Plans sociaux en série, les salariés des renouvelables redescendent dans la rue ce 29 septembre à Paris et Montpellier

Ce mardi 29 septembre, des salariés du solaire et de l'éolien manifestent à Paris et Montpellier contre une vague de plans sociaux. Pour les ménages, l'enjeu est concret : un installateur fragilisé, c'est un suivi incertain, et un projet solaire dont l'équation a changé depuis le 5 juin. Ce qui se passe, et ce qu'il faut vérifier avant de signer ou si votre installateur disparaît.

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Si vous avez des panneaux sur votre toit ou un projet d’installation, la mobilisation de ce mardi vous concerne plus qu’il n’y paraît. Quand les entreprises du solaire réduisent leurs effectifs ou ferment, ce sont les garanties, la maintenance et la qualité des devis proposés aux particuliers qui se retrouvent en jeu. Le mouvement « Stop à la casse des emplois et de l’industrie des énergies renouvelables », porté par des CSE et soutenu notamment par SUD Énergie et la Fédération nationale de l’énergie solaire (FNES), signe sa deuxième journée de mobilisation en moins d’un an.

Un rassemblement devant le colloque du SER, un pique-nique à Montpellier

À Paris, le rendez-vous est fixé à partir de midi au 30 rue Corentin-Cariou, devant la Cité des sciences et de l’industrie, où le Syndicat des énergies renouvelables (SER) tient le même jour son colloque annuel, tourné vers la présidentielle de 2027. Au programme : témoignages de salariés, fanfare, puis des « Assises de l’énergie » dès 13 heures pour débattre de solutions. À Montpellier, souvent présentée comme la capitale française du photovoltaïque, le rassemblement débute à 11 heures place des Martyrs-de-la-Résistance, devant la préfecture, avec pique-nique partagé, avant de rejoindre le cortège de la fonction publique.

Le 10 février, la première mobilisation avait réuni plus de 500 personnes à Paris et 200 à Montpellier selon GreenUnivers. Une première pour une filière qui n’avait plus battu le pavé depuis le moratoire solaire de 2010.

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Des plans sociaux en série alors que l’État prévoit des milliers d’emplois

Les salariés dressent une liste qui s’allonge : Urbasolar, Valorem, Boralex, Voltalia, RWE, Iberdrola, Okwind, Tenergie ou Lhyfe ont annoncé plans sociaux, ruptures conventionnelles collectives ou gels d’embauches. Selon leurs représentants, plus d’une dizaine de milliers d’emplois directs et indirects auraient disparu depuis 2025, sur fond de PPE3 jugée insuffisante et d’appels d’offres revus à la baisse.

Le paradoxe est frappant. La PPE3 elle-même prévoit 38 000 emplois supplémentaires dans le photovoltaïque d’ici 2030, d’après l’analyse du Réseau Action Climat. Sur le terrain, la dynamique est inverse, y compris chez les particuliers : une enquête d’Enerplan et d’Observ’ER auprès d’installateurs RGE a mesuré une baisse moyenne de 6 % des effectifs entre fin 2024 et fin 2025, pour une note de santé économique de 2,7 sur 5.

La FNES rappelle avoir alerté il y a deux ans, avec la CDPF, sur 20 000 emplois en danger, une alerte alors jugée alarmiste. « Petits et gros : tous sont touchés sans exception », écrit aujourd’hui la fédération, qui dit avoir proposé un plan de mutation au ministère du Travail et créé un indicateur social mesurant l’impact d’un texte de loi sur l’emploi.

Solaire chez soi, ce qui a changé depuis le 5 juin

Pour comprendre la pression sur les installateurs, il faut regarder ce qui a bougé pour leurs clients. Pour toute demande de raccordement validée depuis le 5 juin 2026, le surplus est racheté 1,1 centime par kWh, contre 4 centimes auparavant, et la prime à l’autoconsommation est supprimée. Les installations déjà sous contrat conservent leurs conditions pendant 20 ans.

Installation de 6 kWc (estimation ECOinfos)Raccordement avant le 5 juin 2026Raccordement depuis le 5 juin 2026
Prime à l’autoconsommation480 €0 €
Revente du surplus (3 600 kWh/an)144 €/an40 €/an
Économie sur facture (3 600 kWh autoconsommés)720 €/an720 €/an
Gain total la première année1 344 €760 €

Hypothèses : production de 7 200 kWh/an, autoconsommation de 50 %, kWh évité au tarif réglementé Base d’août 2026 (0,2001 € TTC).

La lecture est double. Les revenus garantis fondent de près de 600 euros la première année, ce qui rend les projets plus difficiles à vendre et pèse sur les petits installateurs. Mais l’économie sur la facture, elle, ne bouge pas : un kWh consommé chez soi vaut près de 18 fois un kWh revendu. Le solaire résidentiel reste pertinent, à condition d’être dimensionné pour votre consommation réelle plutôt que pour la revente.

Si votre installateur ferme, vos protections ne disparaissent pas

C’est la question qui inquiète le plus les propriétaires. Bonne nouvelle : l’essentiel de vos garanties ne dépend pas de la survie de l’entreprise. L’assurance décennale couvre les désordres graves pendant dix ans après la réception, et c’est l’assureur qui paie, même si l’installateur a été liquidé, dès lors qu’il était assuré à l’ouverture du chantier. Les garanties des panneaux et de l’onduleur sont portées par les fabricants. Et votre contrat d’achat vous lie à EDF OA, pas à l’installateur.

Encore faut-il pouvoir le prouver. Conservez précieusement :

  • l’attestation décennale et le procès-verbal de réception des travaux
  • les factures, fiches techniques et numéros de série des équipements
  • l’attestation Consuel et votre contrat EDF OA

Si vous préparez un projet, vérifiez la qualification RGE QualiPV sur l’annuaire France Rénov’, exigez une attestation décennale mentionnant l’activité photovoltaïque et regardez l’ancienneté de l’entreprise. Un marché sous tension attire aussi des vendeurs plus insistants : en cas de démarchage à domicile, vous disposez de 14 jours pour vous rétracter, et aucun paiement ne peut être exigé avant sept jours.

Ce qui est vérifié, rapporté ou estimé

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Sont vérifiés auprès des sources primaires le programme des rassemblements, le colloque du SER et les tarifs d’achat en vigueur depuis le 5 juin 2026. Relèvent de déclarations attribuées les emplois supprimés avancés par le collectif, l’alerte et les actions de la FNES, la participation de février et l’enquête Enerplan et Observ’ER. Le cas type de 6 kWc est une estimation éditoriale ECOinfos, dont les hypothèses varient selon la région, le toit et la consommation du foyer.


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