixes. Depuis mi-septembre, une campagne télévisée nationale donne à l’offre une visibilité qu’aucun installateur indépendant ne peut s’offrir. L’ambition affichée dans le plan ACT 2028 : accompagner 300 000 logements d’ici 2028, toutes offres confondues.
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Pourquoi des installateurs se sentent trahis par leur banque
Le reproche n’est pas l’existence de Comwatt, mais le rôle de la banque. Dans les échanges de printemps, des installateurs membres du Collectif pour la défense du photovoltaïque en France (CDPF) résument leur grief : leur banque historique, qui détient leurs comptes professionnels, leurs prêts et leurs assurances, se transforme en apporteur d’affaires pour une société qui les concurrence directement. Certains, en testant le questionnaire en ligne, se sont vu proposer une entreprise lointaine, sans figurer eux-mêmes parmi les partenaires.
Leur demande tient en une formule : une neutralité commerciale de la banque vis-à-vis de ses propres clients. Ils contestent aussi la méthode : un « dossier personnalisé » obtenu en quelques questions leur paraît loin d’une vraie étude, qui croise douze mois de factures, ombrages, orientation et structure de toiture.
En octobre, une professionnelle du photovoltaïque, cliente de la banque, a relancé le débat sur LinkedIn : elle dit avoir le sentiment de payer chaque mois une banque qui valorise un concurrent. D’autres commentateurs évoquent des projets surdimensionnés, quand une intervenante estime au contraire qu’une marque de confiance qui promeut le solaire profite à toute la filière. Floriane de Brabandère, présidente de la FNES, indique avoir abordé le sujet directement avec CATE (Crédit Agricole Transitions & Énergies) sur le salon Solar & Storage et demandé un rendez-vous pour fixer un cadre clair entre prescription bancaire et métier d’installateur.
Ce que la réunion de juin aurait révélé
En juin, une délégation d’installateurs bretons a été reçue par Jean-Paul Duhamel, directeur général de CATE, en présence de Comwatt. Selon le compte rendu diffusé par un participant, Comwatt aurait reconnu ne pas détenir en propre les qualifications RGE et QualiPV pourtant visibles dans certaines publicités. Cela concorde avec la communication officielle de l’offre, qui précise que la pose est réalisée par un installateur RGE sélectionné : ce sont donc les sous-traitants qui portent qualifications, garantie décennale et responsabilité technique.
Le même compte rendu avance deux chiffres sensibles : un réseau d’une soixantaine d’installateurs pour toute la France, et une rémunération de 2 600 euros HT pour poser un 3 kWc vendu 13 400 euros au client, visite technique, Consuel, SAV et décennale compris. Ces montants n’ont pas été confirmés par CATE ni par Comwatt. Les installateurs se disent ouverts à un partenariat, à condition de rester maîtres du matériel et des prestations, et une réunion avec la Caisse régionale du Finistère était annoncée à Quimper.
Ce que l’écart de prix représente pour un ménage
Si le chiffre de 13 400 euros se confirme, il mérite d’être comparé aux prix constatés. Pour un 3 kWc sans batterie, le marché se situe entre 6 000 et 8 000 euros TTC en 2026, selon le guide des prix du photovoltaïque d’ECOinfos. Avec un rachat du surplus devenu symbolique, à 1,1 c€/kWh depuis l’arrêté S21 de juin 2026, la rentabilité repose presque entièrement sur l’électricité autoconsommée. Chaque euro payé à l’installation pèse donc plus lourd qu’avant.
| Prix payé pour un 3 kWc | Surcoût par rapport à 13 400 € | Équivalent en années d’économies |
|---|---|---|
| 13 400 € (montant rapporté) | référence | référence |
| 8 500 € (haut de fourchette) | 4 900 € | environ 10 ans |
| 6 000 € (bas de fourchette) | 7 400 € | environ 15 ans |
Hypothèses ECOinfos : production d’environ 3 450 kWh par an, 70 % d’autoconsommation, kWh à environ 0,20 euro au tarif réglementé option Base, surplus revendu à 1,1 c€. Soit près de 500 euros d’économies annuelles. Le prix rapporté inclut sans doute le gestionnaire d’énergie, qui améliore l’autoconsommation : la comparaison doit se faire à périmètre égal.
Le solaire en autoconsommation reste un investissement pertinent, mais ce débat rappelle trois réflexes simples avant de signer : comparer au moins deux ou trois devis, demander le nom de l’entreprise qui posera réellement les panneaux et vérifier sa qualification sur l’annuaire France Rénov’, puis exiger son attestation de garantie décennale et savoir qui assurera le SAV dans dix ans.
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