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- Le charbon revient, les renouvelables aussi, votre facture n’est pas logée à la même enseigne
- Ce que le conflit au Moyen-Orient a changé dans l’approvisionnement énergétique mondial
- Des émissions de CO2 en hausse dans le monde, mais pas partout de la même façon
- Ce que ce choc mondial change vraiment pour votre facture d’électricité
- Les renouvelables en passe de devenir la première source d’électricité mondiale
- Une demande électrique mondiale qui ne cesse de grimper
Le charbon revient, les renouvelables aussi, votre facture n’est pas logée à la même enseigne
Depuis mars 2026, la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran a replongé une partie du monde dans une logique énergétique que l’on croyait révolue : celle du charbon comme roue de secours. Selon un rapport publié mercredi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur les marchés mondiaux de l’électricité, la production mondiale d’électricité à base de charbon devrait augmenter de 1,4% en 2026, après être restée stable en 2025. Mais la même crise qui pousse certains pays vers le charbon accélère, ailleurs, la bascule vers les renouvelables. Pour un lecteur français, la vraie question n’est pas de savoir si le monde brûle plus de charbon, mais si cela se voit sur sa propre facture d’électricité. La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.
Ce que le conflit au Moyen-Orient a changé dans l’approvisionnement énergétique mondial
Le blocage régulier du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du gaz naturel liquéfié mondial, a fragilisé l’approvisionnement de plusieurs économies depuis les frappes américano-israéliennes de fin février 2026 et la fermeture décidée par Téhéran début mars. Une trêve est en vigueur depuis avril, mais elle n’a pas rétabli une circulation maritime normale dans la zone, et la menace d’un nouveau blocage reste présente dans les prix.
Conséquence directe pour certaines économies dépendantes du gaz importé : un retour, au moins temporaire, vers des centrales à charbon plus disponibles et moins exposées aux à-coups d’approvisionnement maritime. L’AIE souligne que cette bascule s’explique aussi par la flambée des prix de l’énergie, en hausse de 30% par rapport au premier semestre 2025, un niveau que l’agence qualifie de plus élevé depuis la crise énergétique de 2022 et 2023, provoquée à l’époque par la guerre en Ukraine. Le mécanisme est similaire : un choc géopolitique sur les approvisionnements fossiles se traduit par des prix de marché durablement plus élevés, bien au-delà de la seule zone en conflit.
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Des émissions de CO2 en hausse dans le monde, mais pas partout de la même façon
Cette réactivation du charbon a un coût climatique. Les émissions mondiales de CO2 issues de la production d’électricité devraient augmenter de 1% en 2026, selon l’AIE. Mais la moyenne mondiale masque des trajectoires opposées : l’Asie du Sud-Est, où plusieurs pays dépendent fortement du gaz importé et disposent de capacités charbon disponibles, verrait ses émissions grimper de 6%, tandis que l’Union européenne devrait au contraire enregistrer une baisse de 5%. Cet écart tient largement à la structure du mix électrique : un pays largement décarboné, via le nucléaire ou les renouvelables, absorbe un choc gazier sans avoir besoin de rallumer du charbon. C’est précisément la situation française.
Ce que ce choc mondial change vraiment pour votre facture d’électricité
C’est le point qui intéresse le plus directement les ménages français, et il mérite d’être posé avec précision plutôt qu’avec des raccourcis. La hausse de 2,5% du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE) prévue au 1er août 2026, validée par le gouvernement le 16 juillet, n’est pas une conséquence de la guerre en Iran. Elle s’explique par des facteurs purement domestiques : la hausse de 3,04% du TURPE, le tarif d’accès aux réseaux d’Enedis et RTE, et l’intégration du nouveau mécanisme de capacité destiné à sécuriser l’approvisionnement hivernal. Pour un foyer consommant 4,5 mégawattheures par an, la moyenne nationale, la facture annuelle passe ainsi d’environ 1 046 à 1 072 euros TTC, soit une hausse d’environ 26 euros sur l’année.
En revanche, l’exposition change de nature pour les foyers et les professionnels qui ne sont pas au tarif réglementé, mais qui ont souscrit une offre indexée sur les prix de marché ou une offre de gros. Ces contrats suivent de plus près les prix de gros européens de l’électricité, eux-mêmes tirés vers le haut lorsque le gaz devient plus cher ou plus rare, puisque les centrales à gaz fixent souvent le prix marginal sur le marché européen. C’est la vraie courroie de transmission entre une crise au Moyen-Orient et une facture française : elle ne passe pas par le tarif réglementé, mais par le prix de marché.
| Type de contrat | Ce qui fait bouger le prix | Exposition à la crise Iran-Etats-Unis |
|---|---|---|
| Tarif réglementé (TRVE) | TURPE, mécanisme de capacité, taxes | Faible, facteurs domestiques |
| Offre de marché ou indexée | Prix de gros européen de l’électricité | Directe, via le prix du gaz |
| Autoconsommation solaire | Production propre du foyer | Quasi nulle sur la part autoconsommée |
Un foyer déjà équipé en autoconsommation photovoltaïque, ou qui envisage de l’être, réduit mécaniquement la part de sa consommation exposée à ces variations de prix de marché, puisque l’électricité produite et consommée sur place ne dépend ni du TRVE ni des cours du gaz.
Les renouvelables en passe de devenir la première source d’électricité mondiale
Le paradoxe de cette actualité est que la même année qui voit remonter le charbon devrait aussi consacrer le basculement inverse à l’échelle mondiale. L’AIE anticipe que les énergies renouvelables devraient devenir la première source mondiale de production d’électricité en 2026, dépassant le charbon après avoir quasiment atteint la parité en 2025. L’offre renouvelable progresserait de 8% en 2026, portée notamment par le solaire photovoltaïque, dont la production devrait dépasser celle de l’éolien cette année et devenir ainsi la deuxième source d’électricité renouvelable mondiale, derrière l’hydroélectricité.
| Indicateur | 2025 | 2027 (projection AIE) |
|---|---|---|
| Part des renouvelables dans l’offre mondiale d’électricité | 33% | 37% |
| Emissions de CO2 du secteur électrique | Référence | Stabilisation attendue |
| Evolution des émissions, Union européenne | Référence | Baisse |
| Evolution des émissions, Asie du Sud-Est | Référence | Hausse |
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Ce tableau illustre un mécanisme que les lecteurs d’ECOinfos suivent de près depuis plusieurs mois : plus un pays a investi tôt dans le solaire et l’éolien, moins il subit les à-coups géopolitiques du gaz et du charbon. L’accélération des renouvelables n’est donc pas seulement une bonne nouvelle climatique, c’est aussi, de plus en plus, un argument de sécurité énergétique et de stabilité tarifaire.
Une demande électrique mondiale qui ne cesse de grimper
Au-delà de ce choc conjoncturel, l’AIE souligne une tendance de fond : la consommation mondiale d’électricité est engagée sur une trajectoire nettement ascendante, portée par l’industrie, les véhicules électriques et les centres de données. Elle devrait croître de 3,6% en 2026, puis 3,8% en 2027, contre 3% en 2025. Un épisode El Niño plus marqué que prévu pourrait accentuer cette demande, en augmentant les besoins de refroidissement, tout en limitant simultanément la production hydroélectrique et éolienne dans certaines régions, un facteur supplémentaire de tension sur les prix de gros dans les mois qui viennent.

