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En résumé
- En 2025, la CRE a instruit 11 périodes d’appels d’offres et proposé de retenir 818 dossiers pour une puissance de 5,05 GW, soit 89 % du volume appelé.
- Le photovoltaïque représente 63 % des projets lauréats, contre 37 % pour l’éolien terrestre.
- Trois régions, le Centre-Val de Loire, le Grand-Est et la Nouvelle-Aquitaine, concentrent près de la moitié de la puissance retenue.
- Les prix proposés continuent de baisser pour le solaire, mais stagnent pour l’éolien terrestre.
- Plus de 96 % des éoliennes retenues sur l’ensemble du programme sont européennes, contre 89 % de panneaux d’origine asiatique pour le solaire sur bâtiment.
Un bilan 2025 proche de l’objectif
Sur l’année, la CRE a instruit onze périodes d’appels d’offres terrestres pour le compte de l’État, couvrant le photovoltaïque sur bâtiment, le photovoltaïque au sol, l’éolien terrestre, un appel d’offres dit technologiquement neutre et des dispositifs spécifiques aux zones non interconnectées. Au total, 5,69 GW ont été mis en concurrence, et la CRE a proposé de retenir 818 dossiers pour 5,05 GW, soit près de 89 % du volume appelé. Un résultat qui confirme une tendance engagée depuis 2023 : après un net ralentissement lié à la crise énergétique, le rythme des attributions s’est nettement redressé.
Le solaire toujours en tête, l’éolien à la peine
Sur les projets retenus en 2025, le solaire représente 63 % de la puissance lauréate, contre 37 % pour l’éolien terrestre. Cette domination du photovoltaïque ne se traduit pas pour autant par les mêmes niveaux de prix selon les filières. Pour les dossiers retenus en 2025, le tarif moyen pondéré s’établit à 97,29 €/MWh pour le photovoltaïque sur bâtiment, à 79,29 €/MWh pour le solaire au sol et à 74,13 €/MWh pour l’appel d’offres neutre technologiquement. L’éolien terrestre, de son côté, ressort à 87,11 €/MWh. Ces écarts traduisent des réalités industrielles différentes : les grandes centrales au sol bénéficient d’économies d’échelle que les toitures et ombrières ne peuvent pas toujours répliquer.
Solaire et éolien : pourquoi les investisseurs prennent peur ?
Trois régions concentrent presque la moitié des projets
La répartition géographique des projets retenus reste très inégale. Le Centre-Val de Loire, le Grand-Est et la Nouvelle-Aquitaine rassemblent à eux seuls 47 % de la puissance cumulée des dossiers que la CRE a proposé de retenir en 2025. Cette concentration s’explique en partie par la disponibilité du foncier agricole et par des conditions de vent ou d’ensoleillement favorables, mais elle pose aussi la question d’un développement plus équilibré sur le territoire, alors que d’autres régions disposent d’un potentiel encore largement sous-exploité.
Les prix baissent pour le solaire, stagnent pour l’éolien
Au-delà du seul bilan 2025, la CRE a publié en février 2026 une mise à jour complète de l’ensemble du programme d’appels d’offres PPE2, qui couvre la période 2021-2026. Depuis le lancement de ce programme fin 2021, 2 074 projets ont été retenus pour une puissance cumulée d’environ 18,2 GW, soit 78 % des volumes appelés sur l’ensemble de la période. Sur les dernières périodes instruites fin 2025, la tendance est clairement à la baisse pour le solaire : 96,48 €/MWh pour le photovoltaïque sur bâtiment, en recul de 5 % par rapport à mi-2023, et 74,13 €/MWh pour le solaire au sol, en baisse de 10 %. L’éolien terrestre, en revanche, reste quasiment stable à 86,62 €/MWh, signe que la filière n’a pas encore retrouvé les niveaux de compétitivité observés avant la crise énergétique.
Le coût pour les finances publiques reste pour l’instant contenu. La CRE estime que l’ensemble des projets retenus depuis 2021 représenteront en moyenne 238 millions d’euros par an d’aides entre 2024 et 2047, soit 5,7 milliards d’euros au total, dans un scénario où le prix de marché atteindrait 70 €/MWh en 2030. Ce montant reste modeste à ce stade car la majorité des contrats de soutien n’ont pas encore pris effet.
Le grand paradoxe des équipements
C’est sans doute l’enseignement le plus marquant, et celui que peu de bilans mettent en avant. Sur l’ensemble du programme PPE2, plus de 96 % de la puissance éolienne retenue repose sur des turbines fabriquées en Europe, un marché dominé par les constructeurs Vestas et Nordex, qui représentent à eux deux 85 % des parts. La filière éolienne terrestre française reste donc, sur ce point, largement adossée à un tissu industriel européen.
Le constat s’inverse complètement pour le solaire sur bâtiment. Selon la même mise à jour, 89 % de la puissance installée retenue pour ce segment repose sur des panneaux d’origine asiatique, contre seulement 10 % d’origine française. Autrement dit, l’argent public mobilisé pour soutenir la transition énergétique finance, pour une large part, une chaîne de production située hors d’Europe. Ce constat alimente depuis plusieurs années le débat sur la nécessité de relocaliser une partie de la fabrication des panneaux photovoltaïques en France et en Europe, un sujet sur lequel plusieurs filières industrielles tentent de se structurer, sans qu’aucune ne soit encore en mesure de rivaliser sur les volumes avec les géants asiatiques du secteur.
Qui décroche les contrats
Le paysage concurrentiel des lauréats reste, lui, assez ouvert. Aucun acteur ne domine réellement le marché : EDF arrive en tête avec environ 9 % des projets retenus, suivi par Neoen avec 8 % et Urbasolar avec 5 %. Cette diversité, confirmée année après année, traduit un secteur où les grands groupes énergétiques côtoient une multitude de développeurs indépendants, parfois très spécialisés sur une seule filière ou une seule région.

