Les grands parkings de supermarchés devront produire leur électricité dès demain ?

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À partir de ce 1er juillet 2026, une nouvelle échéance de la loi APER entre en vigueur en France. Les parcs de stationnement extérieurs de plus de 10 000 mètres carrés, ceux des grandes surfaces, centres commerciaux et zones commerciales, doivent désormais être couverts d’ombrières photovoltaïques sur la moitié de leur surface. Une obligation qui va transformer durablement le visage de ces immenses étendues de bitume.

Une obligation qui entre en vigueur ce 1er juillet

Cette échéance ne sort pas de nulle part. Elle découle directement de la loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables, dite loi APER, votée en mars 2023, et précisée par un décret publié en novembre 2024. Le texte impose aux parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 mètres carrés d’intégrer des ombrières recouvertes de panneaux solaires sur au moins 50 % de leur superficie.

Le calendrier d’application a été pensé de manière progressive. Les parkings les plus vastes, ceux dépassant 10 000 mètres carrés, doivent se mettre en conformité dès ce 1er juillet 2026. Les parcs de taille intermédiaire, entre 1 500 et 10 000 mètres carrés, bénéficient quant à eux d’un délai supplémentaire, jusqu’au 1er juillet 2028.

Une première opération qui change de dimension

Pourquoi cette échéance maintenant ?

Cette progressivité s’explique par une logique simple : commencer par les surfaces qui présentent le plus fort potentiel de production électrique, avant d’étendre l’obligation à un nombre beaucoup plus large d’établissements. La même loi APER avait déjà introduit, dès l’été 2023, l’obligation de solarisation pour les parkings neufs, ainsi qu’un premier palier à 30 % pour les toitures des bâtiments commerciaux et industriels nouvellement construits.

D’ailleurs, le taux de couverture exigé sur les toitures neuves augmente lui aussi ce 1er juillet, passant de 30 % à 40 % de la surface, avant d’atteindre 50 % en 2027. Deux obligations distinctes, l’une sur les toitures, l’autre sur les parkings, mais qui poursuivent le même objectif : transformer chaque mètre carré disponible en source d’électricité renouvelable.

Ce que cela représente en surface et en puissance

L’ampleur du chantier donne le vertige. Selon les estimations du Perifem, le groupement qui représente les grandes enseignes de distribution comme Carrefour, Leclerc, Lidl ou Intermarché, ce sont environ 21 000 parkings qui sont concernés par cette obligation, pour une surface totale avoisinant les 70 millions de mètres carrés à équiper de panneaux solaires. L’investissement annuel nécessaire à l’échelle nationale est estimé à près de 2 milliards d’euros.

Carrefour illustre concrètement cette dynamique. Sur le parking d’un de ses magasins à Marly, dans le Nord, 78 places de stationnement ont récemment été recouvertes d’ombrières photovoltaïques sur une surface de près de 1 900 mètres carrés, pour une puissance installée de 376 kilowatts crête. Cette seule installation produit chaque année de quoi couvrir jusqu’à un tiers des besoins électriques du magasin, consommée directement sur place. L’enseigne prévoit d’équiper ainsi 350 parkings à travers la France.

Les sanctions en cas de non-conformité

Les gestionnaires qui ne respecteraient pas l’échéance s’exposent à des sanctions financières conséquentes. Le montant de l’amende administrative peut atteindre 40 000 euros par an pour les parcs de stationnement de plus de 10 000 mètres carrés, et 20 000 euros par an pour les surfaces comprises entre 1 500 et 10 000 mètres carrés. Ces pénalités s’appliquent tant que la mise en conformité n’est pas effective.

Des reports peuvent toutefois être accordés sous conditions strictes, notamment lorsque le gestionnaire justifie d’un contrat d’engagement signé avant une date butoir avec un acompte versé, portant sur des panneaux solaires considérés comme plus performants et résilients. Plusieurs fédérations de la grande distribution ont par ailleurs contesté la méthode de calcul de la surface à couvrir, jugée trop contraignante, sans toutefois obtenir l’annulation du dispositif.

Un impact qui dépasse les commerces

Au-delà de la seule conformité réglementaire, cette vague de solarisation va modifier en profondeur le paysage des zones commerciales françaises. Les ombrières offrent un double avantage : elles protègent les véhicules du soleil et des intempéries tout en produisant de l’électricité directement consommée sur place, ce qui limite les pertes liées au transport sur le réseau.

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Cette électricité produite localement peut également servir à alimenter les bornes de recharge pour véhicules électriques de plus en plus présentes sur ces parkings, créant une boucle vertueuse entre production solaire et mobilité décarbonée. À l’échelle nationale, ces 70 millions de mètres carrés de parkings solarisés représentent un gisement considérable pour accélérer la trajectoire de production d’énergie renouvelable fixée par la programmation pluriannuelle de l’énergie.

Dans les prochains mois, les automobilistes qui se garent sur les parkings des plus grandes enseignes commerciales devraient donc voir apparaître, au-dessus de leur véhicule, des structures métalliques recouvertes de panneaux solaires, symboles visibles d’une transition énergétique qui s’invite jusque dans les zones commerciales les plus banales du quotidien.


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