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En résumé
- Le monde a raccordé 664 GW de solaire en 2025, un record, et le parc mondial a franchi les 3 TW, triplant en quatre ans.
- Avec 2 778 TWh produits, le solaire couvre environ 9 % de la demande mondiale d’électricité, soit autant que le nucléaire.
- La Chine domine avec 382 GW installés, devant l’Union européenne (67,2 GW), l’Inde (45,7 GW) et les États-Unis (43,2 GW).
- La croissance ralentit fortement : +12 % en 2025, contre +85 % en 2023.
- Pour 2026, le rapport prévoit un recul inédit de 8 %, à 612 GW, sous l’effet d’une chute du marché chinois, avant un rebond attendu en 2027.
Une année record et un seuil symbolique franchi
Le monde a raccordé 664 GW de nouvelles capacités photovoltaïques en 2025, un volume jamais atteint. Ce raccordement a porté le parc solaire mondial au-delà des 3 TW début 2026, un seuil hautement symbolique. Pour mesurer l’accélération, il faut se rappeler du chemin parcouru : il a fallu près de soixante-dix ans à la filière, depuis la première cellule commerciale en 1954, pour atteindre son premier térawatt en 2022. Il n’aura ensuite fallu que deux ans pour doubler ce chiffre, puis environ dix-huit mois pour franchir les 3 TW. Autrement dit, la capacité solaire mondiale a triplé en quatre ans. Aucune autre technologie énergétique n’avance à cette vitesse.
Le photovoltaïque confirme par ailleurs son statut de colonne vertébrale de la transition. En 2025, il a représenté près de trois quarts des nouvelles capacités renouvelables installées dans le monde, loin devant l’éolien, l’hydraulique ou la biomasse.
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Le solaire au niveau du nucléaire dans le mix électrique mondial
C’est le basculement de fond de cette édition. Avec 2 778 TWh produits, le solaire a atteint environ 9 % de la demande mondiale d’électricité, une part qui a doublé en seulement cinq ans. Or, c’est précisément le niveau du nucléaire, dont la part dans la production mondiale d’électricité s’établit elle aussi autour de 9 %, mais sur une trajectoire inverse, en lent déclin depuis son pic des années 1990. Deux technologies bas-carbone se croisent ainsi : l’une montante, l’autre en plateau.
La nuance mérite d’être posée clairement pour le lecteur. La comparaison porte sur la production annuelle d’électricité, pas sur la puissance installée. Un parc nucléaire fonctionne en continu, là où un panneau solaire dépend de l’ensoleillement, ce qui explique qu’il faille beaucoup plus de gigawatts photovoltaïques pour générer autant d’électricité qu’un réacteur. Le fait que le solaire produise désormais autant que l’atome, malgré cet écart de disponibilité, illustre l’ampleur du déploiement des dernières années.
La géographie d’un marché ultra-concentré
La hiérarchie des grands marchés résume à elle seule l’équilibre mondial du solaire. La Chine continue d’écraser la concurrence, et son poids est le facteur déterminant pour comprendre la suite.
| Marché | Capacités installées en 2025 | Part / tendance |
|---|---|---|
| Chine | 382 GW | Plus de la moitié du marché mondial |
| Union européenne | 67,2 GW | Marché unique, croissance quasi nulle |
| Inde | 45,7 GW | 2e pays, en forte progression |
| États-Unis | 43,2 GW | 3e pays |
La Chine a concentré à elle seule plus de la moitié des installations mondiales, avec 382 GW raccordés. L’Inde s’impose comme la véritable success story de l’année : avec 45,7 GW installés, elle se hisse à la deuxième place du podium des pays, devant les États-Unis et leurs 43,2 GW. Considérée comme un marché unique, l’Union européenne se classerait deuxième avec 67,2 GW, mais sa croissance plafonne, signe d’un essoufflement de la dynamique européenne après les années fastes.
Les premiers signes d’essoufflement
Derrière le record, SolarPower Europe identifie un ralentissement net. Après une progression de 85 % entre 2022 et 2023, puis de 32 % entre 2023 et 2024, la croissance est retombée à seulement 12 % en 2025. La trajectoire reste positive, mais la pente s’aplatit.
Surtout, le rapport anticipe un événement inédit : un recul de 8 % des nouvelles installations en 2026, à 612 GW dans le scénario médian. Ce serait la première contraction du marché solaire mondial depuis plus de vingt ans. L’explication tient presque entièrement à un seul pays. La Chine devrait voir ses installations chuter d’environ 24 %, sous l’effet de la fin du tarif de rachat garanti pour les nouveaux projets, entrée en vigueur en juin 2025. Ce repli chinois est si massif qu’il efface, à l’échelle planétaire, la croissance continue observée dans toutes les autres régions. Une démonstration brutale du poids de Pékin dans l’équilibre solaire mondial.
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D’autres freins se font jour dans les marchés matures : congestion des réseaux, épisodes de plus en plus fréquents de prix négatifs de l’électricité et écrêtement de la production aux heures les plus ensoleillées. Le défi se déplace : il ne s’agit plus seulement d’installer des capacités, mais de savoir les intégrer au système électrique.
Un repli temporaire, pas un retournement de fond
Les fondamentaux de long terme restent solides. La filière devrait renouer avec une croissance plus dynamique dès 2027, et SolarPower Europe projette des installations annuelles autour de 864 GW à l’horizon 2030, pour un parc cumulé de 6,6 TW. Le solaire resterait ainsi le principal pilier de la transition énergétique, en fournissant à lui seul une large part des capacités renouvelables nécessaires pour tenir les objectifs climatiques mondiaux. La pause de 2026 ressemble donc davantage à une respiration après une décennie de course effrénée qu’à un véritable coup d’arrêt.

