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Une filière sans feuille de route opérationnelle
Cette rencontre faisait suite aux alertes lancées lors du colloque national photovoltaïque organisé à Strasbourg par le SER, puis lors d’une conférence de presse commune avec Enerplan. Selon les deux organisations professionnelles, le solaire est aujourd’hui la seule filière de production électrique qui ne dispose pas encore d’une feuille de route opérationnelle au-delà de l’été 2026.
Le SER rappelle que les autres volets de la politique énergétique nationale avancent, eux, de manière progressive. L’éolien en mer bénéficie désormais de dispositifs de soutien identifiés, les discussions se poursuivent pour l’éolien terrestre, l’hydroélectricité devrait faire l’objet d’un texte spécifique et le programme du nouveau nucléaire a déjà été notifié à la Commission européenne. Dans ce contexte, les professionnels du solaire estiment ne plus pouvoir rester dans l’incertitude alors que les besoins futurs en électricité bas-carbone sont appelés à croître fortement.
Près de 80 000 emplois et 300 millions d’euros de retombées fiscales
Les organisations insistent sur les conséquences économiques concrètes de cette absence de visibilité. La filière solaire représente aujourd’hui près de 80 000 emplois directs et indirects en France et génère environ 300 millions d’euros de retombées fiscales annuelles pour les collectivités locales. Selon le SER et Enerplan, l’absence d’arbitrages rapides pourrait fragiliser les entreprises du secteur et ralentir les investissements, alors même que le photovoltaïque est appelé à jouer un rôle central dans la réponse aux besoins électriques futurs du pays.
Un appel d’offres confirmé pour l’automne, mais des modalités encore floues
Lors de l’échange, Maud Brégeon a confirmé qu’un nouvel appel d’offres photovoltaïque serait lancé à l’automne 2026. Les modalités précises ainsi que les volumes mis en concurrence restent toutefois encore à arbitrer. Enerplan et le SER ont plaidé pour que les volumes attribués cette année soient cohérents avec les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), soit environ 2,9 GW, correspondant selon leur lecture à près de 3,6 GWc de nouvelles capacités photovoltaïques.
Les deux organisations ont également demandé qu’une ultime session d’appel d’offres puisse être organisée avant l’élection présidentielle de 2027, afin de garantir la continuité du développement de la filière sur cette période charnière.
L’hybridation des centrales, un terrain d’entente avec la ministre
L’hybridation des centrales photovoltaïques, notamment par l’intégration de systèmes de stockage, a également été abordée lors de la rencontre. Enerplan et le SER ont plaidé en faveur d’un cadre plus favorable à ces projets, dans la continuité des recommandations récemment formulées par la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
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Selon les professionnels présents, la ministre se serait montrée réceptive à cette orientation et aurait reconnu que l’hybridation devait faire pleinement partie de la stratégie énergétique nationale. Les organisations proposent désormais le lancement d’un appel d’offres expérimental dédié à des projets hybrides de plusieurs centaines de mégawatts-crête, entre la fin 2026 et le début 2027.
En attendant les arbitrages gouvernementaux, le SER et Enerplan poursuivent leurs échanges avec la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), dans l’espoir d’obtenir rapidement les clarifications jugées indispensables à la stabilité et au développement de la filière photovoltaïque française.

