États-Unis : Un record mensuel qui illustre la montée en puissance des renouvelables

En mars 2026, les énergies renouvelables ont dépassé le gaz naturel comme première source de production d'électricité aux États-Unis sur le mois. Si ce pic ponctuel a été favorisé par une météo printanière, il s'inscrit dans une dynamique où la compétitivité des technologies décarbonées participe au renforcement de la sécurité énergétique, en complémentarité avec le socle nucléaire.

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Résumé : 

  • Dépassement du gaz naturel : En mars 2026, le cumul du solaire, de l’éolien, de l’hydroélectricité et de la bioénergie a fourni un peu plus du tiers de l’électricité américaine, devançant le gaz naturel sur cette période (source : Ember).
  • Un levier de sécurité énergétique : Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le déploiement des renouvelables depuis 2010 a permis aux pays importateurs d’éviter environ 1 300 milliards de dollars de dépenses en charbon et en gaz naturel.
  • Cap sur l’IA : Les renouvelables devraient couvrir 50 % de la nouvelle demande électrique mondiale liée à l’intelligence artificielle dans les cinq prochaines années.

Dynamique industrielle : l’évolution du mix américain

Le record de mars 2026 est indissociable d’une accélération des mises en service. Selon les données d’une agence du ministère de l’Énergie américain relayées par SciencePresse, les énergies renouvelables ont représenté 93 % des nouvelles capacités de production ajoutées aux États-Unis en 2025.

Ce déploiement s’appuie sur une réalité économique : le solaire photovoltaïque et l’éolien terrestre sont devenus les options les moins coûteuses pour ajouter de nouvelles capacités de production électrique dans presque tous les pays. Si les orientations de la politique fédérale influencent le rythme des projets — l’AIE ayant ajusté ses prévisions américaines suite à des révisions de crédits d’impôt — la compétitivité de ces technologies reste un facteur déterminant pour les acteurs du marché énergétique.

Planification énergétique : quand nos territoires reprennent la main sur leur production

Toutefois, ce résultat mensuel doit être nuancé par des facteurs conjoncturels. Des températures plus clémentes que la normale dans l’Ouest américain ont réduit la demande de chauffage au début du printemps. Cette baisse de la consommation globale a favorisé la part relative des sources renouvelables dans le mix électrique du mois. Le gaz naturel conserve une position centrale aux États-Unis, tandis que le charbon poursuit son recul régulier observé depuis les années 2010.

Les leviers d’une accélération mondiale

La transition énergétique mondiale est soutenue par une baisse des coûts industriels. Le rapport Renewables 2025 de l’AIE indique que le solaire PV et l’éolien sont désormais les options les plus abordables pour installer de nouvelles capacités de production dans la plupart des pays.

Cette dynamique est largement portée par l’appareil industriel chinois, qui assure près de 60 % de la croissance mondiale des capacités renouvelables. En concentrant environ 90 % du raffinage des terres rares et de la production d’aimants spécifiques pour les turbines, la Chine bénéficie d’une position dominante sur la chaîne d’approvisionnement. Le prix des modules photovoltaïques a ainsi chuté de plus de 60 % depuis 2023. Cette tendance facilite le déploiement international, bien que des disparités de prix subsistent selon les zones géographiques et les contraintes logistiques.

Sécurité énergétique et complémentarité des sources

L’intérêt de cette progression réside dans la diversification des systèmes énergétiques. L’AIE souligne que le déploiement des renouvelables contribue à limiter l’exposition à la volatilité des marchés fossiles. Sans les 2 500 GW de capacités renouvelables installés depuis 2010, les importations mondiales cumulées de charbon et de gaz auraient été 45 % plus élevées en 2023.

Cette trajectoire privilégie une logique de complémentarité bas-carbone. Le record américain de mars illustre comment les énergies renouvelables s’ajoutent à une production nucléaire stable pour réduire la part des énergies fossiles.

Cette synergie répond également à l’émergence de nouveaux besoins industriels, comme ceux des centres de données. Dans la zone ERCOT au Texas, plus de 50 % de la croissance du solaire à grande échelle repose sur des contrats d’achat directs (PPAs) portés par la demande liée à l’IA. Cet exemple local témoigne de la capacité des énergies renouvelables à s’intégrer rapidement face à l’évolution de la demande électrique.

D’ici 2030, l’AIE prévoit que les capacités renouvelables mondiales augmenteront de 4 600 GW. Parallèlement, la part des renouvelables dans la production d’électricité mondiale devrait progresser pour atteindre environ 43 % à la fin de la décennie.

Énergies renouvelables et sécurité énergétique : les constats de la conjoncture actuelle

Bien que l’intégration aux réseaux et les besoins de flexibilité restent des défis majeurs, les données actuelles confirment que les énergies renouvelables s’affirment comme un pilier des systèmes électriques. Elles contribuent à l’émergence d’un mix plus souverain et compétitif, répondant aux objectifs de décarbonation à long terme.

SOURCES :

  1. International Energy Agency (IEA), « Renewables 2025: Analysis and forecasts to 2030 » (October 2025).
  2. Ember, Analyse de la production mensuelle d’électricité aux États-Unis (Mars 2026).
  3. SciencePresse, « Même aux États-Unis, les renouvelables battent un nouveau record », 2026 (citant les données d’une agence du DOE).

Vous aimez cet article ? Partagez !