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Pour les acteurs qui travaillent avec BayWa r.e. en France, le message est clair : le groupe réduit sa capacité à faire naître de nouveaux projets, mais conserve les équipes chargées de les construire. Les chantiers en cours ne sont pas visés par le plan, alors que les interlocuteurs côté développement, eux, sont directement concernés. Selon des informations parues dans la presse spécialisée, la filiale française de la branche renouvelable du groupe BayWa a annoncé la semaine dernière à ses salariés l’ouverture d’une procédure de PSE. À la date de publication, l’entreprise n’avait pas communiqué publiquement sur le sujet.
Un plan ciblé sur le développement, la construction épargnée
Le plan porte sur environ 36 postes sur les 220 que compte la société, soit près de 16 % des effectifs selon notre calcul. Tous relèvent des équipes « projet », celles qui prospectent les terrains, mènent la concertation avec les élus et montent les dossiers d’autorisation et de raccordement. Les équipes EPC, chargées de l’ingénierie et de la construction, ne sont pas concernées. Les sites touchés et le calendrier de la procédure n’ont pas été rendus publics.
Active en France depuis 2005, BayWa r.e. y développe, construit et exploite des parcs éoliens, solaires et de stockage, avec des chefs de projet répartis dans sept agences, une proximité territoriale qu’elle présentait comme sa marque de fabrique.
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Une décision dictée par la restructuration du groupe
Le plan français prolonge une restructuration engagée depuis plus d’un an. En mars 2026, BayWa r.e. a revu sa planification à la baisse en raison d’un marché jugé dégradé, tout en visant un Ebitda ajusté supérieur à 140 millions d’euros en 2027. Son directeur de la restructuration, Hans-Joachim Ziems, annonçait alors de nouvelles mesures en continu et un recentrage sur certains marchés clés en Europe.
Le groupe a déjà cédé environ 2,2 GW de projets en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, dont des actifs situés en France. La pression vient aussi de la maison mère : BayWa AG, elle-même en plan de sauvetage, comptait selon la presse financière allemande tirer environ 1,7 milliard d’euros de la vente de sa participation dans BayWa r.e. d’ici fin 2028, un calendrier fragilisé par les contre-performances de sa filiale énergie. Un changement de marque est aussi annoncé pour le second semestre 2026.
Garder la construction, céder les projets : le précédent de Castets
Un dossier récent éclaire la logique du plan. En juillet, BayWa r.e. a cédé son projet solaire de 16,8 MWc de Castets, dans les Landes, à un consortium local réunissant Avergies et Terra Energies. Le groupe reste toutefois contractant EPC et prestataire d’exploitation de la centrale, dont la construction était programmée pour septembre 2026.
Notre lecture : BayWa r.e. privilégie un modèle où il est rémunéré pour construire et exploiter, plutôt que de porter durablement des projets coûteux à développer et longs à rentabiliser. Supprimer des postes de développeurs tout en préservant l’EPC est cohérent avec ce choix.
| Maillon de la chaîne de valeur | Situation chez BayWa r.e. France |
|---|---|
| Développement (prospection, concertation, autorisations) | Visé par le PSE |
| Portefeuille de projets | Cessions engagées, y compris en France |
| Ingénierie et construction (EPC) | Non concerné par le plan |
| Exploitation et maintenance | Non citée dans le plan, maintenue sur des projets cédés comme Castets |
Ce que ça change pour les partenaires de BayWa r.e.
Pour les communes, propriétaires fonciers et exploitants agricoles engagés dans un projet encore en développement, la priorité est de vérifier qui porte désormais le dossier et qui sera l’interlocuteur dans les prochains mois. Poursuite en interne, cession ou ralentissement : rien n’a été précisé publiquement projet par projet.
Pour les sous-traitants de chantier, l’activité de construction est préservée et continue, y compris sur des projets vendus à des tiers. Pour les installateurs photovoltaïques clients de la distribution, rien n’indique que l’activité de vente de matériel soit concernée : elle est portée par une entité distincte, BayWa r.e. Solar Distribution, basée à Bordeaux.
Enfin, pour les profils de chefs de projet développement, le marché se resserre nettement. Selon une enquête syndicale citée par Le Figaro en février, 89 % des entreprises du secteur ont ralenti ou arrêté leurs recrutements. Les métiers de la construction et de l’exploitation apparaissent moins exposés.
Une filière qui perd ses développeurs, pas sa technologie
BayWa r.e. France rejoint une liste déjà longue. Ce n’est pas la pertinence du solaire ou de l’éolien qui est en cause, mais le manque de visibilité sur les volumes et le calendrier des appels d’offres, qui pèse d’abord sur les métiers les plus en amont.
| Entreprise | Situation | Emplois concernés |
|---|---|---|
| BayWa r.e. France | PSE sur les équipes de développement | 36 postes sur 220 |
| RWE Renouvelables France | PSE sur l’éolien terrestre | Non communiqué |
| RWE Offshore France | Plan social | Une quarantaine de postes |
| Okwind | Restructuration | 92 emplois menacés |
| Vergnet | Liquidation judiciaire | 92 emplois menacés |
| Photowatt | Disparition | 160 emplois |
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Selon l’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’er), les entreprises du secteur ont perdu près de 6 % de leurs emplois depuis fin 2024. Fin septembre, France Renouvelables, Enerplan et le SER ont écrit au Premier ministre pour réclamer le respect de la trajectoire de la PPE3, publiée en février, en estimant que plusieurs centaines d’emplois ont déjà été supprimés et que d’autres sont menacés dans les prochains mois.

