126 030 propriétaires ont décroché un éco-prêt à taux zéro en 2025, un record porté par trois banques seulement

En 2025, 126 030 éco-prêts à taux zéro ont été accordés, soit deux milliards d'euros prêtés pour financer des travaux de rénovation énergétique. Un record qui cache une réalité moins reluisante : trois banques concentrent l'essentiel des dossiers, tandis que Société Générale et BNP Paribas restent en retrait. Voici ce que cela change concrètement pour financer votre reste à charge.

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Si vous prévoyez des travaux de rénovation énergétique, le moment n’a jamais été aussi favorable pour solliciter un éco-prêt à taux zéro, à condition de frapper à la bonne porte. La Société de gestion des financements et de la garantie de l’accession sociale à la propriété (SGFGAS), l’organisme qui pilote ce dispositif pour le compte de l’État, vient de publier son bilan annuel. Les chiffres confirment une dynamique de financement inédite, mais révèlent aussi une concentration très marquée du marché autour d’une poignée d’établissements.

Un record historique pour l’éco-PTZ en 2025

Selon le bilan de la SGFGAS, 126 030 éco-PTZ ont été distribués en 2025, contre environ 112 500 l’année précédente, pour un montant total de deux milliards d’euros prêtés. C’est la meilleure année depuis la création du dispositif en 2009. L’éco-PTZ permet de financer jusqu’à 50 000 euros de travaux de rénovation énergétique sans payer un centime d’intérêt, l’État prenant en charge le coût du crédit à la place de l’emprunteur. Il est cumulable avec MaPrimeRénov’ et la Prime Effy, ce qui en fait un outil particulièrement efficace pour couvrir le reste à charge d’un projet de rénovation, la part des travaux que les subventions ne couvrent pas.

Cette progression s’explique par plusieurs facteurs qui se sont conjugués en 2025 : la hausse continue du coût des travaux de rénovation, la volonté des ménages de sécuriser leur projet avant les évolutions réglementaires du 1er juillet 2025 sur les critères techniques du dispositif, et un recours croissant à l’éco-PTZ pour financer le solde après MaPrimeRénov’. Le nombre de prêts progresse ainsi pour la troisième année consécutive, après 104 950 en 2023 et environ 112 500 en 2024.

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Ce que ce record change concrètement pour votre budget travaux

L’intérêt de l’éco-PTZ ne se limite pas à sa gratuité affichée. Il se mesure en euros réellement économisés par rapport à un crédit travaux classique. Prenons un exemple concret : un ménage qui doit financer 24 000 euros de reste à charge après déduction de MaPrimeRénov’ et de la Prime Effy sur un projet de rénovation globale.

Financé par un prêt travaux classique sur 15 ans à un taux de 4,5 %, ce montant coûterait environ 183 euros par mois, pour un total d’intérêts avoisinant 9 000 euros sur la durée du crédit. Financé par un éco-PTZ, la mensualité tombe à 133 euros, sans un euro d’intérêt à ajouter. L’écart, environ 50 euros par mois et 9 000 euros économisés sur la durée du prêt, correspond quasiment au coût d’une nouvelle chaudière ou d’un poste d’isolation supplémentaire. C’est un levier direct sur le budget d’un ménage, pas un simple avantage théorique.

Prêt travaux classique (4,5 %)Éco-PTZ (0 %)
Montant emprunté24 000 €24 000 €
Durée15 ans15 ans
Mensualitéenviron 184 €environ 133 €
Coût total des intérêtsenviron 9 000 €0 €

Trois banques concentrent l’essentiel des dossiers

C’est l’autre enseignement du bilan 2025 : la SGFGAS a détaillé la répartition des éco-PTZ par établissement bancaire, en distinguant maisons individuelles et appartements. Le podium reste inchangé et trustait déjà l’essentiel du marché les années précédentes : le Crédit Agricole en tête, suivi du Crédit Mutuel, puis de la Caisse d’Épargne. Cette hiérarchie n’est pas nouvelle. Elle correspond à une tendance structurelle documentée depuis le lancement du dispositif : les réseaux mutualistes, organisés autour de caisses régionales et d’agences de proximité, se sont historiquement positionnés comme les principaux prescripteurs de ce prêt réglementé auprès des propriétaires venant financer des travaux d’isolation, de chauffage ou de ventilation.

Pourquoi Société Générale et BNP Paribas restent en retrait

Un commentaire publié en réaction à ce bilan soulève une question pertinente : où sont Société Générale et BNP Paribas dans ce classement ? La réponse tient en un mot, la part de marché. Sur le crédit immobilier classique, ces deux banques commerciales ne sont pourtant pas des acteurs marginaux. Selon les données de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), la Société Générale détenait 8,3 % du marché du crédit immobilier en France en 2024, et BNP Paribas 7,7 %, loin devant La Banque Postale. Mais ce poids ne se retrouve pas sur l’éco-PTZ, où les groupes mutualistes représentaient déjà plus de 80 % des encours de crédit immobilier au niveau national, et une part encore plus écrasante sur ce produit spécifique.

Groupe bancairePart de marché crédit immobilier (ACPR, 2024)Position sur l’éco-PTZ
Crédit Agricole34,4 %1er du podium
Groupe BPCE (dont Caisse d’Épargne)26,9 %3e du podium, via la Caisse d’Épargne
Crédit Mutuel20,2 %2e du podium
Société Générale8,3 %Absent du podium
BNP Paribas7,7 %Absent du podium
La Banque Postale1,8 %Marginal

L’écart n’est pas nouveau. La dernière répartition détaillée par établissement encore accessible publiquement, datant de 2019, montrait déjà un fossé considérable : le Crédit Agricole concentrait alors 32,6 % des éco-PTZ distribués, le Crédit Mutuel 26,3 %, contre à peine 1 % pour BNP Paribas et 0,8 % pour la Société Générale, des niveaux sans commune mesure avec leur poids sur le marché immobilier global.

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Cet écart s’explique par des raisons documentées par le secteur lui-même. Un rapport du Plan Bâtiment Durable consacré à la rénovation énergétique du parc locatif privé pointait déjà la faible rentabilité du produit pour les banques : l’État compense l’absence d’intérêt par un crédit d’impôt, mais celui-ci ne couvre pas toujours les frais de traitement des dossiers. S’y ajoute une charge administrative significative, entre devis techniques, attestations RGE et contrôle de l’éligibilité des travaux, pour un produit sans marge commerciale directe. Certaines banques commerciales orientées vers une clientèle plus urbaine et plus digitalisée ont ainsi historiquement moins investi dans la formation de leurs conseillers sur ce produit de niche, au profit de crédits travaux classiques, plus rémunérateurs.

Comment optimiser vos chances d’obtenir votre éco-PTZ

Si vous préparez un projet de rénovation énergétique, ce constat a une implication pratique directe. Avant de vous adresser à votre banque habituelle, il est utile de vérifier si elle fait partie des établissements qui traitent réellement ce type de dossier au quotidien. Un conseiller peu familier du dispositif peut retarder ou complexifier une demande pourtant simple sur le papier. Voici quelques repères pour sécuriser votre démarche :

  • vérifiez que votre projet est bien porté par un professionnel labellisé RGE, condition non négociable pour l’éligibilité
  • privilégiez, à défaut d’un choix imposé, un établissement mutualiste habitué au traitement de ces dossiers si votre banque principale se montre hésitante
  • montez votre dossier MaPrimeRénov’ et Prime Effy en amont, l’éco-PTZ venant ensuite couvrir le solde restant
  • anticipez un délai de traitement de plusieurs semaines, propre à ce type de prêt réglementé

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