Maroc : comment la puissance renouvelable a doublé en dix ans

Entre 2016 et 2025, le Royaume a profondément transformé son paysage énergétique. Ses installations de production verte ont plus que doublé en une décennie, portées par une stratégie sectorielle volontariste et un cadre d'investissement stable. Décryptage des leviers de cette progression.

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Résumé : 

  • Un bond capacitaire : Le volume installé atteint 4 851 MW à fin 2025, contre 2 417 MW en 2016 (source : IRENA).
  • L’éolien en tête : Premier contributeur, il représente 52,5 % de la puissance renouvelable totale du pays.
  • Attractivité record : 38,1 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) captés sur vingt ans (source : Daman).

Le Maroc se rapproche de son objectif : porter la part des sources vertes à 52 % du mix électrique d’ici 2030. Selon le rapport Renewable Capacity Statistics 2026 de l’IRENA, le pays a franchi une étape clé en multipliant par deux ses capacités en dix ans.

Le déploiement de ces infrastructures s’appuie sur un cadre législatif structuré, notamment la loi 13-09, qui a ouvert le marché de l’électricité propre aux opérateurs privés. D’après les données de l’IRENA et de l’ANRE, les énergies renouvelables comptent désormais pour 39,6 % de la puissance électrique totale du pays, une progression nette par rapport aux 28,9 % enregistrés en 2016.

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L’éolien : pilier central du mix marocain

Bien que les grands projets solaires captent souvent l’attention, les statistiques révèlent que l’éolien est le véritable moteur de cette croissance. Avec 2 452 MW opérationnels à fin 2025 (contre 902 MW en 2016), cette source assure plus de la moitié de la puissance renouvelable nationale.

Le texte source relie cette progression à des conditions favorables au développement de l’éolien, notamment sur les façades maritimes. Selon le rapport de la Société arabe pour la garantie des investissements (Daman), le Royaume génère 42 % de la production éolienne totale du monde arabe. En comparaison, les capacités installées chez les voisins régionaux restent en retrait, avec 1 206 MW pour la Tunisie et 601 MW pour l’Algérie.

Un flux d’investissements de 38,1 milliards de dollars

La mutation du dispositif énergétique marocain repose sur une forte capacité à mobiliser des capitaux internationaux. Entre 2003 et 2024, le pays est devenu la deuxième destination arabe pour les investissements directs étrangers (IDE)dans le secteur renouvelable.

Ce flux financier de 38,1 milliards de dollars soutient une dynamique industrielle concrète :

  • 55 projets d’envergure recensés.
  • 32 entreprises impliquées.
  • 12 300 emplois créés, soit 15 % des effectifs du secteur dans la région arabe.

Le dispositif contractuel mis en place est présenté comme un facteur de sécurisation pour les investisseurs, dans un contexte de renforcement de la souveraineté énergétique du pays.

Flexibilité et stockage : gérer l’intermittence

L’intégration massive de sources variables (vent, soleil) impose une régulation fine pour garantir la stabilité du réseau. Pour y répondre, deux leviers technologiques sont activés :

  1. Le stockage hydraulique (STEP) : Les stations de transfert d’énergie par pompage stockent l’énergie excédentaire pour la restituer lors des pics de consommation.
  2. L’ajustement technologique du solaire : Tirant les enseignements du complexe Noor Ouarzazate, les nouveaux projets comme Noor Midelt privilégient le photovoltaïque couplé à des batteries. Cette solution, jugée plus compétitive, permet un déploiement plus agile.

Cap sur 2030 : l’ambition des 5 Gigawatts

Le 4 novembre 2025, une convention stratégique a été signée entre le gouvernement et les organismes publics (ONEE, Masen, ANGSPE). Le texte prévoit d’ajouter 5 gigawatts (GW) de capacité supplémentaire d’ici 2030, une électricité verte destinée prioritairement à l’industrie nationale.

L’année 2024 a marqué une étape importante : la production nationale totale d’électricité s’est élevée à 43 713 GWh. Selon l’ANRE, les énergies renouvelables ont représenté 27 % de cette production effective, confirmant la montée en puissance de l’ensemble des installations.

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Au final, la trajectoire marocaine met en lumière le rôle d’un cadre législatif stable et d’une adaptation technologique continue dans le déploiement des énergies renouvelables. Elle illustre, dans le cas du Maroc, la rapidité avec laquelle un parc peut évoluer lorsque les leviers économiques et techniques sont alignés.

Note éditoriale : Cet article a été rédigé à partir de la source Le360, incluant les rapports de l’IRENA (Renewable Capacity Statistics 2026), de l’ANRE (Rapport annuel 2024) et de la Société arabe Daman.


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