Montrer le sommaire Cacher le sommaire
- Un record mondial installé sur l’antre du bvb
- Ce que produit réellement l’installation
- Des panneaux bifaciaux entièrement noirs pour ne pas dénaturer le stade
- RWE et JA : le duo technique derrière le projet
- Un signal fort à l’heure d’un mondial 2026 ultra-polluant
- dortmund n’est pas seul : le club des stades solaires
- Ce que les clubs et les collectivités peuvent en retenir
- Rendez-vous à intersolar 2026
Un record mondial installé sur l’antre du bvb
Le Signal Iduna Park n’est pas un stade comme les autres. Avec son célèbre Mur Jaune, la plus grande tribune debout d’Europe, l’enceinte du Borussia Dortmund fait partie des temples du football européen. C’est justement ce toit immense, visible par des millions de téléspectateurs à chaque retransmission, qui accueille aujourd’hui un système photovoltaïque hors norme.
Pleinement opérationnelle depuis décembre 2025, l’installation a pris la suite d’un parc solaire plus ancien, devenu trop limité pour suivre la consommation électrique croissante du club. Le choix n’a donc rien d’un coup de communication isolé : il s’inscrit dans la stratégie de durabilité de long terme du BVB, qui cherche à sécuriser le fonctionnement de son stade pour les prochaines décennies grâce à une production locale et renouvelable. Le responsable énergie du club résume l’esprit du projet sans détour : il ne s’agissait pas seulement de remplacer l’ancien système, mais de changer d’échelle et de viser une production très supérieure, capable de tenir dans la durée.

Ce que produit réellement l’installation
Au-delà du record, ce sont les chiffres d’exploitation qui donnent toute sa portée au projet. Le toit solaire vise une production de plus de 4 GWh d’électricité renouvelable par an, une quantité d’énergie comparable à ce qu’il faudrait pour alimenter les projecteurs du stade pendant environ 1 000 jours de match. À la clé, l’installation permet d’éviter près de 1 700 tonnes de CO2 chaque année, soit l’empreinte carbone annuelle de plusieurs centaines de foyers.
Électricité renouvelable : l’État prépare ses contrats sur 10 ans
Avec ses 11 132 modules de 450 watts, le générateur affiche une puissance de l’ordre de 5 MWc, ce qui le place largement devant les autres toitures solaires de stade existantes. Le tableau ci-dessous synthétise les performances clés de l’installation.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de modules | 11 132 panneaux bifaciaux de 450 W |
| Puissance estimée | environ 5 MWc |
| Production annuelle | plus de 4 GWh |
| CO2 évité par an | environ 1 700 tonnes |
| Mise en service | décembre 2025 |
| Équivalence énergétique | environ 1 000 jours de match d’éclairage |
Selon le club, les premiers mois d’exploitation sont conformes aux prévisions, ce qui est loin d’être anecdotique : sur ce type de projet de grande ampleur, l’écart entre production théorique et production réelle constitue souvent le vrai juge de paix.
Des panneaux bifaciaux entièrement noirs pour ne pas dénaturer le stade
L’un des défis du projet tenait moins à la technique pure qu’à l’esthétique. Le Signal Iduna Park possède une identité visuelle immédiatement reconnaissable, et il était hors de question de la sacrifier au nom du rendement. La réponse est venue d’un choix technologique précis : des modules bifaciaux de type n, capables de capter la lumière sur leurs deux faces, donc d’aller chercher un surplus de production grâce à la réflexion sur les surfaces situées sous les panneaux.
Le design retenu joue lui aussi un rôle clé. Les modules entièrement noirs se fondent dans la toiture et préservent les couleurs noir et jaune du club, plutôt que d’imposer une grille bleutée qui aurait juré avec l’architecture. Les panneaux répondent par ailleurs à un référentiel de traçabilité de la chaîne d’approvisionnement, un point devenu central pour les acheteurs européens soucieux de l’origine et des conditions de fabrication de leurs équipements solaires.
RWE et JA : le duo technique derrière le projet
Côté ingénierie, le projet a été développé par RWE, partenaire énergétique du Borussia Dortmund, chargé de concevoir un système qui maximise la production sans trahir l’allure du stade. Pour la fourniture des modules, le club et RWE ont retenu JA (ex JA Solar) comme partenaire technologique.
Pour le fabricant, cette référence a une valeur de vitrine. Le vice-président Europe de la marque y voit la preuve de la fiabilité de sa technologie, et un exemple concret de la manière dont le solaire peut s’intégrer à des infrastructures majeures, des stades aux villes, en rendant la transition énergétique visible et tangible. C’est sans doute là l’argument le plus fort du projet : difficile d’imaginer un panneau publicitaire plus efficace pour l’énergie solaire qu’un toit géant exposé chaque semaine devant des millions de spectateurs.
Un signal fort à l’heure d’un mondial 2026 ultra-polluant
Le timing de l’inauguration ne pouvait pas être plus parlant. Au moment où le Signal Iduna Park affiche son toit record, la Coupe du Monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique s’annonce comme la plus polluante de l’histoire du tournoi. Les estimations convergent vers un ordre de grandeur vertigineux : la Coupe du Monde 2026 émettra, à elle seule, 9 millions de tonnes d’équivalent CO2, soit le double de la moyenne des quatre éditions précédentes.
Le coupable principal n’est pas la construction d’enceintes neuves, mais l’avion. Le réel responsable : le transport aérien, dont les émissions atteignent 7,72 millions de tonnes, dopé par le passage à 48 équipes et 104 matchs répartis sur un territoire grand comme un continent. D’après l’analyse de Greenly, les déplacements de spectateurs représentent 88% de l’empreinte carbone de cet événement, chaque supporter parcourant en moyenne près de 18 000 kilomètres en avion.
Mis en regard de ces chiffres, les 1 700 tonnes de CO2 évitées chaque année par Dortmund peuvent sembler modestes. Elles racontent pourtant une autre logique, celle d’un sport capable d’agir sur ce qu’il maîtrise vraiment : ses propres infrastructures. Réduire l’empreinte d’un événement itinérant tient en grande partie du casse-tête, mais décarboner un stade qui fonctionne toute l’année reste parfaitement à la portée d’un club, d’une collectivité ou d’un exploitant.
dortmund n’est pas seul : le club des stades solaires
Le Borussia Dortmund pousse aujourd’hui le curseur plus loin que ses prédécesseurs, mais l’idée d’habiller une toiture de stade en centrale solaire n’est pas neuve. Plusieurs enceintes ont ouvert la voie ces dernières années, chacune avec sa configuration propre.
| Stade | Club / Ville | Puissance | Particularité |
|---|---|---|---|
| Signal Iduna Park | Borussia Dortmund (Allemagne) | environ 5 MWc | Plus grand toit solaire de stade au monde |
| Johan Cruijff ArenA | Ajax Amsterdam (Pays-Bas) | environ 3 MW | Couplage solaire et stockage par batteries |
| Türk Telekom Stadium | Galatasaray (Turquie) | 2,5 MW | Ancien détenteur du record Guinness |
| Europa-Park Stadion | SC Freiburg (Allemagne) | 2,4 MWc | Toiture quasi intégralement recouverte |
| Maracanã | Rio de Janeiro (Brésil) | toiture solaire | Centrale intégrée lors de la rénovation |
Le cas néerlandais mérite une mention particulière. À Amsterdam, le système déployé au sein de la Johan Cruijff Arena est composé d’une centrale de production d’énergie solaire d’une puissance cumulée totale de 3 MW, associée à un dispositif de stockage parmi les plus importants d’Europe, construit à partir de batteries de véhicules électriques. Une approche complémentaire de celle de Dortmund : là où le BVB mise d’abord sur la puissance de production, l’Ajax a très tôt travaillé la question de l’autonomie et du lissage de l’intermittence solaire.
Ce que les clubs et les collectivités peuvent en retenir
Au-delà de l’exploit technique, le projet de Dortmund dessine un modèle réplicable, et c’est sans doute son principal intérêt pour les acteurs du secteur. Plusieurs enseignements concrets se dégagent.
- La grande surface des toitures de stade en fait des supports idéaux pour le photovoltaïque, avec un potentiel de production que peu de bâtiments tertiaires peuvent égaler.
- Le passage par un partenaire énergétique, ici un énergéticien, permet de financer et d’exploiter l’installation sans mobiliser la trésorerie du club, sur un modèle transposable aux collectivités et aux entreprises disposant de grandes surfaces de toiture.
- L’autoconsommation couvre une part directe des besoins du site, projecteurs, chauffage, services, ce qui réduit la facture et l’exposition aux variations du prix de l’électricité.
- La visibilité d’un stade transforme l’installation en outil de sensibilisation, capable d’inspirer aussi bien d’autres organisations que les particuliers spectateurs.
EDF solutions solaires change de président dans un climat tendu
Eolien en mer : la France engage le plus grand pari énergétique de son histoire
Pour un dirigeant de PME, un bailleur ou une commune, la leçon est claire : un toit inexploité représente un actif énergétique dormant. Le solaire en toiture n’est plus réservé aux pavillons individuels, il devient un levier sérieux de maîtrise des coûts et de décarbonation à l’échelle des grandes infrastructures.
Rendez-vous à intersolar 2026
Pour célébrer cette collaboration, l’ancien international allemand et légende du Borussia Dortmund Karl-Heinz Riedle est attendu sur le stand du fabricant de modules au salon Intersolar 2026 (Hall A2, stand 380), le mardi 23 juin aux alentours de 15h30. Les visiteurs pourront échanger avec l’une des figures emblématiques du club et repartir avec un autographe, l’occasion idéale de prolonger la rencontre entre football et énergie solaire amorcée sur le toit du Signal Iduna Park.

