Pourquoi les États-Unis et l’Europe veulent bannir les onduleurs solaires chinois ?

La guerre technologique entre la Chine et les pays occidentaux vient de trouver un nouveau terrain d'affrontement : l'onduleur solaire. Cet appareil, pourtant méconnu du grand public, est en train de devenir un enjeu de souveraineté énergétique majeur.

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Washington et Bruxelles envisagent tous deux de fermer la porte aux équipements fabriqués en Chine, une décision qui pourrait bouleverser le marché du photovoltaïque résidentiel dans les mois à venir.

Ce que prépare Washington

Selon plusieurs sources proches du dossier, la Federal Communications Commission américaine travaille actuellement sur un projet de réglementation visant à interdire l’importation d’onduleurs solaires fabriqués en Chine. L’annonce officielle pourrait intervenir dès la fin de l’année 2026. L’argument avancé n’est pas économique mais sécuritaire : ces appareils, connectés en permanence au réseau électrique, sont perçus comme une porte d’entrée potentielle pour des cyberattaques ou des perturbations à distance. 

Washington cherche ainsi à limiter les risques que ferait peser Pékin sur la stabilité du réseau électrique national. Il faut dire que la dépendance est réelle : près d’un quart des onduleurs importés aux États-Unis en 2024 provenaient de fabricants chinois.

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L’Europe avait déjà ouvert la voie

Cette offensive américaine ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans le prolongement d’une décision prise par la Commission européenne en mai dernier, qui a exclu les onduleurs chinois des projets énergétiques financés sur fonds publics. 

L’Union européenne avait alors invoqué les mêmes préoccupations : la crainte qu’un fabricant étranger puisse, en théorie, agir sur des dizaines de milliers d’installations solaires simultanément. Deux géants du secteur sont directement visés par ces mesures, Huawei et Sungrow, qui occupent à eux deux une part considérable du marché mondial grâce à des prix particulièrement compétitifs.

Un secteur qui réagit déjà en bourse

Les marchés financiers n’ont pas attendu la confirmation officielle pour réagir. Le 30 juin 2026, les actions d’Enphase Energy, fabricant américain spécialisé dans les micro-onduleurs, ont bondi de plus de 6 %. Même mouvement pour SolarEdge et pour Shoals Technologies, un fournisseur de systèmes électriques dédiés au solaire. 

Ces hausses traduisent un pari assez simple de la part des investisseurs : si les équipements chinois disparaissent du marché occidental, ce sont les fabricants américains et européens qui devraient récupérer les parts de marché laissées vacantes, avec à la clé des prix de vente plus élevés. Un signal qui en dit long sur la manière dont l’industrie anticipe déjà ce basculement.

Ce que cela change pour votre installation solaire

Pour un propriétaire qui envisage de faire poser des panneaux photovoltaïques, ces annonces ne sont pas de simples péripéties géopolitiques. Elles peuvent avoir des conséquences très concrètes sur le choix du matériel proposé par votre installateur.

Prenons l’exemple d’un particulier en train de comparer deux devis pour une installation de 6 kWc : l’un avec un onduleur Huawei à un tarif attractif, l’autre avec un modèle européen légèrement plus onéreux. Dans un contexte où la disponibilité future des pièces détachées et le service après-vente des marques chinoises pourraient devenir incertains en cas de restrictions commerciales, privilégier un fabricant implanté en Europe peut s’avérer un choix plus prudent sur le long terme. 

Il ne s’agit pas de céder à la panique, la France n’a pour l’instant pris aucune mesure similaire à celle de ses voisins européens ou américains, mais il est utile de garder cet élément en tête au moment de signer un devis.

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Rien n’indique, à ce stade, que les installations déjà équipées d’un onduleur chinois seraient concernées par une quelconque obligation de remplacement. Les mesures évoquées visent avant tout les nouveaux modèles mis sur le marché, et concernent en priorité les grands projets publics ou les marchés américains et britanniques. 

Pour un particulier français, la vigilance reste donc de mise sans qu’il y ait matière à s’alarmer immédiatement. En revanche, la tendance est claire : la question de l’origine des composants électroniques va peser de plus en plus lourd dans les critères de sélection des équipements solaires, au même titre que le prix ou la performance. Les fabricants européens et américains, eux, ont tout intérêt à mettre en avant cette dimension dans leur communication, un argument commercial qui pourrait rapidement devenir un argument de vente à part entière.


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