Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Ce qui disparaît du parcours par geste à partir d’aujourd’hui
Trois textes réglementaires publiés au Journal officiel le 27 août 2026, dont le décret n° 2026-822 du 25 août 2026, actent la suppression d’une grande partie des aides monogestes. Concrètement, les travaux suivants ne donnent plus droit à MaPrimeRénov’ lorsqu’ils sont réalisés seuls, en dehors d’un projet de rénovation globale : l’isolation des combles et des toitures, le remplacement des fenêtres, l’installation d’une VMC, la pose d’un chauffe-eau thermodynamique, les chauffe-eau et chauffages solaires hors Outre-mer, les pompes à chaleur dédiées uniquement à la production d’eau chaude sanitaire, et les équipements de chauffage au bois tels que les poêles et inserts.
Cette réforme s’ajoute à celle du 1er janvier 2026, qui avait déjà exclu du monogeste l’isolation des murs et les chaudières biomasse. En quelques mois, le périmètre des gestes accessibles seuls s’est donc considérablement réduit. L’État concentre désormais ses 3,6 milliards d’euros de budget MaPrimeRénov’ sur un objectif très précis : l’électrification des logements et la sortie des énergies fossiles.
Prenons un exemple concret : vous êtes propriétaire d’une maison construite en 1985 et vous souhaitiez simplement isoler vos combles pour réduire votre facture de chauffage. Depuis ce matin, cette démarche ne vous ouvre plus les portes de MaPrimeRénov’ seule. Vous devrez soit vous tourner vers les certificats d’économies d’énergie, soit envisager un projet de rénovation d’ampleur.
Rénovation globale : garder le gaz peut vous faire perdre jusqu’à 32 000 € d’aide MaPrimeRénov’
L’empreinte carbone du solaire français chute officiellement de moitié en 2026
Ce qui reste : les trois gestes encore finançables seuls
Dans ce nouveau cadre, seulement trois types de travaux demeurent éligibles à MaPrimeRénov’ en tant que geste isolé. Il s’agit de la pompe à chaleur air-eau ou géothermique dédiée au chauffage, du raccordement à un réseau de chaleur, et de la dépose d’une cuve à fioul. La pompe à chaleur est clairement le grand gagnant de cette réforme.
Les montants de l’aide restent inchangés et sont loin d’être négligeables. Pour une PAC air-eau, MaPrimeRénov’ peut atteindre 5 000 € selon vos revenus. Pour une PAC géothermique à capteurs horizontaux ou verticaux, l’aide peut grimper jusqu’à 11 000 €. Ces aides sont cumulables avec la prime CEE « Coup de pouce Chauffage », qui applique une bonification multipliée par cinq lorsque la pompe à chaleur remplace une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz dans une résidence principale. La combinaison des deux dispositifs peut représenter une économie très significative sur votre facture finale.
Un point de vigilance supplémentaire s’est ajouté depuis le 1er juillet 2026 : pour bénéficier de la bonification CEE au taux maximum, le modèle de PAC choisi doit figurer sur la liste officielle des modèles agréés, consultable sur le site bonus-pac.ademe.fr. Il est donc indispensable de vérifier l’éligibilité du modèle proposé par votre installateur avant de signer le moindre devis.
La rénovation d’ampleur : la nouvelle voie obligatoire pour tout le reste
Si votre projet intègre des travaux d’isolation ou de menuiserie, la seule option pour obtenir MaPrimeRénov’ est désormais le parcours rénovation d’ampleur, aussi appelé parcours accompagné. Ce dispositif est plus exigeant, mais les aides associées sont également plus importantes.
Pour y être éligible, votre logement doit être classé E, F ou G au diagnostic de performance énergétique, avoir plus de 15 ans, être occupé comme résidence principale au moins 8 mois par an, et le chantier doit permettre un gain d’au moins 2 classes DPE. Il doit également comporter au moins deux gestes d’isolation parmi les murs, la toiture, les planchers bas ou les fenêtres. Un Accompagnateur Rénov’ agréé est obligatoire pour piloter le dossier.
Les taux de prise en charge dans ce parcours sont les suivants : 80 % pour les ménages aux revenus très modestes, 60 % pour les ménages modestes, 45 % pour les revenus intermédiaires et 10 % pour les revenus supérieurs. À cela peut s’ajouter l’éco-prêt à taux zéro, accessible sans condition de ressources et pouvant atteindre 50 000 € dans le cadre d’une rénovation globale, prolongé jusqu’en 2027. Autre nouveauté importante : depuis ce 1er septembre, une rénovation d’ampleur dans une maison individuelle ne peut plus bénéficier de MaPrimeRénov’ si un chauffage au gaz est encore présent après les travaux. L’objectif affiché par le gouvernement est un million de pompes à chaleur installées chaque année d’ici 2030.
Comment adapter votre projet à ces nouvelles règles dès maintenant
La prochaine étape du micro-stockage: comment la coordination sans fil rend l’installation et l’extension du stockage résidentiel plus flexibles
Voitures électriques : 38 % du marché en août 2026, un record qui change tout
Si votre projet de rénovation n’est pas encore lancé, cette réforme vous donne une feuille de route claire. Vous souhaitez changer votre système de chauffage ? C’est le moment idéal : la pompe à chaleur reste le geste le mieux soutenu financièrement, avec des aides cumulables qui peuvent couvrir une part très importante de l’investissement. Commencez par demander plusieurs devis auprès d’installateurs certifiés RGE, condition indispensable pour toute aide publique, et vérifiez que le modèle proposé figure bien sur la liste bonus-pac.ademe.fr.
Vous aviez en tête un projet d’isolation seule ? Renseignez-vous auprès d’un opérateur CEE, car ces travaux restent finançables via ce dispositif, même si MaPrimeRénov’ ne les couvre plus en geste isolé. Enfin, sachez que c’est la date de dépôt de votre demande sur la plateforme MaPrimeRénov’ qui fait foi, et non la date de réalisation des travaux. Un dossier déposé avant le 1er septembre reste soumis aux anciennes règles.

