Transition énergétique : quand les citoyens deviennent producteurs d’électricité

Le paysage énergétique français intègre désormais une composante locale de plus en plus structurée : les initiatives citoyennes. En Nouvelle-Aquitaine, la future centrale de Saint-Paul-lès-Dax illustre cette dynamique où habitants et collectivités s’associent pour financer et participer à la gestion de leurs infrastructures de production d’électricité, en complément des capacités du mix électrique national.

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Résumé : 

  • La dynamique : Plus de 300 projets citoyens d’énergie sont recensés en France selon l’ADEME.
  • L’exemple landais : Une installation de 5 MWc photovoltaïques sur une ancienne décharge réhabilitée.
  • La production : Une capacité annuelle de 6 300 MWh, soit l’équivalent de la consommation électrique (hors chauffage) de 5 300 foyers.
  • L’accessibilité : Un investissement ouvert aux particuliers dès 50 €, avec une gouvernance partagée.

Valoriser le foncier dégradé pour la production de proximité

Le développement des énergies renouvelables (EnR) s’appuie de plus en plus sur la réhabilitation de sites anthropisés. À Saint-Paul-lès-Dax, le projet prend place sur une ancienne décharge communale de 10 hectares, route d’Herm. Exploitée jusqu’en 2021 puis remise en état en 2023, cette zone présente un niveau d’artificialisation qui limite ses usages agricoles.

L’implantation de panneaux photovoltaïques sur 5 hectares permet ainsi de réutiliser ce foncier dégradé. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de la municipalité, qui vise 50 % d’énergie locale d’ici 2026. À plus long terme, la commune ambitionne de couvrir l’équivalent des besoins de ses services et de l’éclairage public à l’horizon 2030.

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Financement participatif : une mobilisation de l’épargne locale

Le projet, estimé à 5 millions d’euros, repose sur un modèle de financement mixte. La majorité de l’investissement est assurée par des emprunts bancaires, tandis qu’une part minoritaire provient des acteurs publics, des partenaires et de la participation citoyenne.

L’implication des habitants est rendue possible via un ticket d’entrée accessible, fixé à 50 € à travers la structure dédiée CIER40. Un dispositif régional vient compléter cette dynamique en Nouvelle-Aquitaine, avec un mécanisme de soutien qui peut renforcer l’investissement des particuliers dans certaines limites.

Le modèle s’inscrit dans une logique de long terme, avec une exploitation prévue sur plusieurs décennies et des retombées financières progressives.

Gouvernance : la force du modèle coopératif

Le pilotage du projet repose sur une organisation partagée. La société Candate Énergie regroupe la mairie de Saint-Paul-lès-Dax, Enercoop Nouvelle-Aquitaine et EnRciT, aux côtés d’acteurs comme la SEM Enerlandes et le fonds Terra Énergies.

Le fonctionnement repose sur le principe « un actionnaire, une voix », qui encadre la prise de décision. Cette structure permet d’associer les différentes parties prenantes, qu’elles soient institutionnelles, coopératives ou citoyennes.

L’initiative s’appuie également sur l’association Transition Énergétique Saint-Paul (TESP), créée en 2020 pour mobiliser les habitants autour du projet.

Une brique complémentaire du mix énergétique

Ces projets s’inscrivent dans une logique de complémentarité énergétique avec les autres modes de production. À l’échelle locale, ils participent à la diversification des sources d’énergie et à une meilleure appropriation des enjeux par les citoyens.

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La dimension environnementale est intégrée dès la conception. À Saint-Paul-lès-Dax, des études sur la faune et la flore ont été menées sur une année complète afin d’adapter l’implantation du parc et préserver une partie du site.

Après l’obtention des autorisations en 2024, les travaux doivent débuter à l’automne 2025. La mise en service de la centrale photovoltaïque est prévue pour début 2026.


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