RWE supprime la moitié de ses emplois dans l’éolien français

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En résumé :

  • L’énergéticien allemand RWE vient de lancer un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sur son activité d’éolien terrestre en France.
  • Le groupe prévoit de réduire de près de la moitié ses effectifs onshore, après avoir déjà acté son retrait de l’éolien en mer fin 2025.
  • La filiale RWE Renouvelables France comptait environ 200 collaborateurs, répartis entre éolien terrestre, maritime et solaire.
  • Ce repli intervient dans un contexte de PPE 3 qui révise à la baisse les ambitions de l’éolien terrestre, désormais axé sur le renouvellement des parcs existants.
  • Un signal de plus sur la fragilité du modèle économique des renouvelables terrestres en France malgré des objectifs climatiques ambitieux.

Un désengagement qui ne date pas d’hier

Le retrait de RWE du marché français des renouvelables ne se découvre pas avec ce nouveau PSE. Dès l’automne 2025, l’énergéticien avait signalé sa volonté de quitter l’éolien en mer français. Mi-septembre 2025, des discussions s’étaient ouvertes autour d’un premier plan de sauvegarde de l’emploi visant la cinquantaine de salariés rattachés à la branche offshore. Après deux mois de négociations parfois tendues, RWE et la CFTC étaient parvenus à un accord, scellant l’épilogue de ce premier plan social fin 2025.

Ce retrait de la mer avait déjà des conséquences directes sur des projets stratégiques. RWE faisait notamment partie, aux côtés de TotalEnergies, du consortium désigné lauréat en septembre 2025 pour le parc éolien en mer Centre Manche 2, d’une capacité d’environ 1,5 GW au nord-est du Cotentin. Or, l’engagement du groupe allemand dans le processus de sortie de l’offshore français a fragilisé sa participation, au point que TotalEnergies pourrait être amené à poursuivre seul le projet. C’est dans ce contexte de désengagement progressif que s’inscrit aujourd’hui la décision de toucher à l’éolien terrestre, perçu jusque-là comme le socle le plus stable de la présence française du groupe.

Ce que pèse réellement RWE Renouvelables France

La filiale RWE Renouvelables France figure parmi les principaux développeurs et producteurs d’énergies renouvelables du pays. Elle revendiquait jusqu’ici environ 200 collaborateurs, mobilisés sur l’ensemble de la chaîne de valeur : développement, construction, exploitation et maintenance de parcs éoliens terrestres, maritimes et solaires. Le groupe mettait en avant une trentaine d’expertises métiers, des ingénieurs-conseils aux écologues, en passant par les experts vent, acousticiens, cartographes et juristes.

RWE s’était par ailleurs positionné comme société à mission en septembre 2023, inscrivant dans ses statuts une raison d’être tournée vers la transition énergétique des territoires. Au niveau mondial, le groupe affichait l’ambition d’un portefeuille vert de plus de 65 gigawatts de capacité de production d’ici la fin de la décennie, porté par sa stratégie d’investissement « Growing Green ». L’écart est saisissant entre ce discours de croissance globale et la réalité du repli français, qui interroge sur l’arbitrage des capitaux du groupe au profit d’autres marchés jugés plus rentables.

Un marché français de l’éolien terrestre sous tension

La décision de RWE ne tombe pas dans un ciel serein. L’éolien terrestre français traverse une zone de turbulences structurelles. Si le parc national atteint 23,9 GW de puissance installée, sa croissance s’essouffle nettement : la filière terrestre n’a progressé que de 2 % en 2025, freinée par l’allongement des contentieux administratifs, une acceptabilité locale de plus en plus difficile et la saturation des réseaux de raccordement dans plusieurs régions.

Le cadre stratégique a lui aussi changé de braquet. La troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), publiée au Journal officiel le 13 février 2026, a révisé à la baisse les ambitions pour l’éolien terrestre, désormais fixées à 31 GW en 2030 puis une fourchette de 35 à 40 GW en 2035. Surtout, la doctrine officielle privilégie désormais le renouvellement des parcs existants, le fameux « repowering », plutôt que l’expansion brute du nombre de sites. Concrètement, l’État mise sur le remplacement d’anciennes éoliennes par des machines plus puissantes et parfois moins nombreuses, une logique qui rebat les cartes pour les développeurs habitués à se rémunérer sur la conquête de nouveaux terrains.

Dans ce paysage, les délais d’instruction d’un parc éolien terrestre, qui peuvent atteindre six à huit ans, pèsent lourdement sur la rentabilité et la visibilité des opérateurs. Plusieurs grands acteurs comme EDF Renouvelables, Engie Green ou Boralex ont déjà réorienté une partie de leur stratégie vers le repowering pour préserver leurs marges. Le retrait partiel de RWE illustre une autre option, plus radicale : celle d’un acteur qui choisit de redéployer ses moyens hors de France.

Un signal qui dépasse le seul cas RWE

Au-delà des emplois directement menacés, ce nouveau PSE envoie un message qui résonne dans toute la filière. Quand un groupe de la taille de RWE, capable de mobiliser des milliards d’euros à l’échelle mondiale, juge l’éolien terrestre français insuffisamment attractif pour y maintenir ses équipes, c’est l’ensemble du modèle économique des renouvelables onshore qui se trouve interrogé. La France affiche pourtant des objectifs climatiques exigeants et une électricité déjà très largement décarbonée, mais l’écart se creuse entre l’ambition politique et la capacité réelle du marché à retenir les investisseurs et les compétences.

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Pour les salariés concernés, le PSE ouvre désormais une phase de négociation qui déterminera l’ampleur exacte des suppressions de postes, les mesures de reclassement interne et externe, et les éventuelles compensations. Reste une certitude : avec ce double retrait, de la mer puis de la terre, RWE referme largement le chapitre français de son aventure dans les renouvelables, et prive la transition énergétique nationale d’un développeur de premier plan au moment où elle aurait le plus besoin de stabilité.


Le détail chiffré exact du nombre de postes supprimés n’a pas encore été communiqué officiellement par RWE à la date de publication. L’article s’appuie sur les informations révélées par GreenUnivers et sur le contexte sectoriel documenté.


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