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Rappel : la réforme du 1er janvier 2026 a déjà bouleversé des centaines de milliers de situations
Pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui, il faut d’abord rappeler la mécanique du DPE. Ce diagnostic attribue à votre logement une étiquette de A à G en se basant, entre autres, sur sa consommation d’énergie primaire. Or, pour calculer cette consommation, le DPE applique un coefficient de conversion qui transforme l’énergie que vous consommez réellement en une valeur théorique tenant compte de tout ce qu’il a fallu produire et acheminer pour vous la livrer.
Jusqu’à fin 2025, ce coefficient était fixé à 2,3 pour l’électricité. Autrement dit, pour chaque kilowattheure consommé dans votre logement, le DPE en comptabilisait 2,3. Une convention héritée d’une époque où le mix électrique européen était bien plus carboné qu’il ne l’est aujourd’hui. En France, où l’électricité est produite à plus de 90 % sans émission de CO₂ grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, ce chiffre était devenu injuste et obsolète.
Depuis le 1er janvier 2026, ce coefficient a été abaissé à 1,9, en s’alignant sur la valeur européenne actualisée. L’effet concret a été immédiat : environ 850 000 logements chauffés à l’électricité ont vu leur étiquette s’améliorer, parfois d’une classe, parfois deux, sans le moindre travaux. Par exemple, un appartement de 60 m² chauffé à l’électricité qui affichait une consommation de 270 kWh/m²/an en classe E se retrouve désormais à environ 224 kWh/m²/an, soit la classe D. Pour les DPE réalisés entre juillet 2021 et fin 2025, une attestation de nouvelle étiquette est disponible gratuitement sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, sans qu’aucune nouvelle visite de diagnostiqueur ne soit nécessaire.
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Ce que prévoit la nouvelle mise à jour annoncée en juillet 2026
Le gouvernement n’entend pas s’arrêter là. Lors de la présentation de son plan d’électrification au printemps, l’exécutif avait annoncé vouloir descendre le coefficient « autour de 1,7 ». Le projet d’arrêté est désormais formalisé : le coefficient de conversion de l’électricité va passer de 1,9 à 1,7, et sera examiné par le Conseil supérieur de l’énergie le 23 juillet 2026. L’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2027.
L’impact sera cette fois moins massif que la première réforme, mais loin d’être négligeable. Selon la fiche d’impact adossée au projet d’arrêté, cette évolution ferait sortir environ 125 000 logements du parc locatif privé du statut de passoire thermique. Sur l’ensemble des résidences principales, 300 000 logements supplémentaires ne seraient plus classés F ou G. Cela représente plus d’un tiers des passoires thermiques chauffées à l’électricité qui resteraient encore dans cette catégorie après la première réforme.
Là encore, aucun logement ne verra son étiquette se dégrader à la suite de ce changement. La règle est constante : ces réformes du coefficient ne peuvent qu’améliorer ou stabiliser les classements existants, jamais les abaisser. Et comme pour la réforme précédente, une attestation de mise à jour gratuite sera disponible sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME à partir du 1er janvier 2027, pour tous les diagnostics réalisés depuis juillet 2021.
Faut-il refaire son DPE maintenant, ou attendre 2027 ?
La question mérite d’être posée avec pragmatisme. Si votre DPE a été réalisé après le 1er juillet 2021, il reste juridiquement valable pendant dix ans. Vous n’avez donc aucune obligation d’en faire établir un nouveau. En revanche, deux situations justifient une démarche proactive.
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La première : si votre logement est encore classé F ou G malgré la réforme de 2026, et que vous envisagez de le vendre ou de le louer avant 2028, date à laquelle les logements classés F seront interdits à la location. Dans ce cas, vérifier si le passage à 1,7 vous permet de franchir un seuil de classe peut éviter d’engager des travaux coûteux. La seconde : si votre logement a été diagnostiqué avant juillet 2021 avec l’ancienne méthode. Ce DPE est désormais expiré et doit de toute façon être refait.
Ces deux réformes successives s’inscrivent dans une logique politique très claire : faire de l’électricité, et notamment de la pompe à chaleur, le chauffage de référence pour les décennies à venir. En rendant les logements électriques plus attractifs sur le papier, l’État espère accélérer l’abandon des chaudières à gaz et à fioul, sans attendre que les propriétaires engagent des travaux d’ampleur.

