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Un système de 2,2 mégawatts, 50 % plus puissant que BYD
Pour saisir l’ampleur de cette annonce, il faut la replacer dans le contexte de la guerre technologique qui se joue en ce moment entre constructeurs chinois. Jusqu’ici, c’est BYD, numéro un mondial du véhicule électrique et rival direct de Geely, qui détenait le record avec son système Flash Charging 2.0 d’une puissance de 1,5 mégawatt. Geely riposte avec une borne de 2,2 mégawatts, soit une puissance supérieure de 50 %.
Présentée au centre de sécurité de Ningbo sous le nom Geely Smart Charge, cette cinquième génération de borne permet de passer de 10 à 70 % de batterie en 4 minutes 30 secondes à température ambiante normale. Mais Geely ne s’arrête pas là : pour une charge quasi complète, de 10 à 97 %, le chrono s’arrête à 8 minutes 40 secondes. Une performance qui conduit Zhang Dewang, cadre au sein du groupe, à affirmer que les vitesses de recharge actuelles approchent désormais de la limite physique de ce qui est technologiquement possible.
Concrètement, dix minutes d’arrêt suffiraient à repartir avec une batterie pleine. Difficile de trouver meilleure réponse à l’argument classique du temps de recharge comparé à un simple plein d’essence.
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La batterie Golden Brick : conçue pour encaisser
Une borne de 2,2 mégawatts ne sert à rien si la batterie du véhicule n’est pas capable d’absorber une telle puissance sans se dégrader prématurément. C’est précisément pour relever ce défi que Geely a développé en parallèle une nouvelle génération de batterie : la Golden Brick, également appelée Shendun dans sa dénomination technique.
Conçue pour supporter des taux de charge de 6C à 12C, cette batterie joue dans une autre catégorie. Pour vous donner un point de repère, un taux de 1C correspond à une charge complète théorique en une heure. À 12C, on parle de cinq minutes. Les lames courtes qui composent les cellules réduisent les pertes par effet Joule, tandis qu’un refroidissement liquide maintient une température homogène sur l’ensemble de la batterie.
Les premiers modèles à bénéficier de cette technologie sont la Lynk & Co 10 et la Zeekr 001, deux véhicules du groupe Geely. Lors des tests officiels, la puissance de charge réelle relevée sur la Lynk & Co 10 atteignait 1 093 kW, légèrement inférieure aux 2,2 MW affichés par la borne : la capacité d’absorption dépend autant de l’architecture du véhicule que de l’infrastructure de recharge.
Geely annonce par ailleurs que cette batterie conserverait plus de 80 % de sa capacité après 3 500 cycles de recharge rapide. Ces chiffres sont issus de tests en laboratoire, et la durabilité en conditions réelles d’usage reste à confirmer dans le temps.
L’intelligence artificielle comme garde-fou
Injecter 2,2 mégawatts dans une batterie sans compromettre sa sécurité ni accélérer sa dégradation, c’est un défi majeur. C’est ici qu’intervient l’intelligence artificielle, placée au coeur du dispositif Geely Smart Charge.
Le système fonctionne sur deux niveaux simultanés. Un module IA embarqué surveille en temps réel l’état de chaque cellule, ajuste la puissance reçue et pilote le refroidissement au plus près des besoins. En parallèle, une couche IA cloud s’appuie sur des simulations numériques jumelles et des modèles d’apprentissage profond pour anticiper les risques thermiques avant même qu’ils n’apparaissent.
En d’autres termes, la recharge ultra-rapide ne repose plus uniquement sur la puissance brute de la borne, mais sur une intelligence de gestion en temps réel. C’est cette combinaison borne, batterie et IA qui permet à Geely d’afficher des performances que ses concurrents ne peuvent pas répliquer aujourd’hui avec leur infrastructure actuelle.
Ce que cela change (et ne change pas encore) pour les conducteurs européens
Soyons clairs : cette technologie n’est pas disponible en France aujourd’hui. Geely n’a annoncé aucun déploiement européen de sa borne de cinquième génération lors de cette présentation. Le réseau de 100 000 points de charge prévu d’ici fin 2027, dont 50 000 bornes Geely Smart Charge, cible prioritairement le marché chinois.
Pour autant, cette annonce a des implications bien concrètes à l’échelle mondiale. Elle met une pression directe sur les constructeurs européens et américains pour accélérer leurs propres programmes de recharge rapide. Elle envoie également un signal fort aux consommateurs : les obstacles techniques sont surmontables, et la prochaine génération de véhicules électriques sera fondamentalement différente de celle disponible aujourd’hui.
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Pour les automobilistes français qui hésitent encore à passer à l’électrique, la course entre Geely et BYD est en réalité une bonne nouvelle à moyen terme. Les investissements dans les infrastructures de recharge rapide vont s’accélérer partout dans le monde, et les arguments en faveur du moteur thermique continueront de perdre du terrain, un record battu à la fois.

