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Résumé :
- Mise en service de trois parcs photovoltaïques en région PACA, apportant une puissance cumulée de 26,9 MWc au mix électrique national.
- Priorité au recyclage foncier grâce à la valorisation d’une ancienne carrière des années 1970 et d’une friche de 15 hectares combinant trackers solaires et dispositif d’irrigation.
- Maturité du modèle économique avec la signature d’un contrat d’achat direct d’électricité (CPPA) sur 15 ans avec le CERN pour sécuriser un volume de 34,3 GWh par an.
La course aux « délaissés » : éviter l’artificialisation à tout prix
L’implantation de panneaux solaires au sol nécessite de l’espace, soulevant régulièrement la question des conflits d’usage avec les zones naturelles ou cultivables. Pour y répondre, la filière cherche à privilégier des sites déjà transformés par l’activité humaine.
Parmi les trois centrales récemment mises en service par Voltalia en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, deux s’inscrivent directement dans cette démarche d’optimisation de l’espace. Dans les Bouches-du-Rhône, un premier projet de 6,2 MW valorise une ancienne zone de stockage de matériaux convertie en carrière dans les années 1970. Un deuxième parc de 10,9 MWc occupe quant à lui une friche de 15 hectares. L’installation associe des panneaux montés sur trackers à un dispositif d’irrigation pensé pour préserver une activité agricole pérenne. Enfin, un troisième site de 9,8 MW sur structures fixes complète ce déploiement dans les Alpes-Maritimes. L’ensemble cumule 26,9 MWc.
Électricité renouvelable : comment la Mayenne territorialise sa production
Cette approche d’implantation sur des friches ou des espaces dégradés correspond aux orientations documentées par le ministère de la Transition écologique. La concrétisation d’une centrale dépend ensuite de critères locaux incontournables : le foncier disponible, la proximité du raccordement au réseau et l’intégration territoriale du projet.
Compléter le mix électrique national : l’apport capacitaire sur le réseau
Ces installations s’ajoutent progressivement à l’architecture énergétique du territoire. À l’échelle des trois parcs, la production générée représente l’équivalent de la consommation électrique annuelle de plus de 19 100 habitants, évitant ainsi l’émission de 7 800 tonnes de CO2 par an.
Le solaire au sol s’intègre de manière systémique dans la gestion globale du réseau électrique national. Comme l’illustrent les données de suivi par filière publiées en temps réel par RTE (Réseau de Transport d’Électricité) via la plateforme Eco2mix, les énergies renouvelables décentralisées viennent compléter le mix électrique national.
Dans des régions bénéficiant d’un bon ensoleillement, ces capacités locales apportent une électricité utile en journée. L’enjeu capacitaire consiste à s’additionner à la production historique pour répondre à la demande globale, en limitant la pression sur les terres naturelles partout où le foncier le permet.
Sécuriser le modèle économique : l’essor des PPA
Les modèles économiques de la filière photovoltaïque se diversifient. Si les appels d’offres de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) continuent d’accompagner de nombreux projets (à l’image du parc de 6,2 MW désigné lauréat en octobre 2023), d’autres mécanismes contractuels émergent.
C’est le cas des CPPA (Corporate Power Purchase Agreement), des accords de gré à gré permettant à un consommateur d’acheter directement l’électricité à un producteur. Dans le cadre de ce déploiement en PACA, la production cumulée de la friche agricole et du parc des Alpes-Maritimes, soit un volume de 34,3 gigawattheures (GWh) par an, fait l’objet d’un contrat de ce type sur 15 ans avec le CERN.
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Solaire européen : comment les heures d’abondance rendent le stockage stratégique en France
Ce modèle contractuel démontre qu’une partie de la filière peut désormais s’appuyer sur des accords de long terme avec des acteurs industriels ou institutionnels cherchant à sécuriser un approvisionnement en énergie décarbonée à un tarif prévisible.
Les sites anthropisés et les friches offrent des solutions pertinentes pour déployer le photovoltaïque en minimisant l’impact foncier. Cependant, ces surfaces constituent un gisement par nature limité. Pour poursuivre le déploiement des capacités renouvelables en France sur le long terme, le secteur explore des modèles de cohabitation plus étroits. L’agrivoltaïsme, qui conditionne la production d’énergie au maintien réel d’une exploitation agricole, représente aujourd’hui l’une des pistes structurantes étudiées pour relever ce défi territorial.

