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Selon les données publiées par l’Energy Information Administration (EIA), l’agence statistique du département de l’Énergie américain, la production renouvelable est passée d’environ 606 TWh au premier semestre 2025 à 672 TWh sur la même période en 2026. En intégrant le photovoltaïque installé chez les particuliers et les entreprises, cette filière couvre désormais près d’un tiers de l’électricité consommée outre-Atlantique, un niveau qu’elle n’avait encore jamais atteint sur un semestre complet.
Le solaire, principal moteur de la progression
La croissance la plus spectaculaire vient du photovoltaïque. Avec 227 TWh produits au premier semestre, le solaire progresse de près de 20 % en un an et couvre désormais un peu plus de 10 % de la production électrique américaine. Ce total se répartit entre environ 173 TWh issus des grandes centrales au sol et près de 53 TWh produits par les installations résidentielles et commerciales, un segment qui grossit plus vite que les grandes centrales et qui traduit un mouvement de fond chez les ménages et les entreprises américaines.
L’éolien reste, pour l’instant, la première source renouvelable du pays avec 269 TWh produits, soit 12 % du mix national, mais sa progression ralentit nettement, à 6,5 % sur un an contre près de 20 % pour le solaire. L’hydroélectricité profite quant à elle de conditions climatiques favorables et progresse d’environ 10 %, à 146 TWh. La biomasse et la géothermie complètent l’ensemble avec environ 30 TWh supplémentaires.
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Le tableau ci-dessous compare les volumes produits sur les deux derniers premiers semestres, filière par filière. Les valeurs 2025 sont recalculées par la rédaction à partir des taux de croissance annuels communiqués par l’EIA, lorsque ce taux était disponible.
| Filière | 1er semestre 2025 (TWh, estimation ECOinfos) | 1er semestre 2026 (TWh) | Évolution |
|---|---|---|---|
| Solaire | 190 | 227 | + 19,5 % |
| Éolien | 253 | 269 | + 6,5 % |
| Hydraulique | 133 | 146 | + 10 % |
| Gaz naturel | 821 | 836 | + 1,8 % |
| Charbon | 354 | 314 | – 11,3 % |
Réunis, le solaire et l’éolien ont produit près de 496 TWh au premier semestre, un volume supérieur de 58 % à celui des centrales à charbon et de 27 % à celui du parc nucléaire américain. Le gaz naturel demeure toutefois, et de loin, la première source d’électricité du pays avec 836 TWh produits, soit 37,5 % du mix, en légère hausse. Le nucléaire suit avec 389 TWh et 17,4 % de part, tandis que le charbon poursuit son recul avec une production en baisse de 11,3 %, à 314 TWh.
Le stockage par batteries change la donne
Un élément que la dépêche Tecsol ne détaillait pas mérite d’être souligné : la croissance du solaire américain s’accompagne d’un déploiement accéléré des batteries, qui commence à transformer la manière dont le réseau absorbe cette production. Selon les données de l’EIA relayées par plusieurs analyses spécialisées, la capacité installée de stockage par batteries a progressé de 58,1 % en un an, pour atteindre un parc proche de 52 GW.
Autre bascule inédite confirmée par l’EIA : en avril 2026, la capacité installée du solaire a dépassé celle de l’éolien pour la première fois aux Etats-Unis, avec 160,2 GW contre 160,1 GW. Sur les douze prochains mois, l’agence prévoit l’ajout de près de 78,5 GW de nouvelles capacités solaires, éoliennes et de stockage, quand la capacité en gaz, charbon et nucléaire cumulée devrait, elle, reculer légèrement. Ces batteries permettent de restituer en soirée une partie de l’électricité solaire produite en milieu de journée et contribuent à limiter les écrêtements lorsque la production dépasse ponctuellement la demande ou les capacités du réseau.
Ce que Donald Trump a changé, et ce qu’il n’a pas encore changé
Ces résultats peuvent surprendre au regard de la politique énergétique menée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Son administration a suspendu de nouvelles concessions d’éolien en mer, renforcé le contrôle des projets solaires et éoliens sur les terrains fédéraux et engagé la suppression anticipée de plusieurs crédits d’impôt qui soutenaient historiquement ces filières.
Mais la plupart des installations mises en service en 2025 et 2026 avaient déjà été autorisées, financées ou commandées sous l’administration précédente, notamment grâce aux aides de l’Inflation Reduction Act. Le premier semestre 2026 reflète donc surtout l’élan industriel acquis avant le changement de politique fédérale, plus qu’un choix récent des acteurs du secteur. L’impact réel du virage engagé par Donald Trump ne devrait devenir pleinement visible qu’à partir de 2027 et 2028, lorsque la réduction des dispositifs fiscaux et le durcissement des procédures administratives commenceront à peser sur les décisions d’investissement encore à venir. D’ici là, la baisse continue des coûts, les politiques favorables de certains Etats et la demande croissante en électricité, notamment celle des centres de données, continuent de porter le solaire, l’éolien et le stockage.
Le cas du Texas illustre cette dynamique locale. Premier parc éolien du pays et marché en forte accélération sur le solaire et les batteries, l’Etat pourrait voir ses centrales photovoltaïques produire 78 TWh en 2026, contre seulement 60 TWh pour le charbon, selon les projections de l’EIA.
Un mix électrique encore loin de celui de la France
Pour un lecteur français, ce chiffre de 30,2 % peut sembler impressionnant, et il l’est du point de vue de la seule progression des renouvelables. Il mérite toutefois d’être remis en perspective avec la situation française, très différente dans sa structure.
En 2025, la part des renouvelables dans la production électrique française s’élevait à environ 27 %, un niveau proche de celui des Etats-Unis. La différence se joue ailleurs : grâce au nucléaire, qui a fourni 68,1 % de l’électricité française, le taux global de décarbonation du mix atteignait 95,2 % en France, contre un peu moins de 48 % aux Etats-Unis une fois additionnées les parts du renouvelable et du nucléaire américains. Le gaz naturel, qui reste marginal en France, couvre à lui seul plus du tiers de la production électrique américaine.
| Renouvelables | Nucléaire | Électricité décarbonée | Gaz et charbon | |
|---|---|---|---|---|
| Etats-Unis (1er semestre 2026) | 30,2 % | 17,4 % | environ 47,6 % | 51,6 % |
| France (2025) | environ 27 % | 68,1 % | 95,2 % | environ 4 % |
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Autrement dit, la progression américaine est réelle et rapide, mais elle part de plus loin. Le solaire et l’éolien viennent aujourd’hui compenser, pour l’essentiel, l’absence d’un parc nucléaire aussi développé que le parc français, dans un pays où le gaz naturel reste, et de loin, la principale source d’électricité.

