Solaire + stockage : dans les régions les plus favorables, le coût passe sous celui de certaines nouvelles centrales fossiles

48 à 73 €/MWh à 95 % de fiabilité. C'est le coût actualisé ferme du solaire photovoltaïque couplé à des batteries, dans les régions bénéficiant des meilleures ressources renouvelables, selon un rapport publié en mai 2026 par l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). Sa partie basse est inférieure au coût des nouvelles centrales à charbon en Chine, estimé entre 62 et 76 €/MWh, et sous les nouvelles centrales à gaz, qui dépassent généralement 88 €/MWh à l'échelle mondiale.

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Résumé : 

  • Le coût actualisé ferme du solaire avec stockage atteint 48–73 €/MWh à 95 % de fiabilité dans les sites les plus favorables en 2025, contre plus de 88 €/MWh en 2020, selon le rapport IRENA « 24/7 Renewables: The Economics of Firm Solar and Wind » (mai 2026).
  • Depuis 2010, les coûts d’installation ont chuté de 87 % pour le solaire et de 55 % pour l’éolien terrestre, tandis que les coûts des batteries ont reculé de 93 %, selon la même source.
  • L’IRENA projette, selon ses hypothèses, une baisse d’environ 30 % d’ici 2030 et près de 40 % d’ici 2035, ce qui ferait passer le coût sous la barre des 44 €/MWh sur les meilleurs sites.

Ce que signifie « électricité ferme »

L’un des reproches historiques aux énergies renouvelables est leur variabilité : le solaire ne produit pas la nuit, l’éolien dépend du vent. Le stockage par batteries répond à cette contrainte en permettant de conserver l’électricité produite en excès pour la restituer quand le réseau en a besoin.

Un système couplant production renouvelable et stockage peut ainsi fournir une électricité selon un profil de fourniture défini et une cible de fiabilité, ce que l’IRENA appelle une électricité « ferme ». Le rapport évalue ce coût actualisé ferme (F-LCOE) sur la base d’une cible de fiabilité de 95 %, sans décrire pour autant le fonctionnement optimal d’un réseau électrique complet.

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Des baisses de coût accélérées depuis 2010

Le coût moyen mondial actualisé de l’électricité solaire atteignait 0,038 €/kWh en 2024, selon l’IRENA. En combinant production solaire et stockage pour obtenir une fourniture ferme, le coût global peut rester compétitif dans les meilleurs sites, même en tenant compte du surcoût des batteries.

Depuis 2010 : -87 % pour le solaire photovoltaïque, -55 % pour l’éolien terrestre et -93 % pour les batteries, selon l’IRENA. Le rapport souligne également que l’hybridation solaire-éolien peut réduire les besoins en stockage et abaisser le coût dans certaines configurations.

Des conditions qui restent localisées

L’IRENA est explicite : ces chiffres s’appliquent aux régions bénéficiant des meilleures ressources renouvelables. Le rapport cite le complexe Al Dhafra aux Émirats arabes unis, qui associera 5,2 GW de solaire et 19 GWh de batteries pour livrer 1 GW d’électricité ferme à un coût avoisinant 62 €/MWh.

Pour l’éolien associé au stockage, les coûts varient selon les marchés : environ 52 €/MWh en Mongolie intérieure, mais 78 à 83 €/MWh en Allemagne, en Australie ou au Brésil. La géographie, l’ensoleillement, le régime de vent, le coût du raccordement et les conditions de financement locales influencent le résultat final.

Un argument stratégique dans un contexte géopolitique tendu

Le rapport intervient dans un contexte de volatilité des marchés énergétiques. Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA, souligne que les tensions géopolitiques — notamment autour du détroit d’Ormuz — renforcent l’intérêt de systèmes énergétiques indépendants des combustibles fossiles. « L’électricité renouvelable disponible 24h/24 et 7j/7 est désormais compétitive face aux combustibles fossiles », a-t-il déclaré. « L’argument historique selon lequel les renouvelables manqueraient de fiabilité ne tient plus. »

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L’IRENA note que les systèmes renouvelables fermes sont particulièrement adaptés aux usages à forte consommation continue, comme les centres de données. Leur déploiement peut être rapide une fois les conditions réunies : un à deux ans de construction après obtention des autorisations et sécurisation du raccordement au réseau, selon l’agence.

Les données chiffrées citées sont issues du rapport IRENA « 24/7 Renewables: The Economics of Firm Solar and Wind », mai 2026. Les coûts varient selon les régions et les conditions de marché locales.


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