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Ce que prévoit le projet de décret
Selon des documents révélés par plusieurs professionnels du secteur, le gouvernement souhaite réserver l’essentiel du financement public à la rénovation d’ampleur, c’est-à-dire à des chantiers globaux et coordonnés, plutôt qu’à des interventions ponctuelles réalisées travaux par travaux.
Concrètement, à partir du 1er septembre prochain, les aides « par geste » disparaîtraient pour l’isolation des combles, des toitures et des fenêtres, pour les systèmes de ventilation, ainsi que pour les poêles à bois ou à granulés. Ces travaux ne pourraient plus être financés que dans le cadre d’un parcours de rénovation globale, nettement plus lourd à monter et plus coûteux à engager pour un ménage.
Le solaire thermique directement visé
Parmi les équipements qui perdraient leur éligibilité au parcours par geste figurent aussi certains dispositifs solaires de production d’eau chaude, comme les systèmes solaires combinés. Cette catégorie d’équipements, qui permettait à de nombreux foyers de s’initier à la rénovation énergétique par un premier geste accessible, se retrouverait de fait hors de portée pour ceux qui ne peuvent pas se lancer dans une rénovation complète de leur logement.
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Un changement qui touche directement la filière solaire thermique, déjà fragilisée par plusieurs années d’ajustements successifs des dispositifs de soutien.
La colère des professionnels du bâtiment
Cette annonce n’est pas passée inaperçue du côté des artisans. La CAPEB, qui représente les entreprises du bâtiment, a vivement réagi par la voix de son président, Jean-Christophe Repon, en dénonçant une décision incompréhensible au moment même où la France traverse des épisodes caniculaires à répétition. Son argument tient en une phrase : le pire ennemi de la rénovation n’est pas le monogeste, c’est l’absence totale de travaux. Selon lui, en demandant aux ménages de tout entreprendre d’un seul coup, le gouvernement prend le risque de voir beaucoup de foyers renoncer purement et simplement à rénover leur logement, faute de moyens suffisants pour financer un chantier global.
Du côté des acteurs de l’accompagnement à la rénovation, on redoute également un effet pervers immédiat, celui d’un afflux massif de demandes de dernière minute sur les travaux bientôt exclus, qui viendrait engorger un dispositif déjà connu pour ses délais de traitement à rallonge.
Ce qui resterait accessible après le 1er septembre
Il ne s’agit pas d’une suppression totale de MaPrimeRénov’, mais d’un recentrage du dispositif vers les rénovations globales, avec un gain d’au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique. Pour les ménages qui ont les moyens et la capacité d’engager ce type de chantier, rien ne change vraiment.
En revanche, pour tous ceux qui souhaitaient avancer progressivement, en isolant d’abord les combles avant de s’attaquer plus tard au chauffage par exemple, la marche devient nettement plus haute à franchir. Reste une piste évoquée par certains professionnels, celle des certificats d’économies d’énergie, financés par les fournisseurs d’énergie et non par le budget de l’État, qui pourraient dans certains cas prendre le relais pour continuer à soutenir les travaux par geste. Rien n’est toutefois garanti à ce stade, et ce dispositif obéit à ses propres règles, distinctes de celles de MaPrimeRénov’.
Comment sécuriser votre dossier avant l’échéance ?
Si vous avez un projet de rénovation par geste en tête, qu’il s’agisse d’isolation, d’un poêle à bois ou d’un chauffe-eau solaire, la priorité est désormais de signer votre devis avant le 1er septembre 2026. C’est en effet la date d’engagement de l’opération qui déterminera les règles applicables à votre dossier, et non la date de réalisation des travaux.
Prenez le temps de vérifier auprès de votre artisan RGE que votre demande d’aide est bien déposée avant cette échéance, car un dossier incomplet ou tardif pourrait basculer sous le nouveau régime, beaucoup moins favorable pour ce type de travaux ponctuels.
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Imaginons un propriétaire qui envisageait de faire isoler ses combles perdus à l’automne, en attendant tranquillement la fin des grosses chaleurs pour lancer les travaux : avec ce changement de règles, il a désormais tout intérêt à accélérer son projet et à obtenir un devis signé avant la rentrée, sous peine de voir sa prime fondre, voire disparaître totalement.
Attention cependant à ne pas céder à la précipitation face à des offres commerciales qui joueraient sur l’urgence pour vous pousser à signer dans la hâte. Prenez le temps de comparer plusieurs devis, de vérifier la certification RGE de votre artisan, et gardez à l’esprit que ces annonces reposent pour l’instant sur un projet de décret qui doit encore être officiellement confirmé dans les prochaines semaines.

