Présidentielle 2027 : ce que les candidats devront dire sur l’énergie

À sept mois de l'échéance, le Syndicat des énergies renouvelables et La Tribune lancent la « Grande Tribune présidentielle 2027 sur l'énergie ». Le 29 septembre 2026, à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris, les principaux candidats déclarés ou pressentis viendront exposer leur vision énergétique devant près de 1 000 acteurs du secteur. Un rendez-vous qui promet de mettre en lumière les fractures de la campagne.

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Un partenariat inédit à sept mois de la présidentielle

Le rapprochement entre le SER et le groupe de presse propriétaire de La Tribune constitue une première du genre dans le secteur. Il prendra la forme d’une séquence dédiée, la Grande Tribune présidentielle, intégrée au 27e colloque annuel du syndicat. L’objectif affiché est de réunir sur une même scène les candidats déclarés ou pressentis pour les faire s’exprimer sur un sujet appelé à structurer le prochain quinquennat : l’avenir énergétique de la France.

La séquence sera animée par Bruno Jeudy, directeur de la publication délégué de La Tribune Dimanche et chroniqueur politique, et par Juliette Raynal, journaliste spécialisée dans l’énergie. Pour Jules Nyssen, président du SER, l’énergie se situe « au cœur des décisions politiques et économiques de demain », et cette tribune doit offrir aux acteurs comme aux Français une meilleure lecture des orientations défendues par les candidats. Jean-Christophe Tortora, directeur général délégué de CMA Media, y voit une contribution à un débat « ouvert et utile » sur l’un des enjeux majeurs de la campagne.

Un débat qui prolonge une séquence déjà entamée

L’initiative n’arrive pas dans le vide. Les 22 et 23 juin 2026, à l’invitation du think tank Terra Nova puis de l’Union française de l’électricité, plusieurs candidats à 2027 avaient déjà débattu de l’énergie pour la première fois. Au colloque de l’UFE, neuf candidats étaient présents sur scène, sur la vingtaine de personnalités déclarées à ce stade. Ces premiers échanges avaient surtout révélé la persistance de divergences profondes, alors même que le ministre chargé de l’énergie de l’époque appelait à « enterrer » l’opposition entre nucléaire et renouvelables.

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La Grande Tribune du SER s’inscrit dans le prolongement direct de cette dynamique, mais avec une portée supérieure. Là où juin réunissait surtout des figures de gauche et du centre, le rendez-vous de septembre a vocation à rassembler l’ensemble du spectre des candidats déclarés ou pressentis, dans un cadre professionnel et à quelques mois seulement du premier tour. C’est ce positionnement qui en fait, selon les organisateurs, l’un des premiers grands temps de débat énergétique de la campagne.

Nucléaire contre renouvelables, la ligne de fracture qui structurera l’échange

Le principal intérêt de l’exercice tient aux clivages qu’il va exposer. Les positions exprimées lors des débats de juin 2026 laissent présager une confrontation nette sur la place du nucléaire et le rythme de déploiement des renouvelables. Le tableau ci-dessous synthétise les orientations défendues par les principales forces politiques à cette occasion, sous réserve d’évolutions d’ici l’automne.

Force politiqueNucléaireÉnergies renouvelables
La France insoumiseSortie progressive, mix visé à terme sans atomeObjectif d’un mix électrique 100 % renouvelable à terme
Les ÉcologistesProlongation du parc existant, atome jugé trop cher et trop lentDéploiement le plus rapide possible, cap sur le 100 % à terme
Parti socialisteProlongation jusqu’à 60 ans (consensus), nombre d’EPR2 non tranché« Autant que possible », en complément du nucléaire
Les RépublicainsProlongation, 6 EPR2 et relance des réacteurs à neutrons rapidesProposition d’abolir la PPE3 et de supprimer les soutiens
Rassemblement nationalRelance de la filièreVolonté d’arrêter les projets renouvelables

Ce panorama illustre pourquoi l’énergie promet d’être l’un des sujets les plus polarisants de la campagne. Entre les tenants d’un système reposant à terme sur les seules renouvelables et ceux qui défendent une relance nucléaire assortie d’un coup d’arrêt aux aides, l’écart est tel qu’il paraît, pour l’heure, difficilement réductible. La Grande Tribune du SER offrira aux professionnels une occasion rare de mesurer, en direct, la solidité et la faisabilité de ces trajectoires.

Un colloque devenu un rendez-vous incontournable du secteur

Placée cette année sous le thème « Construire aujourd’hui le futur de l’énergie », l’édition 2026 marque aussi un changement de lieu, avec l’installation du colloque à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Le SER attend près de 1 000 participants issus des mondes politique, économique, industriel et institutionnel, ce qui confirme la place de l’événement parmi les principaux rendez-vous annuels de la filière.

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Au-delà de la séquence présidentielle, le programme prévoit des interventions de personnalités de premier plan, parmi lesquelles figurent des dirigeants d’institutions financières et industrielles de référence. Le syndicat entend rappeler à cette occasion que les renouvelables ne se résument pas à un levier de décarbonation, mais constituent aussi un enjeu de réindustrialisation, d’aménagement du territoire et de maîtrise des coûts de l’énergie. Un message que la filière cherchera clairement à faire entendre avant que les arbitrages du prochain quinquennat ne se dessinent.

Ce que cette tribune peut changer pour la filière

Pour les acteurs des énergies renouvelables, l’enjeu dépasse le simple spectacle politique. Les choix qui seront arbitrés après 2027, sur le volume des appels d’offres solaires et éoliens, le maintien ou non des mécanismes de soutien, ou encore la trajectoire de la programmation pluriannuelle de l’énergie, conditionneront directement la visibilité économique de milliers d’entreprises. Obtenir des candidats des engagements clairs, ou à défaut identifier les zones d’incertitude, constitue donc un intérêt concret pour les installateurs, les développeurs et les producteurs. C’est précisément cette lisibilité que la Grande Tribune ambitionne d’apporter, sept mois avant que les électeurs ne tranchent.


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