Deux géants du solaire français s’apprêtent à fusionner

JPee et Générale du Solaire, deux des principaux producteurs indépendants d'énergie solaire en France, ont signé un mémorandum d'entente en vue de fusionner tout ou partie de leurs activités. L'opération, révélée par GreenUnivers et non confirmée par les deux groupes, ferait naître un acteur pesant plus d'un gigawatt installé et près de cinq gigawatts de projets en développement.

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JPee et Générale du Solaire préparent leur fusion : ce que révèle l’accord signé avec la Banque des Territoires

Si vous êtes une collectivité, un propriétaire foncier ou un salarié en lien avec l’un de ces deux producteurs, ce rapprochement pourrait changer votre interlocuteur dans les mois qui viennent. JPee et Générale du Solaire, deux des principaux producteurs indépendants d’électricité solaire en France, ont signé un mémorandum d’entente en vue de fusionner tout ou partie de leurs activités, selon les informations exclusives publiées par GreenUnivers le 10 juillet 2026. L’opération est encore loin d’être bouclée, mais elle marque une étape concrète vers la naissance d’un nouveau poids lourd du solaire français.

Ce que l’on sait précisément de l’accord

Selon GreenUnivers, Xavier Nass, directeur général de JPee, et Daniel Bour, président de Générale du Solaire, ont signé un protocole d’accord aux côtés de leur partenaire financier commun, la Banque des Territoires, filiale de la Caisse des Dépôts. Ce protocole formalise l’intention des deux groupes de rapprocher leurs activités, sans que le périmètre exact de l’opération soit encore arrêté : fusion totale des deux structures, rapprochement partiel limité à certaines activités, ou mise en commun de moyens restent à ce stade des hypothèses ouvertes.

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Les deux entreprises sont restées muettes face aux sollicitations de la presse spécialisée, et aucune communication officielle n’a pour l’instant été publiée par JPee ou Générale du Solaire. L’opération devrait, selon les mêmes informations, demander encore du temps avant d’être finalisée et rendue publique dans son détail.

Deux producteurs qui se connaissaient déjà bien

Ce rapprochement ne sort pas de nulle part. JPee et Générale du Solaire collaborent déjà sur le terrain, et partagent depuis plusieurs années le même actionnaire minoritaire, la Banque des Territoires, entrée respectivement à hauteur de 34 % au capital de JPee en 2023 et associée à Générale du Solaire dans le cadre d’un partenariat de financement de 1 GW de projets solaires signé la même année.

Les deux groupes se sont notamment associés à parts égales en mai 2026 pour livrer à SNCF Énergie le dernier contrat d’achat direct d’électricité renouvelable (CPPA) de sa stratégie de décarbonation, via la tranche 3 des Champs Solaires de Touraine, à Sonzay en Indre-et-Loire. Ce projet de 87 MW, dont la mise en service est prévue fin 2027, doit fournir 100 GWh d’électricité verte par an, avec Générale du Solaire pilotant la construction et JPee assurant la maintenance. Cette répartition des rôles, l’ingénierie de site pour l’une, l’expertise en contrats de long terme pour l’autre, préfigure la logique de complémentarité qui semble motiver le projet de fusion.

Un poids lourd en gestation

Pris séparément, les deux groupes sont déjà des acteurs de premier plan du solaire indépendant français. JPee affichait en janvier 2026 une puissance installée de 622 MW, répartie entre 18 parcs éoliens et 70 centrales solaires, pour un chiffre d’affaires de 80,9 millions d’euros en 2025. L’entreprise, fondée en 2004 par une famille normande et dirigée par Xavier Nass, porte également près de 300 MW en construction et un portefeuille de projets en développement supérieur à 2,5 GW.

Générale du Solaire, fondée en 2008 par Daniel Bour, détient de son côté plus de 550 MWc de centrales solaires en France et 75 MWc en Italie, pour un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros en 2025 et une prévision de 140 millions d’euros en 2026. Le groupe emploie 130 collaborateurs, principalement à Paris où se trouve son siège, avec des implantations à Montpellier, Bordeaux, Metz, Lyon et Milan, et revendique plus de 500 projets lauréats aux appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie.

Additionnées, ces capacités placeraient le futur ensemble autour d’1,25 GW de puissance installée en France et en Italie, et près de 5 GW de projets cumulés en développement, un niveau qui le rapprocherait des tout premiers producteurs indépendants du pays. Ces chiffres, issus des communications publiques respectives des deux groupes, ne préjugent toutefois ni du périmètre final de la fusion ni de la valorisation de l’opération, qui restent inconnus à ce stade.

Ce que ce rapprochement pourrait changer concrètement

Pour les acteurs déjà engagés avec l’un ou l’autre des deux groupes, ce projet de fusion a plusieurs implications concrètes à surveiller. Les collectivités locales et les propriétaires fonciers ayant signé un bail ou une convention avec JPee ou Générale du Solaire pour l’implantation d’une centrale solaire pourraient, à terme, voir leur interlocuteur de gestion évoluer, sans que cela remette a priori en cause les contrats en cours, qui sont généralement portés par des sociétés de projet dédiées et non par la structure faîtière.

Du côté de l’emploi, les deux groupes cumulent plusieurs centaines de salariés répartis sur des sites parfois redondants, notamment en région parisienne et à Montpellier où les deux entreprises disposent chacune d’une implantation. Une fusion de cette ampleur s’accompagne habituellement d’un travail de rationalisation des organisations, un point que ni JPee ni Générale du Solaire n’ont pour l’heure évoqué publiquement.

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Pour les partenaires financiers et les autres développeurs du secteur, ce rapprochement confirmerait surtout un mouvement de consolidation à l’œuvre dans le solaire indépendant français, où la taille critique devient un avantage pour accéder aux financements et remporter les appels d’offres de la CRE face à des acteurs de plus en plus internationalisés.

Les inconnues qui demeurent

Plusieurs éléments restent flous et méritent d’être suivis dans les prochaines semaines : le calendrier précis de finalisation de l’opération, le périmètre exact des activités concernées, la gouvernance du futur ensemble et le rôle qu’y jouera la Banque des Territoires, déjà actionnaire des deux structures. GreenUnivers indique que les détails de l’accord doivent encore être dévoilés, sans donner d’échéance précise.


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