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- Marine Tondelier défend une souveraineté énergétique fondée sur le 100% renouvelable
- Un mix électrique fondé sur le renouvelable, sans relance nucléaire
- Des leviers financiers et territoriaux pour accélérer le déploiement
- Le stockage, pilier de la résilience selon les écologistes
- Reconstruire une industrie européenne des renouvelables
- Une démocratie énergétique portée par les territoires
Marine Tondelier défend une souveraineté énergétique fondée sur le 100% renouvelable
Invitée aux Entretiens de Terra Nova, un nouveau rendez-vous organisé avec POLITICO France à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Marine Tondelier a placé les énergies renouvelables au cœur de la stratégie écologique qu’elle entend défendre. Face à elle, plusieurs figures de la social-démocratie, dont François Hollande, Bernard Cazeneuve et Boris Vallaud, ont au contraire plaidé pour la poursuite du programme électronucléaire, révélant une fracture nette au sein de la gauche progressiste sur la question énergétique. La secrétaire nationale des Écologistes a structuré son intervention autour de trois objectifs : respecter les accords de Paris, préserver la souveraineté française et européenne, et conduire une transition juste et démocratique. Dans cette architecture, les renouvelables occupent une place centrale, à la fois comme outil de décarbonation, de résilience et d’émancipation énergétique.
Un mix électrique fondé sur le renouvelable, sans relance nucléaire
Pour Marine Tondelier, la souveraineté ne passe pas par une relance du nucléaire, mais par un basculement progressif vers un mix énergétique 100% renouvelable. Elle défend cette trajectoire comme la solution la moins coûteuse et la plus résiliente. À ses yeux, la France doit sortir de sa dépendance aux combustibles importés, y compris à l’uranium, dont elle rappelle que la dernière mine française a fermé en 2001. Elle souligne ainsi que l’indépendance énergétique souvent associée au nucléaire est, selon elle, largement contestable, dans la mesure où le combustible reste importé même lorsque l’enrichissement s’effectue sur le territoire national.
Cette position tranche avec celle défendue par d’autres personnalités présentes au débat. Boris Vallaud, s’il place lui aussi les renouvelables au cœur du mix, soutient un nouveau programme électronucléaire de six à huit EPR comme énergies passerelles, tandis que François Hollande a appelé à faire monter simultanément nucléaire et renouvelables.
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Des leviers financiers et territoriaux pour accélérer le déploiement
Afin d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables, Marine Tondelier propose plusieurs leviers concrets. Elle évoque notamment la création d’un prêt à taux zéro de la Caisse des dépôts et consignations, pouvant couvrir jusqu’à 60% du coût des nouveaux projets ENR. Elle plaide également pour une territorialisation des objectifs, afin que chaque région puisse identifier les technologies les mieux adaptées à ses ressources :
- le solaire dans les territoires les plus ensoleillés
- l’éolien offshore sur les façades maritimes
- le biométhane dans les zones à forte activité agricole
Cette approche doit s’accompagner d’objectifs annuels clairs en matière de nouvelles capacités installées et de stockage.
Le stockage, pilier de la résilience selon les écologistes
Le stockage constitue un élément essentiel de cette vision. Marine Tondelier conteste l’idée selon laquelle la variabilité des renouvelables imposerait un socle nucléaire. Selon elle, l’éolien offshore, le stockage et le thermique renouvelable peuvent assurer la résilience du système électrique, comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays européens. Cet argument reste toutefois disputé par les partisans du nucléaire, qui considèrent qu’un socle piloté demeure nécessaire pour sécuriser l’approvisionnement lors des pics de consommation.
Reconstruire une industrie européenne des renouvelables
La responsable écologiste insiste aussi sur la dimension industrielle de cette transition. Elle reconnaît la dépendance actuelle à la Chine pour certains composants, notamment solaires ou éoliens, mais y voit précisément une raison de reconstruire une industrie européenne des renouvelables. Commande publique, soutien fiscal, mobilisation de l’épargne et investissements dans la recherche doivent, selon elle, permettre de défendre les entreprises produisant en France et en Europe.
Une démocratie énergétique portée par les territoires
Enfin, Marine Tondelier défend une démocratie énergétique fondée sur les territoires et les citoyens. Elle appelle à créer un cadre juridique et financier permettant le déploiement de 10 000 communautés énergétiques renouvelables citoyennes, où habitants et entreprises pourraient produire, consommer, partager et bénéficier directement de leur propre énergie renouvelable. Cette proposition s’inscrit dans un mouvement déjà amorcé en France et en Europe, où plusieurs collectivités expérimentent des modèles de production et de partage locaux, sans toutefois atteindre à ce jour l’échelle envisagée par les Écologistes.

