Record de l’éolien en Europe en 2026, avant un possible coup de frein sur les autorisations

L'Europe a installé assez de nouvelles éoliennes en six mois pour alimenter 7 millions de foyers et réduire sa dépendance au gaz importé. Un rythme record porté par l'Allemagne et, plus discrètement, par la France, où la dynamique retrouve des couleurs après une année 2025 en net recul. Mais dans plusieurs pays, la France comprise, les autorisations de nouveaux parcs éoliens reculent, ce qui pourrait freiner cette embellie.

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Un semestre déjà supérieur de 30 % à 2025

Selon le rapport semestriel publié début septembre par WindEurope, l’association qui représente l’industrie éolienne à l’échelle du continent, 8,8 GW de nouvelles capacités ont été raccordés en Europe au premier semestre 2026, dont 7,1 GW au sein de l’Union européenne. C’est 30 % de plus qu’à la même période en 2025.

Pour mesurer l’ampleur du mouvement, la comparaison avec les années précédentes est parlante. Sur l’ensemble de l’année 2024, l’Europe avait installé environ 13 GW de nouvelles capacités. En 2025, ce total était monté à 19,1 GW. Les 8,8 GW du seul premier semestre 2026 représentent donc déjà près de 46 % de tout ce qui avait été installé sur l’année entière 2025 (calcul ECOinfos à partir des données WindEurope). Portée par une activité restée soutenue durant l’été, l’association a d’ailleurs revu ses prévisions à la hausse et table désormais sur 24 GW installés sur l’ensemble de l’année 2026, un chiffre qui aurait semblé hors d’atteinte il y a encore un an.

L’Allemagne reste le principal moteur de cette dynamique, avec 3,4 GW installés au cours des six premiers mois de l’année, soit près de 40 % du total européen. Le Danemark, la Pologne, le Portugal et la France affichent également des progressions significatives par rapport à 2025. Fait notable dans le contexte géopolitique actuel, l’Ukraine a réussi à installer plus de 400 MW de nouvelles capacités éoliennes malgré la guerre.

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Ce que cela représente concrètement

Un chiffre de gigawatts reste abstrait pour un lecteur qui ne travaille pas dans le secteur. Ramené à l’échelle du foyer, WindEurope précise que les nouvelles capacités raccordées au premier semestre suffisent à couvrir la consommation d’environ 7 millions de foyers européens, tout en évitant l’équivalent de 25 cargaisons de gaz naturel liquéfié importé chaque année. C’est l’un des rares indicateurs de ce rapport qui parle directement à un ménage, et il illustre concrètement le lien entre développement de l’éolien et réduction de la dépendance aux importations d’énergies fossiles, un sujet resté sensible depuis la crise énergétique de 2022.

La France dans la dynamique, avec un bémol

Si le rapport de WindEurope ne détaille pas de chiffre précis pour la France au premier semestre 2026, il la classe parmi les pays ayant enregistré une progression significative, aux côtés du Danemark, de la Pologne et du Portugal. Cette embellie tranche avec l’année 2025, durant laquelle la France n’avait installé que 380 MW de capacités terrestres sur la même période, soit un recul de 34 % par rapport au premier semestre 2024, notamment pénalisée par des restrictions de hauteur limitant la puissance des éoliennes installées sur certains territoires.

Les données officielles du service statistique du ministère de la Transition écologique confirment cette dynamique française à l’échelle nationale : au 31 mars 2026, le parc éolien tricolore atteignait 26,4 GW, dont 24,1 GW à terre et 2,3 GW en mer. Sur le seul premier trimestre, l’éolien a fourni 13 % de la consommation électrique française, soit 2,8 points de plus qu’un an plus tôt, une part qui continue donc de grimper dans le mix électrique national.

Un rythme d’appels d’offres jamais atteint

La dynamique ne se limite pas aux raccordements. Au premier semestre, 17 GW de capacités éoliennes ont été attribués dans le cadre d’appels d’offres à travers l’Europe, et 26 GW supplémentaires sont attendus au second semestre. Selon WindEurope, jamais l’Europe n’avait lancé autant d’appels d’offres pour développer de nouvelles capacités éoliennes en une seule année.

Si cette dynamique se confirme, la capacité éolienne totale de l’Europe pourrait atteindre 436 GW à l’horizon 2030, dont 342 GW au sein de l’Union européenne, soit 78 % du total. Ce niveau permettrait à l’Union européenne de couvrir environ 27 % de sa demande d’électricité grâce à la seule énergie éolienne, contre une part encore nettement inférieure aujourd’hui.

Le principal obstacle : les autorisations

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Cette trajectoire reste toutefois conditionnée à la capacité des pays européens à accélérer leurs procédures d’autorisation. Pour WindEurope, il s’agit aujourd’hui du principal frein à la réalisation de ces projections, en raison à la fois du volume et du taux de réussite des demandes déposées. À l’exception notable de l’Allemagne, qui a délivré des permis pour plus de 9 GW d’éolien terrestre au premier semestre, les volumes d’autorisations sont actuellement orientés à la baisse dans plusieurs grands marchés européens, dont l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Irlande.

Tinne Van der Straeten, directrice générale de WindEurope, a souligné que ce recul des permis intervient précisément au moment où l’Europe a le plus besoin de capacités éoliennes supplémentaires pour renforcer sa résilience économique et énergétique. Une manière de rappeler qu’un rapport encourageant sur le papier ne garantit rien pour les années suivantes si les délais administratifs ne se réduisent pas, un point qui concerne directement les riverains et porteurs de projets en attente d’instruction en France.


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