Pompes à chaleur : la liste officielle des modèles agréés est publiée, voici ce que cela change pour votre prime

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Installer une pompe à chaleur à la rentrée ne sera plus tout à fait la même démarche qu’aujourd’hui. Depuis le 5 juillet 2026, une liste officielle des modèles agréés est disponible, et elle va peser lourd sur le montant des aides auxquelles vous pouvez prétendre. 

À partir du 1er septembre, seuls les équipements qui y figurent ouvriront droit à la prime CEE bonifiée, soit un coefficient multiplicateur de cinq sur le montant de base. Voici ce que contient cette liste, ce qu’elle exclut, et les réflexes à adopter avant de signer votre devis.

Un agrément inédit pour orienter les aides vers les PAC fabriquées en Europe

Depuis plusieurs mois, le gouvernement travaillait à conditionner les aides les plus généreuses à l’installation de pompes à chaleur produites sur le sol européen. C’est désormais chose faite. L’arrêté du 2 juillet 2026, publié au Journal officiel du 5 juillet, fixe la toute première liste officielle des modèles de pompes à chaleur agréés en matière de qualité et de résilience industrielle. Ce texte est pris en application du décret n° 2026-413 du 29 mai 2026 et marque une rupture dans la façon dont les aides à l’installation de PAC seront attribuées à partir de la rentrée.

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La logique du dispositif ressemble à celle du bonus écologique pour les véhicules électriques : orienter l’argent public vers des équipements dont la fabrication répond à des critères industriels européens, plutôt que de financer indistinctement toute la production mondiale. Pour obtenir cet agrément, un modèle de PAC doit satisfaire deux conditions simultanées. Il doit d’abord bénéficier d’une certification qualité reconnue, telle que le Heat Pump KEYMARK, la NF PAC ou la certification Eurovent, délivrée par un organisme accrédité au sein de l’Espace économique européen. Il doit ensuite avoir son circuit frigorifique assemblé en Europe : en totalité pour les équipements monoblocs, ou pour au moins l’un des deux sous-ensembles (unité intérieure ou unité extérieure) pour les équipements de type split. C’est l’ADEME qui instruit les dossiers déposés par les fabricants, avant que les ministres chargés de l’Industrie et de l’Énergie ne délivrent l’agrément conjointement.

Quels modèles et quelles marques figurent sur cette première liste ?

La liste publiée le 5 juillet est déjà substantielle. Elle recense 1 567 modèles bénéficiant d’un agrément définitif, répartis entre 27 marques. On y retrouve des fabricants bien connus du grand public : Daikin, Atlantic, Ariston, Bosch, Vaillant, Viessmann, Panasonic, De Dietrich, Saunier Duval, Chappée, Nibe, Stiebel Eltron ou encore Thermor. Le fabricant français Géo-Fluth, spécialisé dans les pompes à chaleur géothermiques et installé dans la Drôme, figure également parmi les agréés, ce qui illustre que des acteurs de taille plus modeste ont su répondre aux exigences du dispositif.

Une annexe distincte dresse la liste des modèles bénéficiant d’un agrément transitoire, valable un an à compter du 15 juillet 2026. Ce régime transitoire, renouvelable une fois et valable au plus tard jusqu’au 31 décembre 2028, est prévu pour les fabricants dont les lignes de production ne sont pas encore situées en Europe mais qui s’engagent sur un plan d’investissement concret. On y compte 201 modèles issus de cinq marques : Atlantic, Thermor, LG Electronics, Mitsubishi Electric et Easypell.

En revanche, plusieurs grandes marques mondiales sont absentes des deux listes à ce stade : Samsung, Haier, Midea et sa filiale européenne Clivet, Trane, Gree ou encore Lennox ne figurent pas encore dans le dispositif. De même, plusieurs fabricants français comme Airwell et Novency n’ont pas obtenu l’agrément lors de cette première vague. Il est important de noter que les PAC air/air et les chauffe-eaux thermodynamiques sont exclus du périmètre de ce dispositif, qui concerne uniquement le chauffage central via des PAC air/eau et eau/eau.

Concrètement, qu’est-ce que cela change pour votre budget ?

C’est à partir du 1er septembre 2026 que les règles changent. À cette date, la bonification « Coup de pouce Chauffage » du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) sera réservée aux seuls modèles figurant sur la liste agréée. Cette bonification correspond à un coefficient multiplicateur de 5 appliqué au montant de base de la prime CEE, et elle s’applique sous deux conditions cumulatives : le modèle installé doit figurer sur la liste à la date de signature du devis, et il doit remplacer une chaudière individuelle au charbon, au fioul ou au gaz dans une résidence principale.

Prenons un exemple concret : un ménage aux revenus modestes qui fait installer une pompe à chaleur air/eau après le 1er septembre 2026 avec un modèle non agréé percevra uniquement la prime CEE de base. Avec un modèle agréé, la bonification ×5 s’applique et peut représenter plusieurs milliers d’euros supplémentaires, selon la surface du logement et la zone climatique.

Il est essentiel de comprendre qu’une PAC non agréée ne perd pas toutes ses aides : elle reste éligible à la prime CEE de base et, pour l’instant, MaPrimeRénov’ n’est pas concernée par ce dispositif d’agrément. Seule la bonification Coup de pouce Chauffage est conditionnée à l’agrément. Mais l’écart financier entre un modèle agréé et un modèle non agréé peut néanmoins peser lourd sur le reste à charge final.

Ce qu’il faut vérifier avant de signer votre devis

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Si votre projet d’installation est prévu après le 1er septembre 2026, quelques réflexes s’imposent. Demandez à votre installateur la référence exacte du modèle proposé et vérifiez sa présence sur la liste consultable sur la plateforme de l’ADEME (bonus-pac.ademe.fr). C’est la date de signature du devis qui fait foi : un devis signé avant le 1er septembre reste soumis aux règles actuelles, sans condition d’agrément.

Bonne nouvelle : la liste n’est pas figée. Les fabricants peuvent déposer des demandes en continu, examinées chaque mois par l’ADEME, et de nouveaux arrêtés viendront régulièrement enrichir la liste. L’absence d’une marque aujourd’hui ne signifie donc pas qu’elle sera définitivement écartée. Pour les ménages qui planifient leurs travaux à la rentrée, cette vérification préalable peut faire une différence de plusieurs milliers d’euros sur la facture finale. Un réflexe simple, pour une économie qui ne l’est pas.


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