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Non, votre chaudière ne va pas être débranchée du jour au lendemain. Non, vous n’êtes pas obligé de rénover immédiatement si vous possédez un logement existant. Voici ce qui change vraiment, pour qui, et à partir de quand.
Ce que dit vraiment l’interdiction de 2027
Pour comprendre la portée réelle de cette mesure, il faut remonter quelques années en arrière. La réglementation environnementale RE2020, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, imposait déjà des seuils d’émissions carbone si stricts que les chaudières gaz ne pouvaient plus y satisfaire dans les maisons individuelles neuves. En pratique, le gaz était déjà banni du neuf individuel depuis quatre ans (pas directement, mais en raison des seuils carbone intenables pour les chaudières gaz).
Ce que ferme le plan Lecornu d’avril 2026, c’est la dernière ouverture qui subsistait : la PAC hybride avec appoint gaz, encore utilisée dans une partie des logements collectifs neufs et bâtiments tertiaires. À partir des permis de construire déposés au 1er janvier 2027, toute installation gaz est interdite dans le neuf, y compris en complément d’une pompe à chaleur. Logements collectifs, maisons individuelles, bureaux, commerces : la mesure couvre l’ensemble de la construction neuve.
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Un point de calendrier important à retenir : c’est la date de dépôt du permis de construire qui fait foi, et non la date de livraison du chantier. Un permis déposé le 20 décembre 2026 peut encore intégrer un appoint gaz, même si le bâtiment n’est livré qu’en 2028. En revanche, un permis déposé le 5 janvier 2027 tombe sous la nouvelle règle, sans exception.
Les logements existants : pas d’obligation, mais une pression croissante
C’est le point sur lequel la confusion est la plus répandue. L’interdiction de 2027 ne concerne pas les logements anciens. Si votre chaudière gaz fonctionne, vous pouvez la conserver, la faire entretenir, et même la remplacer par un nouvel appareil gaz en cas de panne irréparable.
En revanche, le contexte financier évolue franchement dans le sens d’une sortie progressive du gaz dans l’existant. Deux signaux forts à retenir. D’abord, à partir du 1er septembre 2026, les aides MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur ne seront accordées que si la chaudière gaz est remplacée dans le cadre du projet. Les travaux isolés (isolation des combles, remplacement des fenêtres) ne sont pas concernés par cette condition. Ensuite, la TVA sur les chaudières gaz est passée de 5,5 % à 20 % depuis le 1er mars 2025 (avec une étape à 10 %), rendant mécaniquement l’investissement dans une nouvelle chaudière gaz moins compétitif face à une pompe à chaleur aidée.
Remplacer une chaudière gaz par une PAC donne accès à des aides substantielles via MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie (CEE). Remplacer une chaudière gaz par une autre chaudière gaz, en revanche, n’ouvre droit à presque rien.
Quelles alternatives pour un logement neuf ?
La pompe à chaleur air/eau s’est imposée comme la solution de référence dans le neuf depuis 2022, notamment en maison individuelle. Elle équipe aujourd’hui plus de 98 % des maisons individuelles neuves conformes à la RE2020. Son principe est simple : elle capte les calories présentes dans l’air extérieur pour chauffer l’eau du circuit de chauffage, en ne consommant qu’une fraction d’électricité par rapport à la chaleur produite. Un bon équipement affiche un coefficient de performance (COP) de 3 à 4, ce qui signifie qu’un kilowattheure électrique consommé produit trois à quatre kilowattheures de chaleur.
Par exemple, pour un appartement neuf de 70 m² avec un besoin annuel de chauffage estimé à 8 000 kWh, une PAC air/eau avec un COP de 3 ramène la consommation électrique à environ 2 700 kWh par an, soit une facture d’environ 560 euros, contre 1 680 euros avec des radiateurs électriques classiques.
Pour les logements collectifs, d’autres solutions complètent le tableau : le raccordement à un réseau de chaleur urbain (alimenté à 67 % par des énergies renouvelables en 2024 si l’on inclut les énergies de récupération) constitue souvent l’option la plus pertinente pour les immeubles en zone dense. En milieu rural ou pour les constructions en ossature bois, le poêle à granulés reste une alternative reconnue, bien que moins soutenue financièrement.
Les grands objectifs derrière l’interdiction
L’interdiction du gaz dans le neuf en 2027 s’inscrit dans un plan d’électrification bien plus large. Le gouvernement s’est fixé l’objectif d’installer un million de pompes à chaleur par an d’ici 2030, contre environ 600 000 actuellement. Pour y parvenir, l’enveloppe d’aides publiques à l’électrification des usages sera portée à 10 milliards d’euros par an, contre 5,5 milliards aujourd’hui.
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Le parc social est également dans le viseur. Sur les 5,4 millions de logements HLM que compte la France, environ 3 millions sont encore chauffés au gaz, soit plus de la moitié du parc. L’objectif est d’en sortir 2 millions d’ici 2050.
En France, 12 millions de logements sont encore chauffés au gaz. La sortie progressive de cette énergie dans le bâtiment est engagée, et la barre de 2027 dans le neuf n’en est que la première étape visible.

