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- Un nouvel outil pour accélérer l’électrification
- Une électricité issue du parc renouvelable soutenu par l’État
- Des contrats de 8 à 10 ans, mais pas forcément une “offre verte”
- Des enchères pour fixer le prix
- EDF OA au cœur du dispositif
- Pourquoi l’État veut aussi protéger son budget
- Un dispositif qui pourrait intéresser les industriels
- Les limites à surveiller
- Un premier test avant un déploiement plus large
En résumé
- L’État consulte les acteurs du marché sur de nouveaux produits d’électricité de long terme.
- Ces contrats seraient adossés à une partie de la production renouvelable déjà soutenue par les finances publiques.
- Les durées envisagées se situent autour de 8 à 10 ans.
- Les premiers volumes pourraient être mis en vente en 2027.
- Le dispositif vise surtout les entreprises ayant besoin de visibilité pour électrifier leurs usages.
- Les garanties d’origine ne seraient pas automatiquement incluses à ce stade.
Un nouvel outil pour accélérer l’électrification
Le sujet s’inscrit dans le plan d’électrification présenté par le Gouvernement. La mesure concernée vise à proposer aux entreprises de nouveaux contrats d’électricité de long terme, afin de faciliter les investissements dans des usages électriques à la place du gaz, du fioul ou d’autres énergies fossiles.
L’idée est simple dans son principe : certaines entreprises hésitent à électrifier leurs procédés parce qu’elles manquent de visibilité sur le coût futur de l’électricité. Or, remplacer une chaudière gaz par une solution électrique, électrifier une ligne industrielle ou sécuriser l’alimentation d’un site numérique demande des investissements importants. Sans visibilité sur plusieurs années, le calcul économique reste incertain.
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Avec ce nouveau dispositif, l’État veut donc créer un signal de prix plus long. Ce n’est pas une aide directe à l’achat d’équipements, mais un outil de sécurisation économique. En donnant accès à une électricité contractualisée sur plusieurs années, le Gouvernement espère lever une partie des freins à l’électrification.
Une électricité issue du parc renouvelable soutenu par l’État
Le mécanisme envisagé repose sur une particularité du système français : une partie importante de la production renouvelable bénéficie déjà d’un soutien public. Les producteurs concernés vendent leur électricité dans le cadre de contrats encadrés, notamment via l’obligation d’achat ou le complément de rémunération.
Aujourd’hui, cette production est déjà valorisée sur les marchés par les acheteurs obligés, en particulier EDF OA. La nouveauté serait de vendre une partie de ces volumes beaucoup plus longtemps à l’avance, sous forme de produits d’approvisionnement pluriannuels.
Autrement dit, l’État ne cherche pas ici à financer directement de nouvelles centrales renouvelables via un contrat privé classique. Il souhaite plutôt mieux valoriser une partie du parc renouvelable déjà soutenu. Ce point est essentiel pour comprendre le dispositif : il ne s’agit pas d’un PPA classique signé entre un producteur et une entreprise, mais d’un produit de marché construit à partir d’un portefeuille d’actifs renouvelables bénéficiant d’un soutien public.
Des contrats de 8 à 10 ans, mais pas forcément une “offre verte”
Les produits envisagés auraient une durée longue, a priori comprise entre 8 et 10 ans. Ils pourraient prendre la forme d’un produit physique, avec livraison d’électricité en France hexagonale, ou d’un produit financier, qui fonctionnerait davantage comme une couverture de prix.
Le produit principal étudié serait un produit en ruban, c’est-à-dire une puissance constante livrée sur toutes les heures de la période. Cela revient à proposer un produit proche d’un approvisionnement de base, même si l’électricité sous-jacente provient d’installations renouvelables dont la production réelle varie selon le vent, le soleil ou les conditions d’exploitation.
Un point mérite toutefois d’être souligné : les garanties d’origine ne seraient pas incluses automatiquement. L’électricité serait bien dérivée de volumes renouvelables soutenus par l’État, mais l’attribut environnemental officiel resterait vendu séparément, sauf évolution du dispositif après consultation. Pour une entreprise qui cherche avant tout à sécuriser un prix, ce n’est pas forcément bloquant. Pour une entreprise qui veut communiquer sur une consommation d’électricité verte tracée, c’est beaucoup plus sensible.
Des enchères pour fixer le prix
Le Gouvernement envisage une commercialisation par enchères. Les candidats proposeraient un volume en MW et un prix en €/MWh. Les offres seraient ensuite classées selon le prix proposé, avec un mécanisme où chaque lauréat paierait le prix qu’il a lui-même offert.
Ce choix vise à organiser une vente concurrentielle, transparente et non discriminatoire. Mais il implique aussi une réalité importante : le dispositif ne garantit pas automatiquement un prix bas. Le prix final dépendra de l’appétit du marché, du nombre d’acheteurs, des volumes proposés et des conditions économiques au moment de l’enchère.
Un prix de réserve confidentiel serait prévu afin d’éviter que l’électricité soit vendue trop bas. La CRE aurait un rôle central dans l’encadrement du mécanisme, notamment sur la surveillance des enchères, les volumes mis en vente et la méthodologie de prise en compte dans les charges de service public de l’énergie.
EDF OA au cœur du dispositif
EDF Obligation d’Achat occupe déjà une place centrale dans la valorisation de l’électricité issue des installations sous obligation d’achat. Aujourd’hui, EDF OA vend déjà certains volumes à terme, mais sur des horizons beaucoup plus courts que ceux envisagés ici.
Le nouveau mécanisme s’appuierait donc, au moins au démarrage, sur un cadre déjà existant. Les enchères pourraient être organisées par EDF OA pendant une phase de lancement, avec quelques dizaines de MW attribués chaque année. L’objectif affiché à moyen terme est plus ambitieux : atteindre jusqu’à 1 GW de volumes mis en vente dans les prochaines années.
Cette montée en puissance dépendra toutefois des réponses à la consultation. Si les acteurs de marché jugent le produit trop complexe, trop risqué ou insuffisamment attractif, le déploiement pourrait rester limité.
Pourquoi l’État veut aussi protéger son budget
Le dispositif n’a pas seulement une logique industrielle. Il répond aussi à un enjeu budgétaire. Le soutien public aux énergies renouvelables dépend fortement des prix de marché. Lorsque les prix de gros baissent, l’État doit compenser davantage les producteurs bénéficiant de tarifs garantis. Lorsque les prix montent, la charge publique peut diminuer, voire devenir une recette dans certains cas.
Cette volatilité rend le coût du soutien difficile à anticiper. En vendant une partie de l’électricité renouvelable soutenue sur des horizons plus longs, l’État cherche à mieux lisser les recettes et à améliorer la prévisibilité budgétaire.
C’est l’un des points les plus stratégiques du projet. Derrière la promesse de visibilité pour les entreprises, il y a aussi une volonté de transformer une partie du risque de marché court terme en revenus plus prévisibles.
Un dispositif qui pourrait intéresser les industriels
Les premiers concernés sont les grands consommateurs d’électricité. L’industrie, l’agriculture, les data centers ou certains sites tertiaires électro-intensifs pourraient être intéressés par un produit capable de sécuriser une partie de leur approvisionnement sur plusieurs années.
Pour une entreprise, l’intérêt principal est de réduire l’exposition aux variations brutales des marchés. Dans un contexte où les prix de l’énergie restent un facteur majeur de compétitivité, disposer d’une brique d’approvisionnement longue peut faciliter la décision d’investissement.
Le dispositif pourrait aussi intéresser des fournisseurs ou des agrégateurs, qui pourraient utiliser ces volumes pour construire des offres de long terme à destination de leurs clients. En revanche, les PME risquent d’avoir plus de difficultés à accéder directement aux enchères si les exigences financières sont élevées.
Les limites à surveiller
Plusieurs points restent sensibles. Le premier concerne les garanties financières demandées aux acheteurs. Le document de consultation prévoit des critères de robustesse financière importants afin de limiter le risque de contrepartie pour l’État. Cela pourrait réserver le dispositif aux acteurs les plus solides.
Le deuxième sujet est celui de la liquidité. Les produits électriques sur 8 à 10 ans restent peu fréquents sur le marché. Il faudra vérifier si les entreprises sont réellement prêtes à s’engager sur de tels horizons, surtout dans un environnement énergétique qui évolue vite.
Le troisième point concerne la lisibilité du produit. Un contrat long terme adossé à de l’électricité renouvelable soutenue, mais vendu sans garanties d’origine, peut être difficile à expliquer. Pour le grand public, le risque de confusion est réel entre électricité renouvelable, électricité verte, couverture de prix et PPA.
Enfin, le format en ruban pose question. Le solaire produit surtout en journée, l’éolien varie selon les conditions météo, tandis qu’un produit en base livre une puissance constante. Le foisonnement du parc renouvelable permet de lisser une partie de cette variabilité, mais il ne fait pas disparaître les enjeux d’équilibrage.
Un premier test avant un déploiement plus large
La consultation publique doit permettre de trancher plusieurs questions clés : durée exacte des produits, format physique ou financier, intégration éventuelle des garanties d’origine, calendrier des enchères, volumes minimums et maximums, ou encore intérêt pour un produit plus spécifiquement solaire.
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Le calendrier envisagé reste progressif. Les premiers volumes seraient mis en vente en 2027, avec une phase de lancement limitée. Cette prudence s’explique facilement : l’État teste un produit nouveau, sur un horizon long, dans un marché encore peu habitué à ce type de mécanisme.
Si l’appétit des acheteurs est confirmé, le dispositif pourrait devenir un outil supplémentaire de la politique énergétique française. Il viendrait compléter les PPA privés, les contrats nucléaires de long terme et les dispositifs de soutien aux renouvelables.

