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- Ce que vous payez vraiment quand le prix des panneaux augmente
- Six mois de hausse continue, une première depuis trois ans
- Ce qui a vraiment changé votre calcul de rentabilité en 2026
- Le piège discret : les panneaux éligibles à la TVA réduite sont ceux qui montent le plus
- Faut-il attendre que les prix redescendent ?
- Ce qu’il faut retenir avant de signer
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Ce que vous payez vraiment quand le prix des panneaux augmente
Commençons par le seul chiffre qui compte pour un foyer : sur un devis de 3 kWc, les modules représentent environ 5 % du montant total. Le reste, c’est l’onduleur, la structure de fixation, le câblage, la main-d’œuvre, le raccordement Enedis, le Consuel, les démarches administratives et la marge de l’installateur.
Concrètement, aux prix relevés en juin 2026 sur le marché européen, 3 000 watts-crête de modules full black coûtent entre 390 et 435 euros hors taxes à un professionnel qui s’approvisionne sur le marché spot. Depuis le point bas de décembre 2025, la hausse des prix modules représente de l’ordre de 60 à 70 euros supplémentaires sur cette ligne du devis. À l’échelle d’un projet facturé 8 000 à 9 000 euros TTC, c’est un mouvement quasiment invisible pour le client final.
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Autrement dit, si un installateur vous annonce une hausse significative de son devis « à cause du prix des panneaux », le chiffre ne tient pas debout tout seul. La hausse existe, elle est documentée, mais elle ne justifie pas à elle seule une révision de plusieurs centaines d’euros.
Six mois de hausse continue, une première depuis trois ans
Le mouvement de fond est réel, et il marque une rupture. Après deux années d’effondrement qui avaient poussé les modules sous le coût de production de la plupart des fabricants, les prix remontent depuis janvier 2026.
Selon l’indice mensuel de pvXchange, plateforme allemande qui relève les prix d’offre moyens sur le marché spot européen depuis 2009, les prix ont progressé quatre mois d’affilée entre janvier et avril, avec une hausse moyenne de 5,5 % entre mars et avril 2026, et les modules full black en tête des augmentations. Le mouvement s’est prolongé au deuxième trimestre : l’indice pv.index de la place de marché sun.store situe les modules full black à 0,129 €/Wc en juin 2026, un plus haut, et les modules back contact à 0,135 €/Wc, tous deux en hausse de 1 % sur un mois.
La raison est moins une flambée des coûts qu’un ajustement volontaire de l’offre. Plusieurs fabricants chinois ont réduit leurs capacités début 2026 pour sortir de la guerre des prix, en arrêtant des lignes anciennes ou en tournant à charge réduite. Résultat : les stocks accumulés dans les ports européens, notamment à Rotterdam, se sont résorbés. Les modules arrivent désormais en flux tendu ou sous contrat, les délais s’allongent, et le segment résidentiel est le plus exposé puisqu’il repose sur les modules full black de forte puissance, ceux dont la disponibilité est la plus tendue.
Le paradoxe, c’est que les signaux amont vont dans l’autre sens : le polysilicium baisse depuis des semaines, et la suppression du crédit d’impôt à l’export chinois, effective au 1er avril 2026, aurait dû tirer les prix vers le bas plutôt que vers le haut. C’est bien la contrainte d’approvisionnement, pas le coût de fabrication, qui fait le prix aujourd’hui.
Ce qui a vraiment changé votre calcul de rentabilité en 2026
Pendant que les prix modules gagnaient quelques centimes par watt, le cadre de soutien français s’est effondré. L’arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel du 4 juin, a supprimé la prime à l’autoconsommation et ramené le tarif d’achat du surplus à 1,1 c€/kWh hors taxes, contre 4 c€/kWh environ pour une installation résidentielle jusqu’ici. Le tarif est indexé à 2 % par an sur vingt ans, et un plafond de production rémunérée fixé à 1 600 heures par kWc installé a été introduit.
Voici ce que cela donne sur un cas type, une maison équipée de 3 kWc en autoconsommation avec vente du surplus, avec un taux d’autoconsommation de 40 % et une production de 1 100 kWh par kWc et par an.
| Poste | Fin 2025 | Juillet 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Ligne modules sur le devis (HT) | environ 330 à 370 € | environ 390 à 435 € | + 60 à 70 € |
| Prime à l’autoconsommation | 240 € (80 €/kWc) | 0 € | – 240 € |
| Tarif de rachat du surplus | environ 4 c€/kWh | 1,1 c€/kWh | – 2,9 c€/kWh |
| Revenu annuel de la vente du surplus | environ 79 € | environ 22 € | – 57 €/an |
| Perte cumulée sur 20 ans (surplus) | – | – | environ 1 140 € |
Le total est sans appel. La hausse des prix modules coûte environ 65 euros au foyer, la réforme du soutien lui en coûte environ 1 380 entre la prime disparue et les revenus de revente perdus sur la durée du contrat. Le rapport est de l’ordre de un à vingt. Un particulier qui reporterait son projet « en attendant que les panneaux rebaissent » se tromperait de combat.
Il faut cependant poser l’autre plateau de la balance, qui joue en sens inverse. La TVA à 5,5 % applicable depuis le 1er octobre 2025 aux installations résidentielles jusqu’à 9 kWc représente une économie bien plus substantielle que les pertes évoquées plus haut ne le laissent croire : sur un projet de 8 000 euros hors taxes, elle fait passer la facture de TVA d’environ 800 euros, sous l’ancien taux de 10 %, à 440 euros. Pour les installations de plus de 3 kWc, qui étaient taxées à 20 %, le gain dépasse le millier d’euros. Le solde global reste donc bien plus favorable qu’un simple regard sur la fin des primes ne le suggère.
Le piège discret : les panneaux éligibles à la TVA réduite sont ceux qui montent le plus
C’est le point que peu d’articles relèvent, et il mérite l’attention de tout foyer qui signe un devis cet été. Pour bénéficier de la TVA à 5,5 %, l’arrêté du 8 septembre 2025 impose des critères techniques précis sur les modules eux-mêmes : un bilan carbone inférieur à 530 kgCO₂éq/kWc, une teneur en argent limitée, des seuils sur le plomb et le cadmium, et l’installation doit intégrer un système de gestion de l’énergie.
Or ces exigences environnementales orientent mécaniquement vers les modules haut de gamme, à faible empreinte carbone, souvent en technologie TOPCon ou back contact. C’est très exactement le segment dont les prix montent le plus vite en Europe, celui où l’offre est la plus tendue. La contrainte fiscale et la contrainte d’approvisionnement pointent vers les mêmes produits, ce qui alimente la pression sur les prix de ce segment premium et allonge les délais.
Pour un foyer, cela se traduit par deux réflexes très concrets au moment de comparer des devis. D’abord, exiger la référence exacte du module proposé, avec l’attestation carbone : un devis affichant 5,5 % de TVA sans justificatif du bilan carbone du module vous expose à un redressement, et le risque pèse sur l’installateur comme sur vous. Ensuite, se méfier des délais annoncés trop courts sur les modules full black de forte puissance, actuellement les plus difficiles à approvisionner.
Faut-il attendre que les prix redescendent ?
La question se pose légitimement, et la réponse honnête est qu’elle est mal posée. D’abord parce que, on l’a vu, l’effet sur le devis final est marginal. Ensuite parce que les analystes du secteur ne s’accordent pas sur la suite : certains anticipent une correction au second semestre 2026 si la surproduction chinoise reprend, d’autres estiment que la discipline de production tiendra et que les prix resteront durablement au-dessus des niveaux, économiquement intenables, de fin 2025. Les fabricants, eux, ont un intérêt évident à ce que la remontée se poursuive : la plupart des marques échangent encore autour ou en dessous de leur coût de production.
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Le vrai calcul, en juillet 2026, est ailleurs. Chaque kilowattheure autoconsommé vaut désormais près de dix-huit fois plus que chaque kilowattheure revendu au tarif de 1,1 c€/kWh. Le dimensionnement de l’installation, le pilotage des usages en journée, la programmation du chauffe-eau, la recharge du véhicule électrique aux heures de production et, selon les cas, l’ajout d’une batterie, pèsent infiniment plus lourd sur la rentabilité d’un projet que quelques centimes par watt-crête sur la ligne « modules » du devis.
Ce qu’il faut retenir avant de signer
Les prix des panneaux remontent, c’est un fait nouveau après trois années de baisse continue, et cela change la donne pour les fabricants et les grossistes. Pour un ménage, l’impact direct se compte en dizaines d’euros. La variable décisive reste le taux d’autoconsommation, désormais seul véritable levier de rentabilité depuis la réforme S21 de juin 2026. Un installateur qui construit son argumentaire commercial sur la hausse des prix modules pour vous pousser à signer vite manie un argument techniquement exact et économiquement trompeur.

