Alors que le gaz flambe, 55 000 foyers modestes vont pouvoir remplacer leur chaudière sans avancer un euro

À partir du 1er octobre, les foyers modestes chauffés au gaz ou au fioul peuvent remplacer leur chaudière par une pompe à chaleur air-eau sans rien avancer, avec une mensualité plafonnée au niveau de leur facture actuelle. Le gouvernement vise désormais 55 000 installations en deux ans. Notre simulation montre ce que ce dispositif change réellement sur un budget chauffage.

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Pour un ménage modeste chauffé au gaz, c’est peut-être la fin d’un casse-tête : changer de chaudière sans sortir d’argent et sans payer plus cher chaque mois. Dès ce 1er octobre 2026, les premières offres de ce que tout le monde appelle le « leasing social » de la pompe à chaleur peuvent être commercialisées, au moment précis où le prix repère du gaz atteint un niveau record.

Annoncé mardi 29 septembre par la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, dans L’Est Républicain, ce dispositif ne remplace pas les aides pour l’achat d’une pompe à chaleur déjà en place, MaPrimeRénov’ et Coup de pouce Chauffage en tête. Il les regroupe dans un contrat unique qui couvre l’installation, le financement du reste à charge et l’entretien, avec une promesse forte : ne jamais payer plus que son ancienne facture de chauffage.

Un objectif plus que doublé en quelques semaines

La ministre vise l’installation de 55 000 pompes à chaleur sur deux ans, avec une aide moyenne de 9 800 euros par ménage, soit 540 millions d’euros financés par les certificats d’économies d’énergie (CEE). Mi-septembre, Que Choisir évoquait encore un objectif de 25 000 installations d’ici 2028 : la cible a donc plus que doublé.

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Pendant trois ans, le ménage ne doit supporter aucun coût supplémentaire par rapport à son chauffage au gaz ou au fioul. Une fois la pompe à chaleur remboursée, la ministre annonce une facture de chauffage divisée par deux. Le calendrier n’a rien d’un hasard : le prix repère du gaz grimpe de 6,3 % au 1er octobre, après une hausse d’environ 30 % depuis janvier selon la CRE. Le prix d’achat d’une pompe à chaleur air-eau, entre 13 000 et 15 000 euros pose comprise d’après l’Afpac, reste le premier frein à la bascule.

Qui peut en profiter

Le dispositif, piloté par l’ADEME, vise les ménages aux revenus modestes et très modestes, propriétaires d’une maison individuelle chauffée au gaz ou au fioul. Les seuils retenus sont ceux qui conditionnent déjà les aides de l’Anah, calculés sur le revenu fiscal de référence.

Personnes dans le foyerTrès modestes (hors IDF)Modestes (hors IDF)Très modestes (IDF)Modestes (IDF)
117 363 €22 259 €24 031 €29 253 €
225 393 €32 553 €35 270 €42 933 €
330 540 €39 148 €42 357 €51 564 €
435 676 €45 735 €49 455 €60 208 €

Plafonds de ressources Anah 2026.

Sous ces plafonds, la pompe à chaleur air-eau reste l’un des rares travaux encore finançables par MaPrimeRénov’ en parcours par geste : 5 000 euros pour un ménage très modeste, 4 000 euros pour un ménage modeste, dans la limite de 12 000 euros de dépense.

Notre simulation : ce que devient la facture

Prenons une maison chauffée au gaz qui consomme 12 000 kWh par an pour le chauffage et l’eau chaude. Au prix repère d’octobre, sa facture atteint environ 2 110 euros par an, soit 176 euros par mois. Côté pompe à chaleur, nous retenons une hypothèse prudente (rendement saisonnier de 2,7 avec les radiateurs existants), un compteur 9 kVA au tarif réglementé, 180 euros d’entretien annuel et un reste à charge de 1 500 euros étalé sur trois ans.

Poste mensuelAvant (gaz)Pendant le contratAprès remboursement
Énergie176 €70 €70 €
Reste à charge–42 €–
Entretieninclus15 €15 €
Total176 €127 €85 €

Estimation ECOinfos, hors intérêts éventuels.

Dans ce cas type, la facture baisse déjà de près de 50 euros par mois pendant le contrat, puis de 52 % une fois la pompe à chaleur remboursée, soit près de 1 090 euros économisés chaque année. La promesse ministérielle tient donc, à condition que l’installation soit bien dimensionnée.

Le calcul révèle aussi une limite. Pour rester sous l’ancienne facture, ce foyer ne peut pas financer plus d’environ 3 250 euros de reste à charge sur trois ans. D’où la bonification CEE dédiée, qui doit ramener le reste à charge d’un ménage très modeste autour de 1 000 à 1 500 euros, selon un opérateur candidat interrogé par Que Choisir.

Pas vraiment un leasing : ce qu’il faut vérifier avant de signer

Contrairement au leasing automobile, le ménage est propriétaire de sa pompe à chaleur dès l’installation, financée par un crédit affecté sur trois ans, voire cinq en option. L’opérateur doit proposer un contrat d’électricité à prix fixe, mais vous pouvez le refuser sans perdre le dispositif.

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Autre point de vigilance : l’isolation du logement n’est pas exigée. Or une pompe à chaleur posée dans une maison très déperditive est souvent surdimensionnée, donc plus chère et moins performante. Demandez une étude thermique sérieuse avant de signer.

Démarchage : une seule liste fait foi

Les opérateurs retenus doivent être publiés sur le site du ministère de la Transition écologique, et de nouvelles vagues de sélection sont prévues en janvier puis en mai 2027, d’après le cahier des charges de l’ADEME. Tout appel promettant une pompe à chaleur « gratuite » doit éveiller la méfiance : le dispositif ne supprime pas le coût, il l’étale. Vérifiez toujours que l’entreprise figure sur la liste officielle et qu’elle est certifiée RGE.


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