Agrandir son installation solaire rapporte 4 fois moins depuis le 5 juin 2026

Vous avez des panneaux solaires et envisagez d'en ajouter ? Depuis le 5 juin 2026, une règle change tout : une fois votre installation achevée, impossible d'augmenter sa puissance sur le contrat existant. Toute extension devient une nouvelle installation, au tarif de rachat de 1,1 centime par kWh, contre 4 à 5 centimes quelques semaines plus tôt. Voici ce qu'il faut vérifier avant de signer un devis.

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Vous avez déjà des panneaux solaires chez vous et vous envisagez d’en ajouter, pour alimenter une pompe à chaleur ou recharger une voiture électrique par exemple. Mauvaise nouvelle : depuis le 5 juin 2026, il est devenu impossible d’augmenter la puissance d’une installation déjà terminée sur le contrat de rachat existant. La seule option restante, une installation entièrement nouvelle, est également beaucoup moins rentable qu’il y a encore quelques semaines. Voici ce que cela signifie concrètement pour votre projet, et ce qu’il faut absolument vérifier avant de signer un devis d’extension.

Ce changement découle de l’arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin et entré en application le lendemain, qui modifie en profondeur l’arrêté tarifaire du 6 octobre 2021 dit « S21 ». Ce texte encadre les conditions dans lesquelles EDF Obligation d’Achat rachète l’électricité produite par les installations solaires résidentielles et professionnelles de moins de 100 kWc.

Ce qui change concrètement si vous avez déjà des panneaux solaires

Le point le plus mal compris sur le terrain concerne les demandes d’augmentation de puissance. Plusieurs propriétaires ayant contacté leur installateur ou leur gestionnaire de réseau pour ajouter des panneaux à une installation existante se sont vu répondre que leur demande n’était plus recevable depuis le 5 juin 2026. Cette réponse est en réalité plus nuancée que ce que suggèrent certains messages reçus : tout dépend d’une seule date, celle de la délivrance de votre attestation de conformité, plus connue sous le nom de Consuel.

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Le principe : tout se joue à la date de votre Consuel

Tant que le Consuel de votre installation n’a pas été délivré, votre chantier n’est pas juridiquement « achevé ». Dans ce cas, une augmentation de la puissance installée reste possible, à deux conditions cumulatives : rester sous le seuil d’éligibilité de l’arrêté, et ne pas modifier la solution de raccordement déjà validée par le gestionnaire de réseau.

Une fois le Consuel délivré, l’installation est considérée comme achevée, et ce quelle que soit sa puissance. À partir de ce moment, la puissance installée ne peut plus être modifiée qu’à la baisse. Toute augmentation devient impossible sur ce contrat, y compris si vous n’avez pas encore commencé à injecter d’électricité sur le réseau. Ce principe n’est pas nouveau : il existait déjà dans la version 2021 du S21. Ce qui a réellement changé au 5 juin 2026, c’est la suite, à savoir le tarif applicable à toute extension.

La seule option pour agrandir une installation déjà terminée : une installation nouvelle

Si votre Consuel est déjà délivré, agrandir votre installation reste possible, mais uniquement sous la forme d’un projet entièrement nouveau et distinct, avec sa propre demande de raccordement et son propre contrat. Ce n’est plus une modification de l’existant : c’est un nouveau dossier, soumis aux règles en vigueur au jour de cette nouvelle demande.

Trois conséquences pratiques en découlent. D’abord, si vous ajoutez une installation à moins de 100 mètres de la première, la puissance des deux s’additionne pour déterminer votre catégorie tarifaire, dès lors que les demandes ont été déposées à moins de 18 mois d’intervalle. Ensuite, le gestionnaire de réseau doit pouvoir mesurer séparément la production de la nouvelle installation. Enfin, et c’est le point le plus important pour votre budget, votre contrat existant n’est pas affecté : il conserve son tarif d’origine, verrouillé pour 20 ans. Mais la nouvelle partie, elle, bascule intégralement sur les conditions actuelles.

Le tarif de cette nouvelle installation, et ce qu’il représente en euros

C’est ici que se joue l’essentiel de la décision économique. Pour toute nouvelle installation relevant du S21 modifié, le tarif de rachat du surplus est désormais unique, fixé à 1,1 centime d’euro par kWh HT, indexé de 2 % chaque année pendant 20 ans. L’électricité injectée au-delà de 1 600 heures de production par kWc et par an n’est plus rémunérée du tout, et la prime à l’investissement, qui pouvait atteindre 80 euros par kWc, a purement et simplement disparu. Pour les installations de 9 kWc ou moins, seule l’autoconsommation avec vente du surplus reste éligible : la vente en totalité n’est plus possible.

Pour donner un ordre de grandeur concret, prenons un cas type : un foyer a fait installer 3 kWc en 2022 ou 2023, avec un contrat de vente du surplus verrouillé autour de 12 à 13 centimes par kWh pendant 20 ans, un niveau représentatif des tarifs pratiqués à cette période. En 2026, ce foyer souhaite ajouter 3 kWc supplémentaires. Son Consuel initial étant délivré depuis longtemps, cette extension doit obligatoirement passer par une installation nouvelle, au tarif de 1,1 centime.

En comptant une production moyenne d’environ 1 100 kWh par kWc et par an en France, ces 3 kWc supplémentaires produiraient environ 3 300 kWh annuels. En supposant que la moitié est autoconsommée et l’autre moitié injectée sur le réseau, soit 1 650 kWh vendus, la vente de surplus rapporterait environ 18 euros par an au nouveau tarif de 1,1 centime. Si cette même extension avait pu être demandée quelques semaines plus tôt, au tarif du premier trimestre 2026 (environ 4 à 5,36 centimes selon la puissance), elle aurait rapporté environ 75 à 90 euros par an, soit quatre à cinq fois plus. Ce calcul reste une simulation éditoriale construite à partir de moyennes de production publiques, pas un chiffrage individualisé : votre production réelle dépend de l’orientation du toit, de la région et de vos habitudes de consommation.

Ce constat n’enlève rien à un point essentiel, déjà souligné par les professionnels du secteur : la rentabilité d’une extension solaire repose désormais presque entièrement sur l’autoconsommation, et non sur la revente. Chaque kWh que vous ne rachetez plus à votre fournisseur vaut, selon le prix du réseau, entre 19 et 25 centimes, soit quinze à vingt fois plus que le kWh injecté. Un devis d’extension dimensionné sur la revente n’a donc plus de sens économique, mais un devis dimensionné sur votre profil de consommation réel en garde un.

Avant / après : ce qui a changé au 5 juin 2026

Avant le 5 juin 2026 (dernier trimestre S21)Depuis le 5 juin 2026 (S21 modifié)
Tarif de vente du surplus, ≤ 9 kWcenviron 4 à 5,36 centimes par kWh1,1 centime par kWh, fixe, indexé +2 % par an
Prime à l’autoconsommationjusqu’à 80 euros par kWc, soit 720 euros pour 9 kWcsupprimée
Vente en totalité pour ≤ 9 kWcautoriséeinterdite, seule la vente du surplus reste possible
Plafond d’heures rémunéréesvariable selon les trimestres1 600 heures par kWc et par an
Durée de blocage du tarif20 ans à la date de la demande20 ans à la date de la demande, indexé +2 % par an

À titre de repère, les contrats souscrits en 2022 et 2023 avaient été verrouillés autour de 12 à 13 centimes par kWh, un niveau plus de dix fois supérieur au tarif applicable aujourd’hui à toute installation nouvelle.

Les points à vérifier avant de signer un devis d’extension

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Avant de vous engager sur un projet d’agrandissement, quelques vérifications simples permettent d’éviter une mauvaise surprise :

  • Demandez si votre Consuel a déjà été délivré. Si oui, aucune augmentation n’est possible sur votre contrat actuel, quelle que soit la puissance envisagée.
  • Si votre chantier n’est pas encore achevé, l’ajout de puissance reste possible, à condition de ne pas modifier le raccordement prévu et de rester sous le seuil d’éligibilité.
  • Si vous envisagez une installation distincte, vérifiez avec votre installateur la puissance cumulée avec l’existant sur une fenêtre de 18 mois, notamment si vous avez aussi une activité professionnelle sur le même terrain.
  • Faites-vous confirmer par écrit le tarif exact applicable à la nouvelle partie avant de signer, et demandez un dimensionnement pensé pour votre consommation plutôt que pour la revente.

Sur le terrain, plusieurs directions régionales d’Enedis ont adressé aux professionnels des messages indiquant que toute demande d’augmentation déposée à compter du 5 juin 2026 serait automatiquement non recevable. Selon l’analyse de la Fédération de l’énergie solaire (FNES), qui suit activement l’application de ces nouvelles règles, cette lecture est trop large : pour un chantier non encore achevé, sans impact sur le raccordement, l’augmentation reste en principe autorisée par le texte. Si vous êtes concerné par un refus qui vous semble injustifié, votre installateur peut demander par écrit la base réglementaire invoquée.


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