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Un chiffre qui n’aurait pas semblé crédible il y a encore cinq ans, et qui dit tout de la révolution silencieuse en train de s’opérer sous nos yeux. Derrière cette dynamique mondiale, une réalité s’impose : sans stockage massif, la transition énergétique restera bancale. Et une puissance en particulier a décidé de prendre ce sujet très au sérieux.
Des chiffres qui donnent le vertige
Le bond est brutal. En 2025, 108 GW de nouvelles capacités de stockage par batteries ont été déployées dans le monde, un niveau jamais atteint auparavant. Pour donner un ordre de grandeur, c’est davantage que la puissance électrique totale installée de certains pays européens.
Ce qui rend ce déploiement encore plus remarquable, c’est la technologie qui le porte. La batterie LFP (lithium fer phosphate) représente désormais 90 % du marché mondial du stockage stationnaire, grâce à un coût réduit et une durée de vie supérieure aux autres chimies. Le prix moyen est tombé à 70 dollars par kWh selon BloombergNEF, soit une chute de 45 % en un an à peine. Une baisse qui rend le stockage économiquement rentable dans un nombre croissant de configurations, bien au-delà des seuls grands parcs industriels.
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L’AIE précise que si 80 % des capacités installées sont à grande échelle (centrales de stockage autonomes ou couplées à des parcs renouvelables), 20 % concernent des installations chez des particuliers et des professionnels, un signe que le stockage résidentiel commence lui aussi à peser.
La Chine, moteur inarrêtable de la révolution du stockage
Il serait inexact de parler d’un mouvement mondial équilibré. Car la Chine représente à elle seule 60 % des capacités de stockage par batteries installées dans le monde. Fin 2025, le pays totalisait 144 GW de capacités raccordées au réseau. Au premier trimestre 2026 seulement, selon les données Ember, la Chine avait déjà enregistré 155,2 GW et 400,8 GWh de nouvelles capacités mises en service, dont 149,8 GW de batteries lithium-ion. Pour donner l’ampleur de l’accélération : la seule année 2025 a vu l’installation de 189,5 GWh supplémentaires, soit un quasi-doublement du parc annuel par rapport à 2024.
Pour illustrer l’ampleur de cette domination : les États-Unis, deuxième puissance mondiale du stockage, disposent de 57 GW de capacités installées. La Chine en déploie davantage en quelques mois.
Et Pékin ne compte pas s’arrêter là. L’objectif officiel est d’atteindre 300 GW de nouveaux moyens de stockage d’ici 2030. Pour y parvenir, le pays investit massivement dans ses capacités industrielles. Le 8 août 2026, la société Shandong HiTHIUM a inauguré à Heze ce qu’elle présente comme le premier parc industriel au monde entièrement dédié au stockage longue durée (LDES) : 80 hectares, plus de 1,4 milliard d’euros investis, et des lignes de production dépassant 15 GWh par an.
Pourquoi ce boom est une aubaine pour les énergies renouvelables
Ce déploiement massif n’est pas le fruit du hasard. Il répond à une nécessité de plus en plus pressante : compenser les déséquilibres croissants entre production renouvelable et consommation électrique. Plus un réseau intègre de solaire et d’éolien, plus il a besoin de flexibilité pour absorber les pics de production et les creux de consommation. Le stockage par batteries est aujourd’hui la réponse la plus rapide à déployer.
En Chine, ce lien est particulièrement visible. La progression spectaculaire du photovoltaïque chinois, dont la production a augmenté de 336 TWh en 2025, a directement tiré la demande de stockage. Entre janvier et avril 2026, les batteries stationnaires autonomes ont représenté 84,7 % des nouvelles capacités installées dans le pays, signe que le stockage ne se contente plus d’accompagner les centrales solaires et éoliennes : il devient une infrastructure à part entière.
Et l’Europe dans tout ça ?
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L’Europe n’est pas absente du mouvement, loin de là. En août 2026, la plus grande batterie d’Europe a été mise en service à Coalburn, en Écosse : un projet qui illustre la montée en puissance du stockage à grande échelle sur le continent. La course aux records est lancée, et plusieurs États membres accélèrent leurs déploiements dans le cadre des objectifs de décarbonation fixés pour 2030.
Mais le retard structurel reste important. Face à la domination chinoise sur toute la chaîne de valeur, de la production de cellules LFP à l’installation des parcs, l’Europe se retrouve dans une position de dépendance industrielle préoccupante, similaire à celle qu’elle a connue avec les panneaux photovoltaïques. La question de la souveraineté sur cette brique technologique essentielle de la transition énergétique est désormais au cœur des débats à Bruxelles. Car sans capacité de production locale, financer la transition avec des batteries fabriquées à l’autre bout du monde reviendrait à remplacer une dépendance par une autre.

