Photovoltaïque : pourquoi la baisse des coûts devrait se poursuivre

Le solaire n'est plus seulement une affaire de conviction écologique, c'est devenu un choix de plus en plus économique. Alors que les coûts d'installation ont déjà diminué de façon spectaculaire en dix ans, de nouvelles projections envisagent des niveaux de prix historiquement bas d'ici 2050. Décryptage d'une dynamique portée par l'innovation et l'industrialisation massive.

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Résumé : 

  • Une tendance prospective : Le coût d’investissement (Capex) du solaire pourrait se situer entre 166 €/kW et 720 €/kW d’ici 2050 (selon l’université LUT).
  • Innovation : De nouvelles technologies de substitution à l’argent, attendues dès 2026, visent à lever certains freins de production.
  • Niveaux de prix : En France, le coût complet (LCOE) du solaire au sol s’établit entre 70 et 91 €/MWh, confirmant sa compétitivité.
  • Croissance mondiale : Le solaire a enregistré la progression absolue la plus importante de toutes les technologies renouvelables en 2023.

Le solaire photovoltaïque a franchi un cap historique. Selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), il figure désormais parmi les solutions les plus compétitives pour la production d’électricité. Rien qu’en 2023, la production mondiale a bondi de 320 TWh (+25 %), témoignant d’une accélération qui redessine le mix énergétique global.

Portée par une expansion industrielle sans précédent, la filière gagne du terrain face aux énergies fossiles. Cette trajectoire s’appuie sur un levier majeur : l’augmentation des capacités de fabrication mondiales, qui permet de réduire les coûts unitaires des composants.

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2012-2022 : Une décennie de bascule pour le marché français

En France, le paysage énergétique a radicalement évolué en dix ans. Selon les données de l’ADEME, les coûts des installations photovoltaïques de plus de 36 kWc ont été divisés par cinq entre 2012 et 2020. Cette évolution s’explique principalement par la baisse du prix des modules, portés par une production passée au stade industriel de masse.

Pour mesurer cette rentabilité, les experts utilisent le LCOE (Levelized Cost of Energy). Ce terme désigne le coût moyen de production de l’énergie sur toute la durée de vie d’une installation. Entre 2012 et 2020, ce coût a reculé de 40 % pour le solaire résidentiel en France.

Même si la période 2021-2022 a marqué une pause en raison de l’inflation, le solaire a montré une forte résilience. Face aux centrales à gaz, dont les coûts ont triplé sur la même période, le photovoltaïque est apparu comme une option pertinente pour limiter l’exposition à la volatilité des marchés de l’énergie.

Les leviers de la performance : l’innovation au cœur de la filière

Pourquoi les prix pourraient-ils continuer de baisser ? Le premier facteur est l’effet d’échelle. En augmentant les volumes produits à l’échelle mondiale, l’industrie parvient à optimiser ses processus de fabrication.

Le second levier réside dans les avancées technologiques. Le silicium cristallin continue de gagner en efficacité, mais de nouveaux gisements de performance sont identifiés :

  1. Substitution des matériaux : L’une des limites actuelles est l’usage de l’argent dans les cellules. Des technologies de substitution sont attendues dès 2026, ce qui devrait lever ce goulot d’étranglement.
  2. Diversification des solutions : L’essor du solaire bifacial, du flottant ou de l’agrivoltaïsme permet d’augmenter la production sur une même surface, optimisant ainsi l’investissement initial.

Projections 2050 : vers une énergie structurellement abordable

Les projections à long terme confirment ce potentiel. Une étude de l’université finlandaise LUT indique que le coût d’investissement (Capex) pourrait descendre jusqu’à 166 €/kW d’ici 2050 (en euros 2019). Selon d’autres conventions monétaires, cette valeur peut s’établir à 720 €/kW (en euros 2017).

Ces variations dépendent des modèles choisis, mais la convergence est forte : le solaire et l’éolien pourraient assurer ensemble entre 80 % et 100 % de la production d’électricité mondiale à cet horizon.

Les chercheurs soulignent également que les prévisions passées ont souvent été conservatrices. Ils pointent notamment des simplifications dans la modélisation qui peuvent conduire à sous-estimer le potentiel de déploiement réel de la filière.

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Le photovoltaïque a franchi le seuil de la maturité. Avec un soutien public plus ciblé, il confirme sa place parmi les solutions électriques affichant les meilleurs niveaux de compétitivité.Pour la France, l’enjeu dépasse le simple prix du kilowatt-heure. C’est un levier de souveraineté et de maîtrise des dépenses énergétiques. En diversifiant les modes de déploiement, la filière prépare un avenir énergétique où la stabilité des coûts devient un objectif accessible.

Note d’expertise ECO Infos : Cet article s’appuie sur les synthèses 2024 de l’ADEME, les rapports de l’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) et les travaux de recherche de l’Université LUT.


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