9,3 millions de foyers vont voir leurs heures creuses bouger dès décembre, et l’option peut cesser d’être rentable

Dès le 1er décembre, Enedis commence à déplacer les heures creuses de 9,3 millions de foyers, avec des créneaux d'après-midi l'été. Aucun tarif ne bouge, mais un ballon d'eau chaude mal reprogrammé ou une routine figée suffisent à rogner, voire effacer, l'intérêt de l'option. Simulation à l'appui, voici comment savoir si vous êtes concerné et si elle reste rentable pour votre foyer.

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Si vous avez souscrit l’option heures pleines / heures creuses, vos horaires ont de fortes chances de changer d’ici octobre 2027, et une partie de vos heures creuses passera l’après-midi dès le printemps prochain. Le prix du kWh ne bouge pas, ce sont les créneaux qui se déplacent : un ballon, un lave-vaisselle ou une recharge de voiture programmés sur les anciens horaires consommeront alors en heures pleines, sans que rien ne vous alerte avant plusieurs mois.

Ce qui change concrètement à partir du 1er décembre

Décidée par la Commission de régulation de l’énergie, la réforme a d’abord concerné 1,7 million de foyers jusqu’en juin 2026. La seconde vague est d’une tout autre ampleur : 9,3 millions de foyers entre le 1er décembre 2026 et octobre 2027, soit près de deux abonnés sur trois parmi les 14,5 millions de clients en heures pleines / heures creuses. Le basculement est progressif et la date annoncée par votre fournisseur peut légèrement différer.

Le volume reste identique : toujours 8 heures creuses par jour. Au moins cinq heures consécutives restent garanties la nuit, entre 23h et 7h, tandis que les trois heures restantes pourront être placées entre 11h et 17h. La grande nouveauté est la saisonnalité : les plages pourront différer entre l’hiver (1er novembre au 31 mars) et l’été (1er avril au 31 octobre). Les foyers concernés garderont des heures creuses majoritairement nocturnes cet hiver, et les premières heures creuses d’après-midi arriveront le 1er avril 2027.

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La logique est celle du réseau : avec l’essor du photovoltaïque, l’électricité est souvent plus abondante en milieu de journée l’été. « Il devient logique d’inciter les clients à consommer pendant ces pics de production », résume Hélène Laroche Bonfils, directrice générale d’Octopus Energy France, qui prévient que les Français devront revoir des réflexes bien ancrés.

Combien rapporte encore l’option : notre simulation

Au tarif réglementé en vigueur depuis le 1er août 2026, le kWh coûte 21,42 centimes en heures pleines et 15,89 centimes en heures creuses, contre 20,01 centimes en option Base (6 kVA). L’abonnement étant désormais identique dans les deux options, tout se joue sur la part de consommation placée en heures creuses. Chaque kWh qui glisse d’une heure creuse vers une heure pleine coûte 5,5 centimes de plus.

Nous avons simulé la facture d’énergie d’un foyer consommant 6 000 kWh par an, hors abonnement.

Part consommée en heures creusesFacture HP/HCÉcart avec l’option Base (1 201 €)
20 %1 219 €18 € de plus
25 %1 202 ێquivalent
30 %1 186 €15 € d’économie
40 %1 152 €48 € d’économie
50 %1 119 €81 € d’économie

Au tarif réglementé, le seuil de rentabilité se situe autour de 25 % de consommation en heures creuses. Octopus Energy France conseille de viser au moins 40 % pour que l’option soit vraiment intéressante, un niveau qui intègre une marge de sécurité et varie selon les offres. Le tableau montre surtout la fragilité du gain : un foyer qui passe de 40 % à 30 % faute d’avoir reprogrammé ses appareils perd près des deux tiers de son économie annuelle. À l’inverse, profiter des heures d’après-midi pour lancer ses machines peut améliorer le bilan.

Ballon, voiture électrique, chauffage : les réglages à revoir

Le ballon d’eau chaude, qui pèse souvent 10 à 15 % de la facture d’électricité selon Octopus Energy, est le premier poste à surveiller. S’il est raccordé au contact heures creuses du compteur Linky, il suit en principe les nouveaux horaires sans intervention. S’il dépend d’un programmateur indépendant, il faudra mettre à jour les horaires deux fois par an, le 1er avril et le 1er novembre. Même logique pour l’électroménager à départ différé.

Les automobilistes électriques sont particulièrement exposés. Recharger 2 000 kWh par an en heures creuses plutôt qu’en heures pleines représente environ 110 € d’écart annuel au tarif réglementé. Les cinq heures nocturnes garanties suffisent pour l’essentiel des usages : avec une borne de 7,4 kW, elles permettent de récupérer près de 37 kWh par nuit, de quoi couvrir plusieurs jours de trajets quotidiens. Il faudra en revanche recaler la programmation de la voiture ou de la borne.

Pour le chauffage électrique, l’astuce consiste à chauffer légèrement le logement en fin de plage creuse pour conserver la chaleur au début des heures pleines. Les foyers équipés de panneaux solaires, qui consomment déjà leur production en milieu de journée, sont surtout concernés pour leurs usages nocturnes.

Comment savoir si vous êtes concerné

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Enedis fixe les plages, mais c’est votre fournisseur qui doit vous prévenir. Vos horaires actuels figurent sur votre facture. Octopus Energy France propose aussi un outil gratuit, ouvert à tous les foyers, clients ou non, sur octopusenergy.fr/changement-heures-creuses. Il suffit de renseigner son numéro PRM (14 chiffres, indiqué sur la facture), son nom et son prénom pour savoir si ses heures creuses changent, à quelle date et sur quels créneaux, ainsi que l’option la plus adaptée selon sa consommation heure par heure. Si le verdict est défavorable, rien n’oblige à rester en heures creuses : avec Linky, le changement d’option se fait à distance.


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