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Une idée simple aux avantages multiples
Le principe du photovoltaïque flottant est aussi logique qu’élégant. Des panneaux solaires sont posés sur des structures flottantes ancrées à la surface d’un plan d’eau, en lieu et place de terrains qui seraient autrement laissés à l’abandon. Pour la France, confrontée à l’objectif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d’ici 2050, cette solution présente un avantage décisif : elle permet de déployer de nouvelles capacités solaires sans mobiliser un seul mètre carré de foncier naturel ou agricole supplémentaire.
Mais les bénéfices ne s’arrêtent pas là. La proximité de l’eau maintient les panneaux à une température plus basse, ce qui améliore leur rendement par rapport à une installation au sol classique. À l’inverse, les panneaux limitent l’évaporation du plan d’eau en faisant de l’ombre à sa surface, un avantage non négligeable dans un contexte de sécheresses à répétition.
Les projets qui font avancer la filière en 2026
L’actualité de ce mois de septembre est particulièrement dense pour le solaire flottant français. Ce mardi 15 septembre 2026, une enquête publique s’est ouverte à Luché-Pringé, en Sarthe, autour d’un projet de centrale flottante sur les étangs de l’ancienne carrière Martin. Si le dossier obtient son autorisation environnementale, 30 000 cellules photovoltaïques seront déployées sur trois plateformes couvrant dix hectares de plans d’eau, pour une production annuelle de 16 GWh, soit l’équivalent de la consommation de 4 000 foyers. La mise en service est envisagée pour 2028.
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D’autres projets d’envergure sont déjà en cours. Dans le Cher, BayWa r.e. prévoit d’installer quelque 34 000 panneaux sur plus de 7 hectares d’un plan d’eau artificiel issu de la carrière de granulats de Nançay, pour une puissance totale de 14 MWc. Plus au sud, dans les Bouches-du-Rhône, un projet autrement plus ambitieux mobilise près de 400 emplois pour l’installation de 1,5 million de panneaux sur les lacs de Lavalduc et d’Engrenier. Et en mars 2026, TotalEnergies a inauguré la plus grande centrale solaire flottante d’Europe dédiée à l’autoconsommation industrielle, confirmant l’intérêt croissant des grands énergéticiens pour cette technologie.
Une technologie encore encadrée, avec des questions sur la biodiversité
Si la dynamique est réelle, le photovoltaïque flottant ne s’installe pas sans contraintes. Chaque projet doit passer par une enquête publique et obtenir une autorisation environnementale, ce qui allonge sensiblement les délais de développement. La France a fait le choix d’un encadrement strict, notamment pour protéger les écosystèmes aquatiques concernés.
Car la question environnementale est loin d’être anodine. En faisant de l’ombre à la surface d’un lac, les installations flottantes modifient la luminosité, la température de l’eau et le taux d’oxygène dissous, avec des conséquences sur la faune et la flore aquatiques encore mal connues à ce stade. Les études d’impact sont systématiquement exigées, et les projets sont généralement conçus pour ne couvrir qu’une fraction de la surface totale du plan d’eau, afin de limiter ces effets.
Un marché en pleine structuration, avec un potentiel national considérable
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Longtemps à la traîne sur ce segment par rapport à d’autres pays européens, la France rattrape son retard à vitesse accélérée en 2026. Le parc de plans d’eau artificiels issus de l’extraction de matériaux représente un potentiel national considérable, encore largement inexploité. Des acteurs spécialisés comme BayWa r.e., mais aussi des majors comme TotalEnergies ou Neoen, s’y positionnent désormais activement.
La convergence entre l’objectif ZAN, la baisse continue des coûts du photovoltaïque et la disponibilité de ces sites reconvertibles crée un contexte particulièrement favorable au développement de la filière pour les années à venir. Les anciennes carrières, longtemps perçues comme des cicatrices du territoire, pourraient bien devenir l’un des atouts discrets de la transition énergétique française.

