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Pour un foyer qui hésite à passer au solaire, ce record n’est pas une raison de patienter. Le silicium approche de sa limite physique, et chaque année d’attente fait perdre des économies, de l’ordre de 350 à 400 euros par an pour une installation de 3 kWc selon nos estimations. Un meilleur rendement réduit surtout la surface de toiture nécessaire. Il ne change presque rien à ce que produit chaque kilowatt-crête installé.
Le résultat a été présenté en septembre 2026 lors de l’Energy Expo, en Roumanie. La cellule à contact arrière hybride (HIBC) de LONGi a atteint 28,29 % de rendement, une mesure certifiée par l’institut allemand ISFH de Hamelin. C’est un record mondial pour une cellule en silicium cristallin à simple jonction. Le fabricant a battu ce record trois fois cette année, en passant successivement à 28,04 %, 28,13 % puis 28,29 %. Il estime que la filière atteint désormais 96,2 % de la limite théorique du silicium.
Un record de laboratoire, pas encore un panneau sur votre toit
Le chiffre de 28,29 % concerne une cellule, c’est-à-dire la brique élémentaire d’un panneau, fabriquée et mesurée dans des conditions optimales. Une fois les cellules assemblées, encapsulées sous verre et reliées entre elles, le rendement du module baisse mécaniquement. Le module résidentiel haut de gamme de LONGi, le Hi-MO S10, utilise des cellules à 27,3 % mais plafonne à 25 % une fois assemblé. Entre la cellule et le panneau, on perd donc environ 2 à 3 points. Pour situer le marché, les panneaux TOPCon vendus dans le commerce tournent autour de 22 à 23 %, et les modèles back-contact montent jusqu’à 24 ou 25 %.
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La technologie n’est pas pour autant cantonnée aux laboratoires. LONGi a confirmé à PV Tech qu’elle équipe déjà sa gamme résidentielle Hi-MO S10 et ses modules Hi-MO 9, tous deux disponibles à l’achat. Les modules de plus de 700 W présentés en Roumanie visent en revanche surtout les grandes centrales, pas le toit d’une maison.
Ce que le rendement change vraiment pour une maison
Le rendement d’un panneau ne dit pas combien d’électricité il produira par kilowatt-crête. Il indique combien de mètres carrés il faut pour atteindre une puissance donnée. Une installation de 3 kWc orientée plein sud produit à peu près la même énergie, qu’elle soit composée de modules à 22 % ou à 25 %. Ce qui change, c’est la place occupée sur le toit.
| Rendement du module | Surface pour 3 kWc | Surface pour 6 kWc |
|---|---|---|
| 21 % (entrée de gamme) | 14,3 m² | 28,6 m² |
| 22,5 % (standard TOPCon) | 13,3 m² | 26,7 m² |
| 25 % (haut de gamme back-contact) | 12,0 m² | 24,0 m² |
| 28 % (hypothèse d’un module au niveau de la cellule record) | 10,7 m² | 21,4 m² |
Surface de modules nécessaire, estimation ECOinfos en conditions standard de test.
Prenons le scénario le plus optimiste, celui d’un module qui égalerait la cellule record. Une installation de 6 kWc économiserait alors moins de 3 m² par rapport aux meilleurs panneaux déjà en vente. Le rendement devient décisif sur une petite toiture ou sur un pan découpé par des fenêtres de toit. Pour la majorité des maisons, c’est un critère parmi d’autres.
Attendre un an, combien ça coûte
Depuis l’arrêté tarifaire S21 de juin 2026, les règles ont changé pour les particuliers. Pour les installations jusqu’à 9 kWc, le surplus revendu est désormais payé 1,1 c€/kWh, avec une indexation de 2 % par an. La prime à l’autoconsommation a par ailleurs disparu du nouveau dispositif. En face, le kilowattheure au tarif Bleu en option Base est passé à 0,2001 € au 1er août 2026. Un kilowattheure consommé chez soi vaut donc environ 18 fois plus qu’un kilowattheure revendu.
Prenons une maison équipée de 3 kWc qui produit 1 200 kWh par kWc et par an, soit 3 600 kWh. Si la moitié est consommée sur place, le foyer évite d’acheter 1 800 kWh, soit environ 360 euros d’économie par an au tarif Bleu. Les 1 800 kWh injectés sur le réseau rapportent une vingtaine d’euros hors taxes. Au total, près de 380 euros par an sont perdus si le projet est repoussé. Sur trois ans d’attente, la perte dépasse 1 100 euros, sans compter une éventuelle hausse du prix de l’électricité.
Des panneaux plus performants dans un an ne rattraperaient pas ce manque, puisqu’à puissance installée égale la production resterait quasiment identique. Le surplus est aujourd’hui très peu valorisé. L’enjeu est donc de dimensionner l’installation sur sa consommation réelle, pas de loger le maximum de kilowatts-crête sur le toit.
Le silicium arrive au bout de sa course
Si 28,29 % représente 96,2 % de la limite théorique, cette limite se situe autour de 29,4 % pour une cellule silicium à simple jonction. Il reste à peine plus d’un point à gagner sur les cellules, et encore moins sur les panneaux. Les prochains records se joueront au centième de point, pas au bond spectaculaire.
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La prochaine grande avancée viendra des cellules tandem, qui superposent une couche de pérovskite au silicium. Les premiers modules tandem affichent environ 24 à 27 %, mais restent en début de commercialisation, sur des projets pilotes, et ne concernent pas encore le résidentiel. Les panneaux posés aujourd’hui sont donc une technologie mûre, proche de son optimum. LONGi garantit par exemple son module résidentiel 30 ans sur la puissance et les matériaux.
Ce qu’il faut regarder sur un devis
Le bon réflexe est de vérifier le rendement du module inscrit sur la fiche technique, et non celui de la cellule mis en avant dans la communication commerciale. Les garanties produit et puissance comptent autant, tout comme la cohérence entre la puissance proposée et votre consommation. Méfiez-vous d’un commercial qui brandit un « record du monde » pour justifier un tarif élevé. Il mélange une cellule de laboratoire et le panneau qu’il vous vend.

