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Un débat à moins d’un an de la présidentielle
L’événement, organisé le 22 juin 2026 au Beffroi de Montrouge, réunissait six personnalités de la gauche progressiste, déclarées ou pressenties pour la course à l’Élysée : François Hollande, Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud, Bernard Cazeneuve, Marine Tondelier et Delphine Batho. Terra Nova avait posé une question simple en apparence mais politiquement clivante : quelle politique énergétique pour la France de l’après-2027.
Tous se sont retrouvés sur un socle commun, à savoir la nécessité de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles et de produire une électricité bas carbone. Mais ce consensus de façade masque des désaccords profonds, en particulier sur la place à accorder au nucléaire et sur le financement de la transition. Pour l’ancien président de la République, la question ne se pose plus dans les mêmes termes qu’en 2012 : la guerre en Ukraine, les tensions géopolitiques et l’urgence climatique ont profondément changé la donne, justifiant selon lui un retour de l’État stratège dans la planification énergétique.
« Faire monter nucléaire et renouvelables en même temps »
Sur le fond, François Hollande refuse l’idée d’un choix exclusif entre les deux filières. « Nous avons besoin de faire monter nucléaire et énergies renouvelables en même temps », a-t-il résumé devant l’auditoire de Terra Nova. Il souhaite que la France conserve un socle nucléaire solide, en prolongeant la durée de vie des centrales existantes et en engageant la construction de nouveaux réacteurs, tout en précisant vouloir « faire en sorte que les prochains EPR, pas tous, mais au moins deux ou quatre d’entre eux puissent être menés à bien ».
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Cette position le rapproche de Bernard Cazeneuve, qui a lui aussi défendu un « effort simultané » sur le nucléaire et le renouvelable, en y ajoutant les réacteurs à neutrons rapides et les énergies renouvelables non électriques. Elle diffère en revanche de celle de Boris Vallaud, pour qui le cœur du mix électrique doit rester les renouvelables, jugées moins coûteuses et plus rapidement mobilisables que de nouvelles infrastructures nucléaires, même si le chef des députés socialistes ne ferme pas la porte à un programme de 6 à 8 EPR conçus comme des « énergies passerelles ».
Le tableau ci-dessous synthétise les positions exprimées par les principaux intervenants sur l’articulation nucléaire-renouvelable.
| Personnalité | Ligne défendue | Position sur le nucléaire |
|---|---|---|
| François Hollande | Faire monter nucléaire et renouvelable ensemble | 2 à 4 nouveaux EPR, prolongation des centrales existantes |
| Bernard Cazeneuve | Effort simultané sur les deux filières | 6 nouveaux EPR, réacteurs à neutrons rapides |
| Boris Vallaud | Renouvelable au cœur du mix, nucléaire en complément | 6 à 8 EPR comme « énergies passerelles », prolongation à 60 ans |
| Raphaël Glucksmann | Priorité à la « libération énergétique » vis-à-vis du gaz et du pétrole | Non détaillé dans les échanges publics disponibles |
Les positions de Marine Tondelier et Delphine Batho, davantage orientées vers un mix 100 % renouvelable, voire une trajectoire de décroissance énergétique pour l’une d’entre elles, n’ont pas pu être attribuées avec certitude à ce stade et méritent vérification avant toute citation individuelle.
Accélérer les procédures plutôt que revoir les objectifs
Sur les renouvelables proprement dites, François Hollande insiste moins sur le niveau des objectifs affichés par le gouvernement que sur les délais de réalisation des projets. Il cite l’éolien en mer comme une filière particulièrement avantageuse pour la France, et défend également le solaire malgré les difficultés industrielles liées à la concurrence internationale sur les panneaux photovoltaïques. L’hydraulique est présentée comme un atout stratégique, à la fois pour son coût maîtrisé et sa flexibilité en période de tension sur le réseau électrique.
Interrogé sur les volumes de développement annoncés par l’exécutif, l’ancien président reconnaît qu’ils peuvent constituer une base de travail, mais pointe surtout la lenteur d’exécution. Il observe que des projets réalisés en quatre ans dans d’autres pays européens nécessitent souvent deux à trois années supplémentaires en France, du fait des procédures administratives et des recours. Pour lui, l’enjeu prioritaire n’est donc pas de rehausser encore les objectifs chiffrés, mais de créer les conditions d’une exécution rapide, ce qui suppose une simplification réelle des autorisations environnementales et du raccordement au réseau.
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François Hollande accorde une place particulière au stockage d’électricité, qu’il considère comme susceptible de changer durablement le regard porté sur les énergies renouvelables. Longtemps critiquées pour leur intermittence, ces filières pourraient devenir plus pilotables grâce aux batteries et à d’autres solutions de flexibilité, un argument que la baisse continue des coûts de production renouvelable vient renforcer selon lui. Cette évolution technologique, si elle se confirme, lèverait l’un des principaux freins historiquement opposés au développement massif du solaire et de l’éolien : leur incapacité à répondre à la demande en continu.
L’ancien président appelle enfin à faire émerger une véritable filière industrielle française et européenne du renouvelable. Il reconnaît un retard pris sur certains segments, notamment la fabrication de panneaux photovoltaïques, mais estime que la France conserve des atouts réels en matière d’innovation, d’hydraulique, de biomasse, d’hydrogène, de stockage et d’ingénierie. Selon lui, ces filières peuvent devenir une chance industrielle pour le pays, à condition d’investir, de former les compétences nécessaires et de soutenir les nombreuses entreprises du secteur, des grands groupes jusqu’aux PME innovantes.

