Énergie : une usine pourrait générer 1 300 emplois à Fos-sur-Mer

L’entreprise BW Ideol prévoit d’implanter à Fos-sur-Mer une unité de fabrication de fondations flottantes en béton : le projet Fos3F. Soutenu par 126 millions d’euros de financements publics, ce site industriel vise la création d'environ 1 300 emplois directs. Ce projet illustre le développement d'une activité industrielle locale liée aux énergies renouvelables, avec une production de flotteurs destinée aux marchés de France, d'Italie, d'Espagne et de Grèce.

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Résumé : 

  • Emploi : environ 1 300 postes directs prévus sur le site de Fos-sur-Mer.
  • Production : une capacité cible de 30 flotteurs par an pour les parcs éoliens en mer.
  • Financement : 126 millions d’euros sécurisés (74 M€ du Fonds pour l’innovation de l’UE et 52 M€ de l’État français).
  • Technologie : fondations en béton Damping Pool® compatibles avec des turbines allant jusqu’à 20 MW.

La France possède le deuxième gisement éolien marin d’Europe. En Méditerranée, la profondeur des fonds marins nécessite l’usage de la technologie flottante pour exploiter ce potentiel.

Le projet Fos3F s’inscrit dans ce contexte de déploiement. L’entreprise BW Ideol, installée à La Ciotat depuis sa création il y a quinze ans, prévoit de localiser cette usine sur la plateforme DEOS du port de Marseille-Fos. Cette infrastructure accompagne les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) dans un cadre de relance des capacités de production renouvelables.

Gaz renouvelable : la montée en puissance du biométhane dans nos territoires
Nouveaux projets éoliens en France : une étape clé pour la production d’électricité verte

Fos3F : une unité de production pour le génie civil

Le projet Fos3F a été retenu lors de l’appel à projets 2023 du Fonds pour l’innovation de la Commission européenne. Sur 359 candidatures, 61 projets ont été sélectionnés, dont 11 dans la catégorie « Cleantech Manufacturing ». Le projet a reçu le label STEP (Strategic Technology for Europe Platform), qui identifie les technologies jugées prioritaires à l’échelle de l’Union européenne. La signature de la convention de subvention est prévue pour le premier semestre 2026.

L’usine produira des fondations basées sur le concept breveté Damping Pool®, déjà testé en mer sur deux continents. Ces flotteurs en béton sont conçus pour supporter des turbines de nouvelle génération (15 à 20 MW). La production s’appuiera sur des techniques industrielles telles que le coffrage glissant automatisé, la préfabrication robotisée et le ripage sur rails, permettant d’atteindre une capacité de 30 unités par an.

L’objectif du projet est de renforcer l’autonomie industrielle européenne en produisant localement les composants des parcs éoliens. Cette usine vise à alimenter les marchés de France, d’Italie, d’Espagne et de Grèce. Ces quatre pays représentent un potentiel de développement de l’éolien flottant estimé à 8 GW d’ici 2043 selon les projections de BW Ideol.

L’impact social et territorial du projet

L’activité industrielle annoncée par BW Ideol pour le projet Fos3F repose sur la création d’environ 1 300 emplois directs sur le site de Fos-sur-Mer. Les documents disponibles précisent que la production mettra en œuvre des procédés de coffrage glissant automatisé et de préfabrication robotisée pour la construction des flotteurs. Ce volume d’emplois directs est lié à la mise en place de ces capacités de production à grande échelle sur le territoire.

La filière éolienne en mer compte actuellement plus de 7 500 emplois en France, d’après les données du ministère de la Transition écologique. Le passage à une phase de production industrielle de série pour les fondations flottantes marque une évolution dans la structuration de ce secteur national.

Le site de Fos-sur-Mer se situe à proximité des zones de déploiement identifiées en mer Méditerranée. Selon l’entreprise, cette localisation est un levier pour l’approvisionnement des futurs parcs éoliens français et européens. Cette stratégie vise à répondre aux besoins logistiques liés au déplacement des structures massives vers les sites d’installation.

Le mix énergétique à l’horizon 2035

La transition énergétique repose sur l’électrification des usages. La PPE prévoit que la production d’électricité décarbonée doit atteindre 585 TWh en 2030, contre 458 TWh produits en 2023. Ce besoin est estimé entre 650 et 693 TWh pour 2035.

Le ministère de la Transition écologique indique que la mise en service de nouveaux réacteurs nucléaires n’interviendra pas avant 2035. Dans cet intervalle, le développement des énergies renouvelables est présenté comme une nécessité pour répondre à la demande croissante. L’éolien en mer, avec un facteur de charge moyen de 40 à 45 %, fait partie des technologies mobilisées pour contribuer à la sécurité d’approvisionnement électrique du pays.

Solaire en France : ce que révèle la multiplication des projets locaux
Transition énergétique : l’IA comme outil d’appui au déploiement des énergies vertes

La planification nationale fixe des objectifs de 15 GW de puissance installée en mer d’ici 2035 et 18 GW en 2037. À l’horizon 2050, la France vise une capacité totale de 45 GW en service. Le projet Fos3F s’inscrit dans cette trajectoire de montée en puissance des capacités de production marine.

Le projet Fos3F résulte d’un cadre de planification incluant le débat public « La mer en débat » (2023-2024), qui a permis de définir les zones de déploiement prioritaires pour l’éolien en mer. Si le calendrier annoncé est respecté, l’usine de Fos-sur-Mer participera à la construction d’une filière industrielle française dédiée à l’éolien flottant. Ce projet montre que le développement des énergies renouvelables peut générer une activité industrielle locale et des créations d’emplois durables.


Vous aimez cet article ? Partagez !