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En résumé
- L’enveloppe de rénovation énergétique des hôpitaux est doublée pour atteindre 600 millions d’euros sur la période 2026-2035.
- Elle s’inscrit dans le plan d’investissement hospitalier de 6 milliards d’euros annoncé en mai.
- Une aide d’urgence de 100 millions d’euros est débloquée dès cet été pour les établissements les plus exposés à la chaleur.
- Les facteurs de La Poste sont mobilisés pour repérer les personnes fragiles et isolées.
- Le Premier ministre répond aux critiques sur son anticipation de la canicule, dans un contexte de hausse des appels au SAMU pouvant dépasser 40 % dans certains départements.
Une enveloppe de rénovation portée à 600 millions d’euros
Le chef du gouvernement annonce que l’enveloppe dédiée à la rénovation énergétique des hôpitaux sera portée à 600 millions d’euros, soit un doublement par rapport au montant initialement prévu. Cette somme s’inscrit dans le cadre plus large du plan d’investissement hospitalier de 6 milliards d’euros programmé entre 2026 et 2035, annoncé en mai dernier. La mesure confirme les propos tenus la veille par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui avait promis mercredi de renforcer le volet d’adaptation au climat de ce plan. L’enjeu de fond reste l’état du bâti hospitalier, souvent ancien, mal isolé et peu équipé pour résister à des températures extrêmes amenées à se répéter.
Une aide d’urgence de 100 millions débloquée cet été
À cette enveloppe pluriannuelle s’ajoute une réponse immédiate. Lecornu débloque 100 millions d’euros dès cet été pour les établissements de santé les plus exposés à la chaleur. Selon les termes du courrier, ces crédits doivent financer des protections solaires, des équipements de rafraîchissement, des climatiseurs adaptés et les travaux permettant d’éviter des fermetures de services. L’objectif affiché est d’empêcher que la canicule ne provoque des interruptions de prise en charge dans des structures déjà sous tension, alors que la Fédération hospitalière de France fait état d’une augmentation des appels au SAMU comprise entre 20 et 30 % depuis le début de l’épisode, et jusqu’à plus de 40 % dans certains départements.
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Une réponse politique aux « inspecteurs des travaux finis »
Au-delà des chiffres, ce courrier a une dimension nettement politique. Le Premier ministre y répond frontalement à ceux qu’il qualifie d’« inspecteurs des travaux finis », c’est-à-dire aux responsables qui l’accusent de n’avoir rien fait pour adapter le pays au changement climatique. Il rejette catégoriquement cette lecture, estimant qu’affirmer que rien n’a été entrepris reviendrait à nier le travail accompli par des milliers d’élus et d’agents publics. Dans un entretien accordé au Parisien le 24 juin, il reconnaissait néanmoins un retard manifeste dans l’entretien des bâtiments publics, tout en rappelant que cette compétence relève historiquement des collectivités locales. Il mettait alors en avant l’action de l’État depuis 2017, citant notamment plus de 1,2 milliard d’euros d’aides versées aux collectivités pour équiper et rénover les écoles, collèges et lycées.
La Poste mobilisée pour les personnes fragiles
Le courrier comporte également un volet de solidarité de proximité. Le gouvernement a organisé avec le groupe La Poste une mobilisation exceptionnelle de son réseau de facteurs, en appui des communes volontaires. Concrètement, ces derniers effectueront des visites de repérage auprès des personnes fragiles et isolées, afin de rappeler les gestes de prévention et de signaler aux services compétents les situations préoccupantes. La mesure s’appuie sur un dispositif déjà existant, dont l’ampleur est élargie pour la durée de la crise, et illustre la volonté du gouvernement de jouer la carte de la proximité avec les élus locaux.
Des annonces sous le feu des critiques
Ces engagements interviennent dans un climat politique tendu. L’opposition, de gauche comme de droite, dénonce une gestion par plans d’urgence successifs plutôt qu’une stratégie structurelle. Les Républicains pointent la réduction du nombre de lits hospitaliers ces dernières années, tandis que la gauche réclame un plan pluriannuel massif d’investissement dans les infrastructures de santé et la rénovation thermique des bâtiments publics. Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de démontrer que ces engagements financiers se traduiront concrètement sur le terrain, et pas seulement sur le papier d’un plan étalé jusqu’en 2035.

