Golfech : le second réacteur à l’arrêt, la centrale totalement stoppée face à la canicule

Jeudi 9 juillet, EDF a mis à l'arrêt le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, pour éviter de réchauffer davantage la Garonne alors que le fleuve doit atteindre 28°C vendredi. Une décision réglementaire qui laisse le site totalement sans production, son autre unité étant déjà arrêtée pour maintenance depuis le mois de mai.

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La centrale nucléaire de Golfech ne produit plus une seule mégawatt-heure depuis jeudi matin. EDF a annoncé la mise à l’arrêt de son réacteur n°2, jeudi 9 juillet à 11h30, une décision anticipée pour respecter la réglementation environnementale qui encadre les rejets d’eau du site dans la Garonne. Le fleuve, dont la température devrait atteindre 28°C ce vendredi 10 juillet, ne peut plus absorber sans risque la chaleur supplémentaire rejetée par le circuit de refroidissement du réacteur.

Ce que dit EDF

Dans un communiqué publié ce jeudi, l’exploitant explique que les conditions climatiques de ces derniers jours ont entraîné une montée importante de la température de la Garonne. Pour respecter l’arrêté du 18 septembre 2006, qui autorise EDF à prélever de l’eau et à rejeter des effluents pour l’exploitation du site de Golfech, l’unité de production n°2 a été arrêtée en anticipation de ce seuil réglementaire.

Ce texte fixe une règle précise : lorsque la température moyenne journalière de la Garonne en aval de la centrale dépasse 28°C, le gestionnaire du réseau électrique national, RTE, peut demander à EDF de moduler la puissance de ses réacteurs ou de les arrêter temporairement. L’eau prélevée dans le fleuve pour refroidir les installations est en effet restituée avec une température légèrement plus élevée, en moyenne 0,2°C au-dessus de la température prélevée, un écart qui devient problématique lorsque le fleuve est déjà proche de sa limite.

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Une centrale déjà fragilisée par une indisponibilité de longue durée

Ce qui rend la situation notable, c’est que la centrale se retrouve désormais totalement à l’arrêt. L’unité de production n°1 est en effet indisponible depuis le mois de mai, dans le cadre d’une opération programmée de maintenance et de renouvellement du combustible. L’arrêt du réacteur n°2 pour raisons climatiques prive donc, temporairement, l’ensemble du site tarn-et-garonnais de toute capacité de production.

Cette configuration n’est pas inédite cette année. Golfech avait déjà connu un épisode similaire fin juin, lorsque le réacteur n°2, seule unité alors en fonctionnement, avait été arrêté dans la nuit du 22 au 23 juin pour les mêmes raisons, la Garonne ayant atteint 28°C à l’époque. Le réacteur avait ensuite été reconnecté au réseau électrique national le 2 juillet au soir, avant de devoir s’arrêter de nouveau moins d’une semaine plus tard face à la reprise des fortes chaleurs.

Un troisième épisode caniculaire qui touche tout le pays

L’arrêt de Golfech s’inscrit dans le contexte de la troisième vague de chaleur de l’année 2026, que Météo-France qualifie d’épisode « sévère et durable ». Ce jeudi 9 juillet, 72 départements sont placés en vigilance orange canicule, dont le Tarn-et-Garonne, où se situe la centrale. Des records ont été battus la veille, avec 42,3°C relevés à Fitou, dans l’Aude, et 41,2°C à Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales. Météo-France table sur un maintien, voire une extension de la vigilance orange vers le Grand Est et la Franche-Comté, avec un épisode qui devrait se prolonger au moins jusqu’au week-end.

Le parc nucléaire français reste en partie dépendant de la température des fleuves pour son refroidissement. Plusieurs réacteurs fonctionnent en circuit ouvert, tandis que d’autres, comme ceux de Golfech, utilisent des tours aéroréfrigérantes mais restent soumis aux contraintes thermiques et hydrologiques de leur cours d’eau. À mesure que les épisodes de canicule se multiplient et s’intensifient, ce type d’arrêt réglementaire, ponctuel mais répété, devient un phénomène récurrent des étés français plutôt qu’un événement exceptionnel.

Quel impact sur l’approvisionnement électrique

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Le gestionnaire du réseau électrique national, RTE, avait indiqué fin juin, lors du précédent épisode caniculaire, que la sécurité d’approvisionnement en électricité n’appelait aucune vigilance particulière pour l’été 2026, le niveau de production disponible à l’échelle nationale étant jugé suffisant pour absorber la hausse de consommation liée à la climatisation, estimée alors entre 10 et 14 GW de puissance additionnelle par rapport à une période sans canicule. Cette évaluation portait toutefois sur l’épisode de juin et n’a pas, à ce stade, été formellement réactualisée par RTE pour cette nouvelle séquence de chaleur de juillet. L’arrêt d’un seul réacteur de 1,3 GW, sur un parc nucléaire français qui en compte 57, reste en tout état de cause un événement que le réseau est en mesure d’absorber sans difficulté, comme cela avait déjà été le cas fin juin.

La question qui se pose désormais est celle de la durée de cette nouvelle indisponibilité. Le redémarrage du réacteur n°2 dépendra directement de l’évolution de la température de la Garonne dans les prochains jours, elle-même suspendue à la baisse annoncée des températures en fin de semaine prochaine.


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