Trois mois après son lancement, le plan d’électrification passe à l’action

L'équipe de France de l'électrification, le comité de suivi mis en place par le ministère de l'Energie, s'est réunie ce mardi pour dresser un premier bilan du plan d'électrification des usages, trois mois après son annonce par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Devant les acteurs du secteur, la ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon a insisté sur le passage du plan à l'action, alors que plusieurs mesures phares, leasing social pour les véhicules électriques et offre clé en main pour les pompes à chaleur, entrent en vigueur dans les prochaines semaines.

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Un plan pensé pour réduire la dépendance aux fossiles

Présenté en deux temps par Sébastien Lecornu le 10 avril 2026 puis détaillé dans son intégralité le 23 avril avec 22 mesures réparties sur 9 ministères, le plan d’électrification des usages s’inscrit dans la continuité de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Son objectif affiché est de faire passer la part des énergies fossiles dans la consommation finale française de 60 % à 40 % d’ici 2030, et sous la barre des 30 % en 2035, tandis que la part de l’électricité doit progresser de 27 % à 38 % sur la même période. Le soutien public à l’électrification doit quant à lui presque doubler, passant de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Mardi, Maud Bregeon a resitué cette stratégie dans le contexte géopolitique qui l’a précipitée. Le plan avait en effet été annoncé avant le déclenchement de la guerre au Proche et au Moyen-Orient, dont les conséquences sur les prix du pétrole ont depuis renforcé l’argumentaire de souveraineté énergétique porté par l’exécutif. La ministre a également fait le lien avec l’épisode de canicule que traverse actuellement le pays, rappelant que l’électrification « doit aussi nous protéger de la chaleur » après avoir permis de se prémunir du froid, les pompes à chaleur réversibles produisant indifféremment chauffage et rafraîchissement.

Leasing social : une troisième édition ouverte le 16 juillet

Le dispositif de location sociale de véhicules électriques, déjà utilisé par une première vague de ménages modestes, entre dans sa troisième édition. Elle concernera 50 000 véhicules supplémentaires et ouvrira ses candidatures le 16 juillet 2026, avec des loyers démarrant à moins de 100 euros par mois. L’aide a été renforcée pour les véhicules dont les batteries et moteurs sont fabriqués en Europe, avec un soutien pouvant atteindre 9 500 euros.

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Un second volet cible les actifs qui parcourent plus de 12 000 kilomètres par an à titre professionnel sans pouvoir bénéficier du leasing social. Ces ménages, souvent qualifiés de « gros rouleurs », pourront prétendre à compter du 1er septembre 2026 à une aide pouvant aller jusqu’à 7 600 euros pour l’achat d’un véhicule électrique fabriqué en Europe. Des aides sont par ailleurs déjà actives pour les utilitaires, les poids lourds ainsi que les engins de chantier et agricoles électriques, ces derniers ayant vu leurs plafonds sensiblement relevés par rapport à 2025.

Sur les infrastructures de recharge, le gouvernement confirme viser le doublement du parc de bornes, à 400 000 unités d’ici 2030, via le programme Advenir, doté d’un soutien annuel de l’ordre de 100 millions d’euros.

Pompes à chaleur : une offre clé en main dès le 1er octobre

Second pilier du plan, le dispositif dédié aux pompes à chaleur air-eau réversibles doit permettre aux ménages de basculer hors du gaz sans avance de trésorerie. L’offre, disponible à partir du 1er octobre 2026, associe installation, financement et maintenance, pour une facture globale (équipement et électricité comprises) inférieure ou égale à l’ancienne facture de gaz. Le gouvernement affirme vouloir déployer ces équipements « dans tous les foyers français, pas seulement les plus aisés ». Les pompes à chaleur air-air les plus performantes bénéficieront pour leur part d’une TVA réduite à 5,5 %.

Cet objectif de générralisation doit toutefois composer avec un financement en partie assis sur les certificats d’économies d’énergie (CEE), un mécanisme que plusieurs analyses économiques, dont celle de la Fondation IFRAP, avaient pointé comme fragile budgétairement dès l’annonce du plan en avril. Ce point de vigilance mérite d’être suivi à mesure que les volumes de demandes progresseront.

Territoires et réglementation : les prochaines échéances à surveiller

Sur le volet territorial, plus de 200 candidatures ont été déposées pour intégrer les 100 territoires d’électrification annoncés par le plan, dont la liste doit être dévoilée prochainement. Ces territoires seront accompagnés vers une trajectoire de sortie du gaz d’ici 2030.

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Côté réglementation, l’interdiction des chaudières à gaz dans les bâtiments neufs entrera en vigueur au 1er janvier 2027, tandis que MaPrimeRénov’ sera recentrée vers l’électrification dès le 1er septembre 2026 pour les rénovations d’ampleur. Un appel à projets doit par ailleurs accompagner financièrement les artisans dans la bascule de leurs équipements vers l’électricité, qu’il s’agisse des fours de céramistes et boulangers, des plaques de cuisson en restauration, des rôtissoires de bouchers ou des pompes à chaleur pour les serres agricoles.

Enfin, l’Etat s’engage à ce que la totalité des véhicules acquis lors du renouvellement annuel de son parc soit électrique, et la réforme facilitant l’accès au réseau haute tension, qui doit désormais prioriser les projets prêts en premier plutôt que les premiers inscrits, doit être finalisée d’ici la fin de l’année. Un décret interdisant la publicité pour les énergies fossiles est également attendu d’ici fin 2026.


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