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Selon le régulateur, sans l’éolien et le solaire, votre facture d’électricité aurait été plus lourde en 2025. C’est la conclusion du premier rapport de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) sur l’économie du système électrique, publié le 9 septembre : les consommateurs ont réalisé environ 8 milliards d’euros d’économies sur leur facture annuelle grâce aux capacités renouvelables raccordées depuis 2020. Ramené à un foyer, cela représente, selon notre estimation, entre 50 et 130 euros par an selon la consommation. Présenté par sa présidente Emmanuelle Wargon comme un moyen de « ramener les faits dans le débat », le document est pourtant devenu un objet de polémique, à quelques mois de la présidentielle de 2027.
Ce que la CRE a réellement chiffré
Pour la première fois, le régulateur a additionné l’ensemble des coûts du système électrique hexagonal : 55,9 milliards d’euros en 2025, dont 40 milliards pour la production et 15,9 milliards pour les réseaux. Il a ensuite simulé 2025 avec le parc renouvelable de 2020, donc sans les installations raccordées depuis. Le prix de marché moyen aurait atteint 80,9 euros le mégawattheure au lieu de 61,3, soit environ 20 euros de plus. Les consommateurs ne captant pas toute cette baisse, leur consommation variant selon les saisons et les heures, l’économie réellement perçue ressort à 16,1 euros par mégawattheure, d’où les 8 milliards d’euros.
La CRE ne masque pas la contrepartie. Le développement des renouvelables a fait grimper d’environ 5 % le coût complet du système, une charge supportée surtout par l’État, soit environ 3 milliards d’euros d’après les calculs du régulateur rapportés par l’AFP. Il pèse aussi sur les producteurs non soutenus, EDF en tête, dont les revenus baissent avec les prix de marché. Le régulateur juge malgré tout possible d’ajouter environ 50 % de capacités renouvelables sans perdre l’avantage pour le consommateur, même si la demande stagne. Le gouvernement, lui, parie sur un rebond de la consommation porté par les véhicules électriques et les centres de données.
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Ce que cela représente pour votre facture
Le rapport ne change ni votre tarif ni vos aides. En appliquant les 16,1 euros par mégawattheure de la CRE à trois profils, on obtient les ordres de grandeur ci-dessous, une estimation ECOinfos : l’effet réel dépend de votre contrat, le tarif réglementé et les offres à prix fixe lissant les variations du marché.
| Profil | Consommation annuelle | Économie estimée par an (hors TVA) |
|---|---|---|
| Appartement, chauffage non électrique | 3 000 kWh | environ 48 € |
| Maison, usages courants | 4 500 kWh | environ 72 € |
| Maison chauffée à l’électricité | 8 000 kWh | environ 129 € |
L’effet est réel mais indirect : il passe par le prix de gros, qui ne représente qu’une partie de la facture, le reste finançant les réseaux et les taxes.
Un rapport publié à la rentrée, et déjà contesté
Le texte devait paraître avant l’été. Selon Les Echos, plusieurs sources concordantes affirment qu’il a été remanié après des échanges avec l’administration et le gouvernement, un avertissement sur les difficultés d’EDF ne figurant pas dans la version initiale. Le ministère de l’Énergie reconnaît avoir échangé sur les conclusions, mais assure n’avoir été ni demandeur ni relecteur, et indique que la CRE a refait tourner ses modèles pour ajuster l’ampleur des résultats, pas leur sens. La CRE dément catégoriquement avoir nuancé l’intérêt des renouvelables ou retravaillé son message final, et explique le report par sa charge de travail sur le tarif réglementé et une étude gazière. Les deux lectures ne se recoupent pas parfaitement.
Sur le fond, des défenseurs du nucléaire reprochent au régulateur une prise de position politique, et certains médias spécialisés émettent des réserves sur la méthodologie. La CRE s’attendait elle-même à des interprétations très différentes selon les observateurs.
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Première échéance : l’audition de la présidente de la CRE à l’Assemblée nationale, prévue le 30 septembre, selon un dirigeant d’EDF cité par Les Echos. Le sujet rejoint ensuite le budget 2027. Selon Les Echos, le gouvernement prépare un audit de contrats solaires visant surtout environ 8 000 installations de 300 à 500 kWc sous l’arrêté S21, dont le tarif moyen avoisine 110 euros le mégawattheure contre 92 notifiés à la Commission européenne. Les particuliers en autoconsommation ne sont pas la cible évoquée à ce stade.
Côté finances publiques, le soutien aux renouvelables doit atteindre 10,67 milliards d’euros en 2027 selon la CRE, sans que votre facture n’augmente de 11 %, comme nous l’expliquions. Reste que les coûts du système électrique sont désormais publiés et discutables chiffre par chiffre, ce qui change la qualité du débat avant la présidentielle.

