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Si votre contrat suit le prix du marché, la hausse est déjà en route vers votre facture. Si vous êtes au tarif réglementé, elle arrivera plus tard et atténuée, mais le rendez-vous du 1er février 2027 s’annonce moins tranquille que prévu. Au 16 octobre, le contrat annuel pour une livraison en 2027 s’échangeait à 109,61 €/MWh sur la bourse EEX, contre un point bas proche de 49 €/MWh en février, selon les données compilées par Opéra Énergie. Depuis la fin de l’ARENH, les prix français sont beaucoup plus sensibles aux soubresauts du marché européen.

Une flambée concentrée sur l’année 2027
La hausse a démarré en juillet, puis s’est emballée à partir d’août jusqu’à dépasser 105 €/MWh à la mi-octobre. Le premier moteur est le gaz, dont le contrat 2027 atteint 70,06 €/MWh, en hausse de 9 % en une semaine, sur fond de tensions autour du détroit d’Ormuz et de concurrence avec l’Asie pour le gaz naturel liquéfié. S’y ajoutent une disponibilité du parc nucléaire tombée à 62 %, contre 67,5 % un an plus tôt, une sécheresse qui pèse sur l’hydroélectricité et un quota carbone à 85,42 €/tonne.
Le marché ne parie pas pour autant sur une électricité durablement chère : les contrats 2028 et 2029 s’échangent à 67,06 et 60,58 €/MWh, plus de 40 €/MWh sous le niveau de 2027. C’est une tension de court terme, pas un nouveau plancher.
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Pourquoi le tarif réglementé encaisse le choc avec retard
Le tarif Bleu ne suit pas le prix du jour. La CRE calcule sa part énergie comme si l’électricité d’une année entière était achetée par petites quantités pendant 24 mois, au prix quotidien de la bourse EEX. Une grande partie de l’électricité de 2027 a donc été « achetée » en 2025 et au premier semestre 2026, à des niveaux bien inférieurs aux records actuels. C’est l’amortisseur.
Il ne fait pas disparaître la hausse : les derniers mois de lissage tombent en pleine flambée, et l’écart entre le prix de l’électricité d’hiver et la moyenne annuelle s’est creusé, ce qui pénalise les foyers chauffés à l’électricité. Depuis le 1er août, le kWh en option Base coûte 0,2001 € TTC jusqu’à 6 kVA. La CRE n’a encore rien proposé pour février.
Le filet de sécurité qui a succédé à l’ARENH ne jouera pas non plus, en l’état. Le versement nucléaire universel ne reverse de l’argent aux consommateurs que si les revenus nucléaires d’EDF dépassent 78 €/MWh. Or la CRE les estime à 65,50 €/MWh pour 2027, soit une remise nulle, même si ce chiffre est recalculé chaque mois.
Combien cela peut coûter à votre foyer
Le repère à retenir : chaque hausse de 10 €/MWh du coût de l’énergie ajoute environ 1,2 centime TTC par kWh. Les trois premières colonnes du tableau correspondent à des hypothèses de hausse de la part énergie du tarif réglementé. La dernière illustre une offre qui suivrait le prix de gros sans lissage, si 2027 se payait au niveau actuel du marché à terme plutôt qu’aux 63,9 €/MWh retenus dans le tarif 2026.
| Profil de consommation | +5 €/MWh | +10 €/MWh | +20 €/MWh | Offre indexée, +46 €/MWh |
|---|---|---|---|---|
| Appartement, 2 500 kWh/an | +15 €/an | +30 €/an | +60 €/an | +138 €/an |
| Maison sans chauffage électrique, 4 500 kWh/an | +27 €/an | +54 €/an | +108 €/an | +248 €/an |
| Maison chauffée à l’électricité, 10 000 kWh/an | +60 €/an | +120 €/an | +240 €/an | +552 €/an |
Estimations ECOinfos, TVA de 20 % incluse, hors abonnement, taxes et réseau.
Pour une maison de 4 500 kWh, la consommation coûte aujourd’hui environ 900 € TTC par an au tarif Bleu. Un scénario médian à +10 €/MWh représenterait une hausse d’environ 6 % sur la part consommation. Sensible, mais sans commune mesure avec un foyer chauffé à l’électricité sous offre indexée, qui paierait plus de 500 € de plus si les prix actuels tenaient toute l’année 2027.
Offre indexée, dynamique ou prix fixe : qui est exposé
Les offres à tarification dynamique sont les plus exposées, puisqu’elles répercutent le prix de gros heure par heure. Une offre indexée sur le marché suit les cours sans lissage, alors qu’une offre indexée sur le tarif réglementé en reprend simplement les variations, avec le même décalage.
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Les offres à prix fixe bloquent le kWh hors taxes pendant un à trois ans, et certaines restent annoncées 8 à 12 % sous le tarif réglementé. Mais elles se construisent sur les prix à terme qui viennent de bondir : les nouvelles offres fixes risquent d’être révisées à la hausse dans les prochaines semaines. Les taxes, elles, ne sont jamais bloquées, et un prix fixe ne baissera pas si le marché se détend. Premier réflexe : vérifier le type de prix inscrit dans vos conditions particulières.
Les panneaux solaires reprennent de la valeur
Chaque kWh solaire consommé sur place évite d’acheter un kWh au réseau, autour de 20 centimes TTC, alors que le surplus n’est plus racheté que 1,1 c€/kWh HT pour les installations raccordées depuis juin 2026. Une installation de 3 kWc produisant environ 3 600 kWh par an, avec 40 % d’autoconsommation, fait économiser près de 290 € par an, et chaque centime de hausse du kWh réseau ajoute environ 14 €. Batterie, ballon d’eau chaude piloté ou recharge du véhicule en journée : tout ce qui augmente l’autoconsommation gagne en intérêt.

