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Si vous avez signé ou comptez signer pour des panneaux solaires, la crise sociale qui secoue la filière vous concerne directement. Quand un installateur met la clé sous la porte, une partie de vos garanties disparaît avec lui, et l’acompte versé peut ne jamais revenir. C’est le revers moins visible de la mobilisation organisée le 29 septembre 2026 devant la préfecture de l’Hérault par l’inter-CSE de plusieurs entreprises du renouvelable, pendant qu’un autre cortège se réunissait à Paris devant le colloque du Syndicat des énergies renouvelables (SER).
À Montpellier, les jeunes ingénieurs du solaire font les comptes
La métropole concentre une grande partie des développeurs photovoltaïques français, et c’est là que la crise se lit le plus nettement. Devant la préfecture, beaucoup de jeunes ingénieurs venus d’Arkolia, ABO Energy, Voltalia ou Dev’EnR, avec un sentiment de gâchis difficile à cacher. Sur les pancartes, l’acronyme PPE est détourné en « Plan de Perte d’Emploi ».
Les chiffres cités sur place donnent la mesure du choc. Chez Voltalia, qui a annoncé une réduction de 20 % de ses effectifs, un élu du CSE affirme au média local Le Poing que l’entreprise est passée de 400 à 200 salariés en quelques années. Chez Urbasolar, autre poids lourd montpelliérain, un plan social touche 51 postes. Le porte-parole de l’inter-CSE avance quant à lui le chiffre de 20 000 départs en deux ans dans la filière, en grande partie dans l’installation de panneaux sur les maisons et au sol.
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Une feuille de route qui plafonne les projets jusqu’en 2028
La colère vise d’abord l’État. La troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie, publiée par décret le 12 février 2026 avec près de trois ans de retard, fixe pour le solaire 48 GW installés en 2030 et entre 55 et 80 GW en 2035. Mais le texte contient une clause qui pèse lourd : jusqu’au 31 décembre 2028, les volumes de soutien public au solaire et à l’éolien terrestre ne peuvent pas dépasser ceux de l’ancienne PPE, et une révision simplifiée est possible dès 2027, donc après l’élection présidentielle. Les investisseurs attendent donc. Le paradoxe est cruel : le gouvernement promet en parallèle une électrification massive de l’économie, au sortir d’un été de canicule.
Côté particuliers, le signal n’est guère meilleur. Depuis le 5 juin 2026, le tarif de rachat du surplus pour les installations de moins de 9 kWc est tombé à 1,1 centime par kWh et la prime à l’autoconsommation a disparu, soit selon notre estimation près de 600 euros de gain en moins la première année sur une installation de 6 kWc. Les petites entreprises encaissent le choc : dans une enquête menée fin 2025 auprès de 351 installateurs du résidentiel, 22 % envisageaient de licencier en 2026, après avoir déjà perdu près de 6 % de leurs emplois depuis fin 2024.
Si votre installateur ferme, voici ce qui reste couvert
Face à une liquidation, les garanties portées par l’entreprise s’éteignent avec elle, celles portées par un assureur ou un fabricant continuent de courir.
| Garantie | Durée | Qui paie | Si l’installateur disparaît |
|---|---|---|---|
| Parfait achèvement | 1 an après réception | L’installateur | Perdue en pratique |
| Bon fonctionnement (biennale) | 2 ans | L’installateur | Généralement perdue |
| Décennale | 10 ans | L’assureur de l’installateur | Maintenue si l’attestation couvrait votre chantier |
| Garantie produit des panneaux | Souvent 12 à 25 ans | Le fabricant | Maintenue, main-d’œuvre à votre charge |
| Garantie de performance | 25 à 30 ans | Le fabricant | Maintenue |
| Garantie de l’onduleur | 10 à 25 ans selon la technologie | Le fabricant | Maintenue, dépose et pose à votre charge |
La décennale est votre meilleure protection, à condition que l’attestation soit valable à la date d’ouverture du chantier et mentionne explicitement l’activité photovoltaïque. Si l’installation est financée par un crédit affecté, le Code de la consommation lie son sort à celui du contrat de vente : lorsque la vente est résolue ou annulée, le crédit l’est aussi de plein droit, et les tribunaux sanctionnent régulièrement les prêteurs qui débloquent les fonds sans vérifier que les travaux sont terminés.
Cas type : jusqu’à 3 600 euros exposés sur un chantier de 6 kWc
Prenons un foyer qui signe pour une installation de 6 kWc à environ 12 000 euros TTC et verse un acompte de 30 %. Si l’entreprise est placée en liquidation avant la pose, ce sont 3 600 euros qui sont en jeu. Le client doit déclarer sa créance auprès du mandataire judiciaire dans les deux mois qui suivent la publication du jugement au BODACC. Mais il passe après les salariés, le fisc et les créanciers garantis, et ne récupère souvent qu’une faible part de la somme, voire rien.
Autre scénario, plus fréquent : l’installation fonctionne, mais l’onduleur lâche la troisième année et l’installateur n’existe plus. La pièce reste couverte par le fabricant, mais il faut trouver un autre professionnel pour le diagnostic, la dépose et la pose. Comptez de l’ordre de 300 à 600 euros de main-d’œuvre, et des délais parfois longs, car beaucoup d’entreprises rechignent à reprendre le chantier d’un confrère.
Les bons réflexes pour signer sereinement en 2026
La crise ne remet pas en cause l’intérêt du solaire : avec une installation bien dimensionnée, l’autoconsommation reste le moyen le plus direct de réduire sa facture d’électricité. Elle impose simplement de choisir son partenaire avec plus de soin qu’avant. Avant de signer, vérifiez sur Infogreffe ou le BODACC que l’entreprise ne fait pas l’objet d’une procédure collective, contrôlez sa qualification RGE QualiPV sur l’annuaire France Rénov’ et exigez son attestation décennale nominative.
Côté paiement, un acompte limité et des versements échelonnés vous protègent bien plus qu’une remise commerciale. L’idéal est de conserver le solde jusqu’à l’attestation Consuel et la mise en service. En cas de démarchage à domicile, rappelez-vous qu’aucun paiement ne peut être exigé pendant les sept jours qui suivent la signature.
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