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Deux explosions sur un poste RTE à l’origine de la panne
Tout est parti d’un poste électrique appartenant à RTE, situé au lieu-dit Squividan, sur la commune d’Ergué-Gabéric, près de Quimper. Une première forte détonation a été entendue dans le pays de Quimper vers 21 heures mardi soir, suivie d’un panache de fumée et d’une coupure nette d’électricité. Selon les informations recueillies sur place, deux explosions accidentelles sont survenues à environ 1h30 d’intervalle dans ce poste.
La préfecture a été claire sur l’origine de l’événement. L’incident est d’origine accidentelle et lié aux fortes chaleurs actuellement observées, et il n’a fait aucun blessé. Par précaution, les secours ont sécurisé la zone. Un périmètre d’évacuation de 150 mètres a été mis en place autour du site et neuf pavillons ont été évacués.
Jusqu’à 106 000 clients touchés au plus fort de la coupure
L’ampleur de la panne s’explique par le rôle stratégique de ce poste. Il distribue et régule le courant vers l’agglomération de Quimper, le Pays bigouden, le Cap-Sizun et jusqu’au centre-Finistère, ce qui explique le très grand nombre de clients privés d’électricité. Une coupure de 100 mégawatts a touché les zones de Quimper, Briec, Pont-l’Abbé et Douarnenez.
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Le rétablissement s’annonce long. Pour des raisons techniques, RTE n’a pas pu raccorder les foyers concernés dans la matinée, et les raccordements interviendront au plus tôt en fin de journée le 24 juin. Les équipes de RTE et d’Enedis sont restées mobilisées en continu pour rétablir progressivement l’alimentation, secteur par secteur.
Pourquoi la canicule fragilise autant le réseau électrique
Cet incident n’a rien d’un hasard isolé. Les fortes chaleurs mettent l’ensemble des infrastructures électriques à rude épreuve, et les transformateurs comme les postes sources sont parmi les équipements les plus exposés. Des températures ambiantes élevées réduisent la capacité du transformateur à dissiper la chaleur, ce qui fait grimper les températures internes et peut provoquer des dysfonctionnements.
Le phénomène est encore plus marqué sous terre. Quand il fait 40 degrés en surface, les températures peuvent atteindre 80 degrés dans certaines installations souterraines, sur un réseau français long de 1,5 million de kilomètres de câbles et vieillissant par endroits. À cette fragilité mécanique s’ajoute la flambée de la demande, puisque ventilateurs et climatiseurs tournent à plein régime au même moment, ce qui accentue la charge sur le réseau. La bonne nouvelle, c’est que ces incidents restent en général localisés. Le scénario d’un black-out massif paraît écarté, même si les infrastructures vieillissantes demeurent vulnérables.
EHPAD et sites sensibles, priorité absolue au rétablissement
Dans ce type de situation, toutes les coupures ne se valent pas. La préfecture a indiqué que la priorité était donnée au rétablissement de l’électricité pour les établissements de santé et les sites sensibles. La question des personnes vulnérables est d’autant plus aiguë en plein pic caniculaire, lorsque la moindre rupture d’alimentation peut couper la climatisation ou les équipements médicaux. Les EHPAD encore privés d’électricité ont ainsi bénéficié de groupes électrogènes.
Le Vaucluse aussi touché, sur fond de records de chaleur
Le Finistère n’est pas le seul département concerné par des coupures liées à la chaleur. Dans le Vaucluse, environ 9 000 foyers ont été privés d’électricité après une surchauffe des câbles souterrains, où la température a dépassé 80 degrés sous terre. Ces deux incidents s’inscrivent dans un épisode météorologique exceptionnel. La France connaît un quatrième jour consécutif de vigilance rouge canicule, étendue vers le nord avec 58 départements concernés.
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Les chiffres de Météo-France donnent la mesure de cette vague de chaleur. Avec une température moyenne de 29,8 degrés, mardi 23 juin a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France, dépassant le précédent record de 29,4 degrés établi le 5 août 2003 et le 25 juillet 2019. La nuit précédente avait déjà battu un record, avec une moyenne de 21,6 degrés dans l’Hexagone, et le mercure a atteint jusqu’à 44,3 degrés à Pissos, dans les Landes. Cet épisode n’a rien d’anecdotique sur le plan climatique. Il s’agit de la 52e vague de chaleur recensée en France depuis 1947, et deux tiers d’entre elles se sont produites depuis le début du XXIe siècle.
En cas de difficulté liée à la chaleur, le numéro vert Canicule info service reste joignable au 0800 06 66 66.

