Baromètre du solaire au 3ème trimestre 2026 pour les installateurs photovoltaïques

Le prix moyen d'une installation photovoltaïque résidentielle a grimpé de 5,3 % entre le deuxième et le troisième trimestre 2026. Pour les installateurs, c'est le signal qu'il faut revoir grilles tarifaires et argumentaires. Le Baromètre du solaire de Revolt.eco, bâti sur plus de 45 000 projets réels, montre aussi que la valeur glisse vers le stockage et le pilotage énergétique.

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Un projet solaire moyen se vend désormais 643 euros plus cher qu’au printemps. Si vos tarifs n’ont pas bougé depuis juin, votre marge encaisse probablement seule la hausse des coûts d’approvisionnement. C’est exactement ce type d’écart que permet de repérer la deuxième édition de l’observatoire mensuel de Revolt.eco, consacrée au troisième trimestre 2026, un mois après une première édition téléchargée plus de 265 fois.

Là où la plupart des études reposent sur des sondages ponctuels, ce baromètre exploite les données réelles et anonymisées de plus de 1 000 installateurs actifs chaque mois dans la solution Revolt Pro et de plus de 45 000 projets conçus et vendus en France. Publié chaque mois, il suit six indicateurs : le prix moyen trimestriel par puissance et par segment d’équipement, la proportion de projets avec ou sans pilotage énergétique (nouvel indicateur), la puissance moyenne mensuelle par région, le nombre moyen de projets créés puis vendus par installateur, par mois et par région, et le nombre moyen d’offres envoyées par client. De quoi vérifier que ses prix restent alignés sur le marché, repérer les régions où la demande accélère et comparer ses équipes commerciales à leurs pairs. La première édition concluait que le marché se transformait sans s’effondrer. Celle-ci le confirme, avec un retournement à surveiller.

Des prix qui repartent à la hausse après un semestre stable

Après un premier semestre stable, le prix moyen tous segments confondus passe de 12 080 € au T2 à 12 723 € au T3 2026. Revolt.eco identifie deux causes. D’abord la suppression par la Chine, au 1er avril 2026, du remboursement de TVA à l’export sur les modules, cellules, wafers et onduleurs, un remboursement qui atteignait encore 9 % après avoir été abaissé de 13 % à 9 % en novembre 2024. Ensuite la hausse des matières premières : silicium, pâtes d’argent, verre et aluminium.

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Ceux qui misent sur le stockage ont intérêt à anticiper : pour les batteries, le remboursement a été ramené de 9 % à 6 % en avril 2026 et sera supprimé au 1er janvier 2027. La pression sur les systèmes avec batterie pourrait se prolonger. Revolt.eco reste prudent : la tendance est à confirmer au T4.

Le dimensionnement prend le pas sur la puissance

La puissance moyenne installée s’établit à 6,5 kWc au T3 2026, quasi stable face aux 6,55 kWc du T2, et se concentre entre 5 et 9 kWc selon les régions. Pas un recul de l’ambition, mais le passage du « plus de puissance » au « mieux dimensionné, couplé au stockage ».

Ce mouvement colle au cadre réglementaire. Depuis le 5 juin 2026, l’arrêté modifiant le dispositif S21 a instauré un tarif unique de rachat du surplus à 1,1 c€/kWh HT, indexé de 2 % par an sur vingt ans, et supprimé la prime à l’autoconsommation pour les nouvelles demandes de raccordement. Surdimensionner pour revendre n’a plus de sens : la rentabilité se joue sur la part de production consommée sur place.

Le pilotage énergétique entre dans les devis

Les systèmes de gestion de l’énergie du foyer, ou HEMS (Home Energy Management System), orchestrent la production solaire et les principaux usages de la maison, batterie, ballon d’eau chaude, pompe à chaleur ou borne de recharge, pour maximiser l’autoconsommation.

Le résultat est net : la part des projets avec pilotage passe de 4,6 % en mars à 8,1 % en septembre, avec un pic à 9,6 % en août. Elle progresse de 7,6 % au T2 à 8,6 % au T3, et le nombre de projets intégrant un HEMS a été multiplié par 2,3 entre mars et septembre. Avec un surplus racheté 1,1 centime, chaque kilowattheure déplacé vers un usage du foyer vaut bien davantage qu’un kilowattheure injecté. Le HEMS devient un argument de valeur à part entière, au même titre que la batterie, pour se différencier.

Un record de projets créés, des ventes en rattrapage

Le nombre moyen de projets créés par installateur et par mois reste stable, 12,1 au T3 contre 12,2 au T2, malgré le creux d’août et grâce à un record de 14,7 projets en septembre. Les ventes fléchissent cet été : 3,2 projets vendus par installateur et par mois contre 3,8 au T2, soit un recul de 16 %, avant un rebond à 3,8 en septembre. Les écarts régionaux restent marqués.

En rapportant ces deux séries, ECOinfos obtient un indicateur que le baromètre ne publie pas : le taux de transformation passe d’environ 31 % au T2 à 26 % au T3, et reste proche de 26 % en septembre. Le rebond de septembre tient donc au volume, pas à une meilleure conversion.

IndicateurT2 2026T3 2026Tendance
Prix moyen d’une installation12 080 €12 723 €+5,3 %
Puissance moyenne installée6,55 kWc6,5 kWcStable
Part des projets avec pilotage (HEMS)7,6 %8,6 %+1 point
Projets créés par installateur et par mois12,212,1Stable (14,7 en septembre)
Projets vendus par installateur et par mois3,83,2-16 % (3,8 en septembre)
Offres envoyées par client1,451,50En hausse
Taux de transformation (calcul ECOinfos)≈ 31 %≈ 26 %-5 points

Une vente plus consultative, encore loin de son plafond

Le nombre moyen d’offres envoyées par client progresse de 1,45 au T2 à 1,50 au T3 2026. Les installateurs présentent plusieurs scénarios : puissances différentes, avec ou sans batterie, avec ou sans pilotage, en intégrant les usages futurs du foyer. À 1,5 offre par client, le réflexe multi-scénarios garde une belle marge de progression, et c’est l’un des leviers les plus simples pour redresser un taux de transformation en baisse.

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Le métier d’installateur glisse ainsi du devis unique vers le conseil. « Dans un marché qui évolue aussi vite, piloter son entreprise à l’intuition ne suffit plus. Avec le Baromètre du solaire, chaque installateur dispose chaque mois de repères objectifs, issus de projets réels, pour fixer ses prix, orienter ses efforts commerciaux et faire évoluer son offre », souligne Guillaume Berson, co-fondateur de Revolt.eco.

Fondée en 2024 par Guillaume Berson, Fabien Defouilhoux et Charles Gwinner, Revolt.eco se présente comme le leader des logiciels pour professionnels des énergies renouvelables : dimensionnement 3D sur consommations réelles, études de rentabilité, financement intégré, devis avec signature électronique et démarches administratives. L’éditeur revendique plus de 1 000 entreprises clientes actives chaque mois, ainsi qu’un gain moyen de 80 % de temps par projet et un taux de conversion amélioré de 30 % chez ses installateurs partenaires. Le baromètre est disponible en téléchargement, et la prochaine édition est attendue en novembre 2026.


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