L’État étend son crédit d’impôt vert au solaire thermique, une bonne nouvelle pour la filière française

L'État vient d'élargir son crédit d'impôt pour l'industrie verte au solaire thermique, une décision qui ne change rien à vos aides à l'installation, mais qui pourrait renforcer dans les prochaines années la disponibilité d'équipements fabriqués en France et préserver les emplois de la filière qui les produit.

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Roland Lescure, ministre de l’Économie, a annoncé jeudi 27 août devant le Medef, à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France organisée à Roland-Garros, l’élargissement du C3IV à quatre nouveaux secteurs : les réseaux électriques, le solaire thermique, les groupes de batteries destinés aux véhicules électriques et les aimants permanents. Une extension qui corrige, pour le solaire thermique, une anomalie du dispositif dénoncée depuis plusieurs années par les professionnels du secteur.

Ce qu’est le C3IV et ce qui change concrètement

Le crédit d’impôt pour les investissements dans l’industrie verte est entré en vigueur en mars 2024. Il permet aux entreprises qui construisent, modernisent ou augmentent leurs capacités de production en France de déduire une partie de leurs investissements industriels, avec des taux de soutien qui varient selon la taille de l’entreprise et la localisation du projet. Le dispositif a déjà permis de soutenir plusieurs dizaines de projets industriels, pour plusieurs milliards d’euros d’investissements cumulés à l’échelle nationale, tous secteurs confondus.

Jusqu’à présent, seules quatre filières stratégiques de la transition énergétique étaient couvertes : le photovoltaïque, les batteries, les éoliennes et les pompes à chaleur.

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Secteurs couvertsAvant l’annonce du 27 août 2026Après l’élargissement annoncé
PhotovoltaïqueOuiOui
Batteries stationnairesOuiOui
ÉoliennesOuiOui
Pompes à chaleurOuiOui
Solaire thermiqueNonOui
Réseaux électriquesNonOui
Batteries pour véhicules électriquesNonOui
Aimants permanentsNonOui

Cette extension nécessitera encore d’être précisée dans les textes réglementaires qui définiront les équipements et les dépenses éligibles pour chacun de ces nouveaux secteurs. Pour le solaire thermique, cela concerne potentiellement les capteurs, les ballons de stockage, les systèmes de régulation et les équipements hybrides associant solaire thermique et photovoltaïque.

Pourquoi cela compte aussi pour les propriétaires

Le C3IV ne finance pas l’installation d’un équipement chez un particulier, il finance les usines qui les fabriquent. Il ne se substitue donc ni à MaPrimeRénov’, ni à l’éco-PTZ, ni aux certificats d’économies d’énergie, qui restent les aides mobilisables pour financer l’installation d’un chauffe-eau solaire individuel.

Son effet est indirect, mais réel à moyen terme. Un chauffe-eau solaire individuel coûte aujourd’hui, selon les configurations, entre 4 000 et 8 000 euros installation comprise, pour une économie de l’ordre de 250 à 500 euros par an sur la facture d’eau chaude face à une chaudière au gaz ou au fioul, et jusqu’à environ 400 euros par an face à un cumulus électrique. Une filière française consolidée, qui investit dans ses lignes de production plutôt que de dépendre d’importations, a davantage de chances de maintenir une offre stable, un réseau de maintenance dense sur le territoire et une disponibilité des pièces détachées, des éléments qui pèsent concrètement dans la durée de vie et la rentabilité de ce type d’installation, estimée à vingt ou vingt-cinq ans.

C’est là toute la différence avec le photovoltaïque, dont les modules restent très majoritairement importés d’Asie : le solaire thermique français reste, lui, l’une des rares filières renouvelables où l’outil industriel national tient encore une place significative.

Une revendication de la filière portée depuis plusieurs années

L’inclusion du solaire thermique dans le C3IV est une demande ancienne du syndicat professionnel Enerplan, qui avait interpellé les pouvoirs publics dès la préparation du dispositif sur l’exclusion d’une technologie directement mobilisable pour décarboner le chauffage des bâtiments et de l’industrie. Le solaire thermique produit directement de la chaleur à partir du rayonnement solaire, sans passer par une conversion en électricité, à la différence du photovoltaïque.

Ses applications couvrent aussi bien les chauffe-eau solaires individuels et collectifs que les installations de grande taille destinées à l’industrie ou à l’alimentation des réseaux de chaleur urbains.

Une filière française qui exporte, à rebours du photovoltaïque

Selon les données communiquées par Enerplan, l’industrie française du solaire thermique représenterait environ 3 000 emplois directs et aurait réalisé plus de 170 millions d’euros d’exportations en 2024. À la différence du photovoltaïque, où les fabricants français de modules doivent composer avec une concurrence asiatique dominante sur les prix, le solaire thermique reste une filière où la France dispose de fabricants de capteurs, de ballons de stockage et de systèmes hybrides capables de vendre à l’étranger.

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Pour la filière, l’accès au C3IV pourrait faciliter l’automatisation des lignes de production, l’augmentation des capacités et le développement de nouveaux produits associant solaire thermique, photovoltaïque et stockage de chaleur, autant d’investissements qui pèsent directement sur la compétitivité des équipements proposés aux particuliers et aux professionnels.

Ce qu’il reste à préciser

L’annonce du 27 août constitue une orientation politique, pas encore un dispositif opérationnel complet. Elle intervient quelques semaines après la publication d’un arrêté, daté du 10 août 2026, qui avait précisé les équipements et matières premières éligibles pour les quatre filières historiques du C3IV. Un texte équivalent devra désormais être élaboré pour le solaire thermique et les trois autres secteurs nouvellement intégrés, ce qui déterminera concrètement quels équipements, et donc quels fabricants, pourront réellement bénéficier du dispositif.


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