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Si vous avez un projet d’isolation, de changement de fenêtres ou de chauffe-eau, le compte à rebours a commencé. À partir du 1er septembre 2026, ces travaux réalisés seuls ne donneront plus droit à MaPrimeRénov’, une aide jusqu’ici accessible sans avoir à engager un chantier plus vaste. Au même moment, un texte voté au Sénat redessine les règles de location des logements les plus mal isolés, avec des conséquences directes pour des centaines de milliers de propriétaires bailleurs et leurs locataires.
Ce que change la réforme de MaPrimeRénov’ pour vos travaux
Selon les informations confirmées par le ministère du Logement à l’AFP fin juin 2026, six types de travaux vont sortir du parcours MaPrimeRénov’ par geste à compter du 1er septembre 2026 : l’isolation des combles et des toits, le remplacement des fenêtres, les chauffe-eau thermodynamiques, les chauffe-eau et chauffages solaires hors Outre-mer, les pompes à chaleur dédiées uniquement à la production d’eau chaude sanitaire, et les systèmes de ventilation.
Concrètement, ces travaux réalisés seuls, en dehors d’un projet plus large, ne donneront plus droit à l’aide de l’Anah. Ils resteront finançables, mais uniquement dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, un parcours plus exigeant qui impose de regrouper plusieurs postes de travaux, de viser un gain d’au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique, et de passer par un Accompagnateur Rénov’ agréé. L’instruction de ce parcours prend également plus de temps.
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Trois gestes seulement resteront finançables isolément après le 1er septembre : la pompe à chaleur air-eau ou géothermique dédiée au chauffage, le raccordement à un réseau de chaleur, et la dépose d’une cuve à fioul. Cette réforme s’ajoute à celle entrée en vigueur au 1er janvier 2026, qui avait déjà exclu du monogeste l’isolation des murs et les chaudières biomasse.
Pour mesurer l’ampleur du changement, voici ce que représentent aujourd’hui ces aides, avant leur sortie du parcours par geste :
| Travaux | Aide actuelle en monogeste | Après le 1er septembre 2026 |
|---|---|---|
| Isolation des combles | Jusqu’à 75 €/m² selon les revenus | Non éligible seul, uniquement en rénovation d’ampleur |
| Fenêtres (simple vitrage) | Forfait de 40 € à 100 € selon les revenus | Non éligible seul |
| Chauffe-eau thermodynamique | De 400 € à 1 200 € selon les revenus | Non éligible seul |
| Ventilation double flux | Jusqu’à 6 000 € de dépense éligible | Non éligible seul |
| Poêle à granulés ou à bûches | Jusqu’à 5 000 € de dépense éligible | Non éligible seul |
| Pompe à chaleur air-eau (chauffage) | Jusqu’à 12 000 € de dépense éligible | Reste éligible |
Prenons un exemple concret. Un ménage aux revenus modestes qui isole 80 m² de combles perdus peut aujourd’hui percevoir plusieurs milliers d’euros d’aide au titre du seul geste d’isolation, sans avoir à toucher au reste du logement. À partir de septembre, ce même chantier isolé sortira du dispositif : il faudra soit renoncer à l’aide, soit englober ce projet dans une rénovation d’ampleur, généralement synonyme d’un budget de travaux nettement plus élevé et de plusieurs mois supplémentaires pour monter le dossier. Cette estimation est une simulation ECOinfos construite à partir des barèmes publics de l’Anah, elle ne remplace pas une évaluation personnalisée.
Le Conseil national de l’habitat a voté contre, l’exécutif garde la main
Le décret et l’arrêté qui organisent cette réforme ont été présentés le 2 juillet 2026 au Conseil national de l’habitat (CNH), l’instance consultative qui réunit bailleurs, locataires, professionnels du bâtiment et associations auprès du ministère du Logement. Le verdict a été net : les membres du CNH ont rejeté les deux textes par 25 voix contre, 6 voix pour et 7 abstentions.
Cet avis reste toutefois purement consultatif. Le gouvernement peut légalement publier le décret et l’arrêté en l’état et maintenir son calendrier d’entrée en vigueur au 1er septembre 2026. Début juillet 2026, ni le décret ni l’arrêté n’étaient encore parus au Journal officiel, et leur publication restait annoncée « dans les semaines à venir » sans date arrêtée à ce stade.
Dans le secteur, l’accueil est resté froid. Audrey Zermati, directrice stratégie du groupe Effy, a dénoncé un nouveau signal jugé désastreux pour la rénovation énergétique, et alerté sur le risque d’un afflux de dossiers de dernière minute avant la bascule, susceptible d’engorger l’instruction à l’Anah. L’économie budgétaire recherchée par cette réforme est évaluée à environ 300 millions d’euros selon plusieurs médias spécialisés, un chiffre qui n’a pas été confirmé officiellement par le ministère à ce stade.
Passoires thermiques, un sursis conditionnel pour 700 000 logements
Le second volet concerne les propriétaires bailleurs et leurs locataires. Le 8 juillet 2026, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi relance et décentralisation du logement. Son article 6 permettrait de remettre en location un logement classé F ou G au DPE, à la condition que le propriétaire s’engage dans un contrat de travaux de rénovation énergétique conclu avant 2030.
Le calendrier national d’interdiction n’est pas modifié par ce texte : les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les F le seront à partir de 2028, les E à partir de 2034. Ce que le Sénat introduit, ce sont des dérogations qui permettent de continuer à louer un logement F ou G tant que des travaux sont engagés, sans attendre qu’ils soient achevés. Selon les estimations du gouvernement relayées par la presse, environ 700 000 logements F et G pourraient ainsi rester sur le marché locatif.
Les sénateurs ont également intégré la notion de confort d’été dans la définition d’une rénovation énergétique performante, une évolution directement liée à la multiplication des épisodes caniculaires. Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a salué un texte qui ouvre selon lui la voie à des centaines de milliers de rénovations supplémentaires et fait confiance aux maires. À l’inverse, des associations de défense des locataires et une partie de la gauche sénatoriale dénoncent un recul du calendrier de rénovation énergétique, au détriment des locataires qui continueraient à vivre dans des logements mal isolés.
Le texte doit désormais être examiné par l’Assemblée nationale à la rentrée. Rien n’est donc encore applicable : tant que la loi n’est pas promulguée, l’interdiction de location des passoires thermiques reste en vigueur selon le calendrier actuel.
Ce que réclament les collectivités locales
Ces deux réformes sont regardées de près par les collectivités territoriales, qui pilotent une partie de l’accompagnement à la rénovation sur le terrain. L’association AMORCE, qui représente plus de 1 100 collectivités adhérentes, demande notamment :
- le maintien du financement des monogestes d’isolation
- la réalisation préalable obligatoire d’un geste d’isolation avant tout changement de système de chauffage
- une modulation à la hausse des aides lorsque des solutions de rafraîchissement passif sont intégrées aux travaux
- une dérogation pour les logements récemment équipés d’un chauffage au gaz performant
L’association soutient par ailleurs le principe d’une décentralisation de la gestion des aides à la rénovation vers les intercommunalités, une mesure inscrite dans le projet de loi logement. Elle conditionne toutefois son soutien à un engagement financier stable de l’État sur au moins cinq ans, à un accompagnement technique renforcé pour les collectivités, et à une coordination nationale pour éviter des écarts d’aide trop importants d’un territoire à l’autre. Ces positions restent des prises de position d’AMORCE, elles ne préjugent pas des arbitrages finaux du gouvernement ou du Parlement.
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Pour les propriétaires qui ont un projet d’isolation des combles, de remplacement de fenêtres ou de chauffe-eau thermodynamique en réflexion, la stratégie la plus sûre reste de déposer un dossier complet avant l’entrée en vigueur du décret. Cela suppose de disposer d’un diagnostic de performance énergétique à jour, d’un devis signé par un artisan certifié RGE, et d’anticiper les délais d’instruction de l’Anah, qui peuvent aller de six semaines à plusieurs mois. Trouver un artisan RGE disponible prend lui-même généralement entre huit et douze semaines, un délai à intégrer dès maintenant si le décret est publié dans les prochaines semaines comme annoncé.
Pour les propriétaires bailleurs d’un logement F ou G, aucune démarche n’est nécessaire dans l’immédiat : le projet de loi n’en est qu’à sa première lecture et son examen à l’Assemblée nationale ne débutera qu’à la rentrée. L’interdiction de location applicable aujourd’hui reste celle fixée par le calendrier en vigueur.

