La fin de la revente solaire pousse les foyers vers l’autoconsommation, batterie et pompe à chaleur en première ligne

Le tarif de rachat du surplus solaire est tombé à 1,1 centime par kWh, tandis que le prix de l'électricité a augmenté de 2,5% en août. Pour les propriétaires équipés de panneaux, la logique s'inverse : revendre ne rapporte quasiment plus rien, consommer sa propre production devient rentable. Chiffrage à l'appui, voici comment adapter son installation sans toucher aux panneaux.

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Si vous avez des panneaux solaires, gardez votre électricité pour vous. C’est devenu, depuis cet été, le calcul le plus rentable pour n’importe quel foyer équipé, et ce n’est plus une question d’écologie mais d’arithmétique pure.

Deux décisions prises à quelques semaines d’écart ont changé la donne. D’un côté, l’arrêté tarifaire S21 a fait chuter le rachat du surplus solaire à 1,1 centime d’euro par kWh depuis le 5 juin 2026, contre près de 4 centimes auparavant. De l’autre, le tarif réglementé de l’électricité a augmenté de 2,5% au 1er août 2026, ce qui représente environ 26 euros de plus par an sur une facture moyenne. Résultat : chaque kWh solaire revendu rapporte presque rien, et chaque kWh acheté au réseau coûte un peu plus cher qu’avant. La rentabilité d’une installation solaire ne se joue plus sur la revente, elle se joue désormais sur ce que le foyer arrive à consommer lui-même.

Le tarif de rachat a été divisé par quatre en trois mois

Publié au Journal officiel le 4 juin 2026, l’arrêté du 1er juin 2026 a remplacé l’ancienne grille trimestrielle de rachat par un tarif unique fixé à 1,1 c€/kWh hors taxes pour les installations jusqu’à 100 kWc sur bâtiment, hangar ou ombrière. Ce tarif est indexé de 2% par an sur les vingt années du contrat d’obligation d’achat, ce qui le porte mécaniquement à environ 1,31 c€/kWh en année 10. La prime à l’autoconsommation, qui pouvait représenter plusieurs centaines d’euros au moment de l’installation, disparaît également pour toute nouvelle demande de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026. Seules les installations dont le dossier complet a été déposé avant cette date conservent l’ancien régime, prime comprise.

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Ce changement ne s’applique pas aux installations déjà raccordées avant juin, mais il redéfinit la rentabilité de tout projet lancé depuis cet été et la stratégie à adopter avec une installation existante : chaque kWh injecté sur le réseau plutôt que consommé sur place devient une occasion manquée.

Ce que ça donne sur une installation type de 6 kWc

Pour mesurer l’écart, ECOinfos a simulé deux scénarios pour un foyer équipé d’une installation de 6 kWc produisant environ 7 000 kWh par an, une puissance courante pour une maison individuelle. Le premier scénario correspond à une installation classique, sans pilotage particulier de la consommation, où environ 30% de la production est consommée directement et le reste revendu. Le second correspond à une installation pilotée, où batterie et pompe à chaleur absorbent la production en journée pour porter l’autoconsommation à 70%, un niveau atteignable avec un dimensionnement adapté au profil du foyer.

Sans pilotage (autoconsommation 30%)Avec pilotage (autoconsommation 70%)
Électricité consommée sur place2 100 kWh4 900 kWh
Électricité revendue4 900 kWh2 100 kWh
Revenu de la revente (1,1 c€/kWh)~54 €/an~23 €/an
Achat au réseau évité (20,01 c€/kWh)~420 €/an~980 €/an
Gain annuel total~474 €/an~1 004 €/an

Sur cette base, le passage de 30% à 70% d’autoconsommation représente un gain net d’environ 530 euros par an, sans changer un seul panneau, uniquement en pilotant mieux la consommation. Cette simulation, une estimation éditoriale ECOinfos construite à partir des tarifs officiels TRVE et EDF OA, ne remplace pas une étude de dimensionnement personnalisée.

Batterie solaire et pompe à chaleur, les deux équipements qui font ce travail

Deux équipements permettent concrètement d’opérer ce basculement. La batterie solaire stocke l’électricité produite en milieu de journée, au moment où la maison consomme le moins, pour la restituer le soir au moment des pics de consommation : cuisine, éclairage, appareils électroménagers. C’est le levier le plus direct pour ne plus revendre à 1,1 centime une électricité qui pourrait être utilisée quelques heures plus tard.

La pompe à chaleur joue un rôle différent mais complémentaire. C’est souvent le poste de consommation électrique le plus important d’un foyer, ce qui en fait l’équipement le plus efficace pour absorber directement la production solaire en journée, sans même passer par une batterie : chauffe de l’eau chaude sanitaire ou relance du chauffage pendant les heures ensoleillées, plutôt que le soir ou la nuit. Un foyer qui pilote sa pompe à chaleur sur les heures de production solaire peut ainsi absorber plusieurs milliers de kWh par an qui, sans cela, partiraient sur le réseau à 1,1 centime le kWh.

Ce qu’il faut vérifier avant de changer quoi que ce soit

Cette bascule ne s’improvise pas. Le dimensionnement d’une batterie dépend du profil de consommation réel du foyer, pas seulement de la taille de l’installation : trop grande, elle coûte cher et rallonge le retour sur investissement, trop petite, elle ne change rien au constat. Pour une pompe à chaleur déjà installée, le pilotage suppose généralement un programmateur ou une box domotique capable de synchroniser son fonctionnement avec les heures de production, sans besoin de remplacer l’équipement.

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Il faut aussi vérifier la date de dépôt de son dossier de raccordement. Les installations raccordées avant le 5 juin 2026 conservent l’ancien tarif de rachat et, le cas échéant, la prime à l’autoconsommation, ce qui change l’équation par rapport aux chiffres présentés ici. Le nouveau contexte tarifaire concerne avant tout les projets lancés depuis cet été et les foyers qui cherchent à optimiser une installation existante sans attendre le renouvellement de leur contrat EDF OA.


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